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L’Église, l’Assemblée du Dieu vivant
R.K. CAMPBELL
Table des matières abrégée :
1 Chapitre 1 — L’assemblée : qu’est-elle ?
2 Chapitre 2 — L’assemblée : les dons et le ministère
3 Chapitre 3 — L’assemblée : son aspect local
4 Chapitre 4 — L’Assemblée : ses relations
5 Chapitre 5 — L’Assemblée aux jours de la ruine
Table des matières détaillée :
1 Chapitre 1 — L’assemblée : qu’est-elle ?
1.0.1 Pas d’Assemblée avant la Pentecôte
1.0.2 Le début de l’Assemblée (*)
1.1.5 Une place assignée par Dieu
1.1.6 La tête dirige les membres
1.1.7 Le corps, organisme vivant
1.1.8 Le contraste avec le temps actuel
1.2.2 Deux aspects de la maison de Dieu
1.3.1 Affection, intimité et association
2 Chapitre 2 — L’assemblée : les dons et le ministère
2.1 Source, canaux et sphère du ministère
2.3 Le serviteur et son ministère
2.3.4 Préparation et formation
2.3.4.2 L’école de l’expérience pratique
2.3.4.5 Nécessité de la séparation
2.3.5.1 C’est Dieu qui établit
2.3.5.2 Pas d’ordination humaine
2.3.5.3 Recommandation et communion
2.3.5.4 Le cas particulier de Timothée
2.3.7.2 Travail d’amour et oeuvre de foi
2.3.7.3 Responsabilité des chrétiens
2.3.8 Puissance pour le ministère
3 Chapitre 3 — L’assemblée : son aspect local
3.1 La base du rassemblement selon l’Écriture
3.1.1 L’assemblée de Dieu dans une localité
3.1.3 L’assemblée locale représente l’Assemblée tout entière
3.2 Le centre divin du rassemblement
3.3.1 « Je suis là au milieu d’eux »
3.3.2 Présence du Saint Esprit
3.4 La pensée de Dieu quant au ministère
3.4.3 Enseignement et exhortation mutuels
3.4.4 La même personne ne possède pas tous les dons
3.4.6 Distinction à faire entre les réunions
3.5 Anciens, surveillants et serviteurs
3.5.1 Désignation par les apôtres
3.5.2 Cette autorité n’existe pas aujourd’hui
3.5.3 C’est le Saint Esprit qui établit
3.5.4 Directives pour aujourd’hui
3.6.1 Son autorité n’est pas absolue
3.7.1.3 Caractères principaux des réunions à Jérusalem
3.7.2 Les réunions d’assemblée pour la fraction du pain et le culte
3.7.2.1 La Cène : dans quel but ?
3.7.2.2 Célébration de la Cène
3.7.2.3 Expression de la communion
3.7.2.5 Pas de participation au gré de chacun
3.7.2.8 La base du culte chrétien
3.7.2.11 Tous les croyants sont sacrificateurs
3.7.2.12 La musique instrumentale
3.7.2.14 L’offrande de nos biens
3.7.3.3 Prières-prédications prolongées
3.7.4 Réunions pour la lecture et l’étude de la Bible
3.7.4.1 Exemples tirés de l’Écriture
3.7.4.2 Le caractère de ces réunions
3.7.4.3 Des bénédictions indépendantes des dons
3.7.4.5 Conditions nécessaires de la bénédiction
3.7.5 Réunions pour le ministère de la parole
3.7.6 Réunions et campagnes à caractère évangélique
3.7.6.1 Méthodes d’évangélisation
3.8 La place de la femme selon l’Écriture
3.8.1.3 Les saintes femmes de jadis
3.8.2 Pendant la période de la grâce
3.8.2.2 L’enseignement en public
3.8.2.5 La honte d’une tête découverte
3.8.2.6 Une longue chevelure n’est pas ce qui couvre la tête
3.8.2.7 « Pas une telle coutume »
3.8.3 Exemples tirés de l’Écriture
3.8.3.1 La femme n’a pas un ministère public : Exemples négatifs
3.8.3.2.2 Les femmes d’Exode 35:22-26
3.8.3.2.5 Les femmes du Nouveau Testament
3.8.4 La parure et les vêtements
3.9.1 Nécessité de la discipline
3.9.1.2 L’autorité de Christ maintenue
3.9.2.1 Maintien de la gloire de Dieu
3.9.2.2 Purification de l’assemblée
3.9.2.3 Répréhension du coupable
3.9.2.4 Heureux résultat et rétablissement de l’âme
3.9.3 Comment exercer la discipline
3.9.3.1 Souvenons-nous de ce que nous sommes
3.9.3.2 Deuil et identification
3.9.4.1 Redresser celui qui s’est laissé surprendre par une faute
3.9.4.2 Avertir ceux qui marchent dans le désordre et se retirer d’eux
3.9.4.3 La répréhension publique
3.9.4.4 S’occuper d’un homme sectaire
3.9.4.4.1 Avoir l’œil sur ceux qui causent les divisions, et s’éloigner d’eux
3.9.4.5 La discipline du silence
3.9.4.5.1 Ministère charnel et sans profit
3.9.4.5.2 Les défauts corporels de Lévitique 21
3.9.4.6 Transgression personnelle
3.9.4.6.1 Avoir l’esprit et les caractères moraux qui conviennent
3.9.4.6.2 La première démarche
3.9.4.6.3 La deuxième démarche
3.9.4.6.4 La troisième démarche
3.9.4.6.5 La quatrième démarche
3.9.4.7 Exclusion des méchants
3.9.4.7.4 Agir pour l’Église tout entière
3.9.4.7.5 Attitude envers celui qui a été exclu
4 Chapitre 4 — L’Assemblée : ses relations
5 Chapitre 5 — L’Assemblée aux jours de la ruine
5.2.1 Le camp idolâtre d’Israël
5.2.3 Le contraste du christianisme
5.2.4 Le camp de la chrétienté
5.4.3 Daniel et ses compagnons
5.4.5 Dans le Nouveau Testament
Le titre que nous avons choisi pour cette étude se trouve en 1 Timothée 3:15. C’est là que l’apôtre indique la raison pour laquelle il écrit cette première lettre à Timothée : « afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité ».
Quelle remarquable expression que celle-ci : « l’assemblée du Dieu vivant », la maison de Dieu, la colonne et le soutien de la vérité ! Le Dieu vivant a une assemblée qui est sa maison et son habitation sur la terre. Nous désirons considérer cette assemblée et voir quelle est la pensée de Dieu la concernant.
Dans notre monde d’aujourd’hui, il règne beaucoup de confusion et il n’y a guère d’intelligence sur ce qu’est réellement l’assemblée de Dieu. On entend parler de nombreuses églises et groupements chrétiens divers, et le croyant sincère se demande à laquelle il convient d’appartenir ou de s’affilier.
La Parole de Dieu est la seule vraie source qui peut donner la réponse. Elle ne parle tout au long de ses pages que d’une seule Église, dans la précieuse unité qui est la sienne dans le monde entier. On n’y trouve attaché aucun nom d’homme, comme c’est le cas aujourd’hui. Cette assemblée est l’assemblée du Dieu vivant, la seule assemblée que Dieu reconnaît et à laquelle tout vrai croyant en Christ est déjà ajouté par l’Esprit de Dieu, comme nous le verrons plus loin dans notre étude. C’est donc vers les Écritures que nous nous tournons pour y lire ce que Dieu veut nous dire sur son assemblée, « l’assemblée du Dieu vivant ».
Dans l’Ancien Testament, Dieu avait un peuple, Israël, avec lequel il avait fait une alliance ; mais ce n’était pas là l’assemblée, qui a avec Christ une relation beaucoup plus intime et bénie qu’Israël avec son Dieu. Une seule fois, dans le Nouveau Testament, le peuple d’Israël est appelé « l’assemblée au désert » (Actes 7:38). C’était bien, en un sens, une assemblée appelée hors d’Égypte ; mais le contraste est grand avec l’assemblée du Nouveau Testament, la seule assemblée.
L’Ancien Testament présente des types et des « ombres » de l’assemblée : ainsi l’épouse de Joseph, l’épouse de Moïse, le tabernacle où Dieu habitait ; mais l’assemblée de Dieu elle-même n’existait pas en ce temps-là.
Cependant, l’assemblée était déjà présente dans la pensée et les conseils de Dieu dès avant la fondation du monde. C’était le « mystère caché dès les siècles en Dieu » (Éph. 3:9) ; « mystère à l’égard duquel le silence a été gardé dès les temps éternels, mais qui a été manifesté maintenant » (Rom. 16:25, 26).
Le mot « assemblée » (ecclesia) se trouve pour la première fois en Matthieu 16:18, dans la bouche du Seigneur disant à Pierre : « Tu es Pierre (Petros, en grec, une pierre) et sur ce roc (en grec, petra), je bâtirai mon assemblée ». Il en parle donc au futur, puisqu’il dit : « je bâtirai », non pas : « j’ai bâti » ou « je bâtis ». Le texte grec parle d’une action future, point sur lequel s’accordent tous les exégètes et les traducteurs, même si quelques-uns voudraient interpréter différemment.
Le deuxième passage mentionnant l’assemblée se trouve en Matthieu 18:17, où des instructions sont données concernant des fautes personnelles appelant une discipline. De toute évidence, c’est encore une allusion à quelque chose de futur ; sinon, certainement, alors que le Seigneur était avec ses disciples, le cas d’un frère coupable lui aurait été soumis.
(*) Le titre de l’ouvrage original est « The Church of the Living Cod », citation de 1 Timothée 3:15 dans la « version autorisée » anglaise. Le mot « church » traduit le grec « ecclesia », rendu dans les traductions françaises, soit par « assemblée » qui en est le sens courant, soit par « église » qui est la forme francisée du mot grec. Dans cette édition nous utilisons pour les citations de la Bible la traduction J.N. Darby qui emploie toujours le terme : « assemblée ». Pour le texte courant, hormis les citations, nous avons en général respecté le choix de l’auteur en traduisant « church » par église, et « assembly » par assemblée. Mais, sauf précision fournie par le contexte, les deux termes doivent être considérés comme équivalents. Dans la suite du texte, quand un de ces mots est écrit avec une majuscule — Assemblée ou Église — il désigne l’Assemblée tout entière, ainsi distinguée d’une assemblée locale. Lorsqu’il s’agit du sujet général de l’assemblée ou que la distinction n’est pas nécessaire, on l’a écrit sans majuscule. Note du traducteur
Aucun autre passage des Écritures ne parle de l’assemblée jusqu’au jour de la Pentecôte, en Actes 2, jour où l’assemblée a pris naissance. Lorsque le Seigneur était sur la terre, il ne bâtissait pas une assemblée ; il se présentait à son peuple Israël comme son vrai roi, son Messie, et réunissait autour de lui un résidu de vrais croyants et de disciples, alors que les conducteurs d’Israël le rejetaient de plus en plus.
Ces croyants fidèles du temps du Seigneur suivaient leur Messie individuellement, puis devinrent le noyau de l’assemblée lorsqu’elle fut formée le jour de Pentecôte. En ce jour-là, ils furent baptisés du Saint Esprit, pour être le Corps de Christ, unis ainsi à leur Sauveur exalté dans la gloire (1 Cor. 12:13). Ils n’étaient dès lors plus des croyants isolés, mais un corps constitué, le corps de Christ, membres les uns des autres, liés ensemble par l’Esprit de Dieu descendu du ciel qui habitait maintenant en eux. Tel fut le commencement de l’assemblée du Dieu vivant.
Telle est l’assemblée : l’ensemble de tous ceux qui croient en Christ, baptisés de l’Esprit de Dieu en un seul corps, le corps de Christ. Le même Esprit les lie au Seigneur et l’un à l’autre. Nous verrons ceci en détail un peu plus loin.
Il ressort clairement de tout cela que l’enseignement qui fait commencer l’assemblée avec Jean le Baptiseur est tout à fait erroné et sans fondement dans l’Écriture.
Il devrait pareillement être évident que l’usage courant du terme « églises » ou « l’église » pour désigner des édifices utilisés pour des services religieux, n’a pas davantage de base dans l’Écriture et risque d’induire en erreur. L’Église n’est pas un édifice matériel, mais un corps de croyants, nés de nouveau, pierres vivantes constituant un temple saint dans le Seigneur (Éph. 2:19-22 ; 1 Pierre 2:5). Cette vérité fera plus loin l’objet d’une étude plus approfondie.
Nous nous sommes jusqu’ici étendus sur ce que la vraie Église n’est pas. Voyons maintenant plus précisément ce qu’elle est, à la lumière de l’Écriture.
Si nous revenons au sens du mot « ecclesia », nous remarquons que l’Assemblée du Dieu vivant est par conséquent une compagnie de personnes appelées dehors, appelées hors du monde ; ce sont ceux que Dieu a appelés à lui-même par l’évangile de sa grâce et qui ont accepté cet évangile et le Sauveur qu’il présente. Ils sont ainsi séparés du monde ; l’Écriture parle d’eux comme de ceux qui sont « sanctifiés dans le Christ Jésus » (1 Cor. 1:2), ce qui signifie « mis à part » en Christ.
Cela est confirmé en Actes 15:14 par les paroles de Jacques : « Siméon a raconté comment Dieu a premièrement visité les nations pour en tirer un peuple pour son nom ». Voilà ce qu’est l’Assemblée — un peuple tiré des nations pour son nom par l’action souveraine du Saint Esprit. Si seulement l’Assemblée s’était souvenue de cela, elle ne se serait pas installée dans le monde, ne serait pas devenue mondaine ; elle en serait restée séparée, gardant le caractère céleste de ceux qui ont été vraiment tirés du monde vers un Christ rejeté et glorifié.
Le chapitre 2 des Actes nous présente les croyants comme une compagnie véritablement séparée. Les cent vingt étaient assemblés dans la chambre haute, loin du monde qui avait crucifié leur Sauveur, et ils persévéraient d’un commun accord dans la prière. Alors l’Esprit descendit du ciel et ils en furent tous remplis et commencèrent à annoncer dans d’autres langues les choses magnifiques de Dieu. Ensuite Pierre annonça Christ à la multitude, les pressant de se repentir et d’être baptisés au nom de Jésus Christ et de se sauver ainsi de cette génération perverse en prenant position pour Christ et en se séparant de la nation qui le rejetait. Ceux qui reçurent sa parole furent baptisés et environ trois mille âmes furent ajoutées à cette compagnie mise à part. Tel fut le commencement de l’Assemblée de Dieu, l’Église appelée hors du monde.
L’Assemblée a commencé à la Pentecôte avec des croyants juifs et, plus tard, des non-Juifs y ont été ajoutés (Actes 10), les deux étant réconciliés en un seul corps à Dieu par la croix pour être un seul homme nouveau (Éph. 2:14-16). Certes, toutes les vérités concernant l’Assemblée ne furent pas révélées à ce moment-là ; ce fut Paul, plus tard, l’administrateur spécial de ce mystère, qui le fit connaître dans ses épîtres écrites de sa prison ; mais l’Assemblée du Dieu vivant a néanmoins commencé à la Pentecôte. Le livre des Actes couvre une période transitoire, du judaïsme à la pleine liberté du christianisme.
Il convient de remarquer l’expression d’Actes 2:47 : « Le Seigneur ajoutait tous les jours à l’Assemblée ceux qui devaient être sauvés ». Ce ne sont pas les hommes qui adhéraient de leur propre chef, comme ils se joignent aujourd’hui à telle ou telle église ; ils étaient ajoutés par le Seigneur lui-même. Ceux qu’il sauvait, il les ajoutait à l’Assemblée par son Esprit et, « d’entre les autres, nul n’osait se joindre à eux, mais le peuple les louait hautement ; et des croyants d’autant plus nombreux se joignaient au Seigneur » (Actes 5:13, 14). Telles étaient la puissance et la sainteté de cette église des premiers jours que les inconvertis n’osaient pas se joindre à elle. Mais dès qu’une âme était sauvée, elle était ajoutée au Seigneur, non pas à des hommes ou à une organisation, et elle se trouvait tout naturellement unie aux croyants et ajoutée à l’assemblée de Dieu.
Les mêmes principes demeurent aujourd’hui, car il est toujours vrai maintenant que le Seigneur ajoute tous les jours ceux qui sont sauvés. Si quelqu’un n’est pas sauvé, il ne peut se joindre à la vraie Église de Dieu. Il peut se joindre à une église sur la terre, mais personne n’appartient à la véritable église s’il n’est pas né de nouveau. Il devrait être vrai aussi aujourd’hui qu’aucun inconverti n’ose se joindre à l’assemblée locale des croyants ; mais hélas, l’Assemblée a perdu sa puissance et il n’en est plus ainsi.
Combien ce devrait être consolant pour tout croyant, en ces jours où confusion, désordre et apostasie règnent au milieu de la chrétienté sur la terre, de savoir que, dès sa conversion, il est ajouté par le Seigneur à la véritable église de Dieu, à laquelle n’appartiennent que les authentiques croyants ! Il fait partie de « l’assemblée des premiers-nés écrits dans les cieux » (Héb. 12:23) et devrait se réjouir parce que son nom est écrit dans le ciel dans le livre de vie, d’où il ne sera jamais effacé (Luc 10:20 ; Apoc. 3:5).
C’est la seule église qui soit connue dans l’Écriture. La Bible ne présente jamais les croyants comme appartenant à quelque église que ce soit, sinon à l’Église de Jésus Christ. Nous n’y trouvons pas davantage de registre d’appartenance à telle ou telle église ; les croyants sont simplement unis au Seigneur et ajoutés par lui à l’Assemblée. La seule qualité de membre que connaisse l’Écriture est celle de membre du Corps de Christ.
Nous ferons de ces vérités quelques applications pratiques pour notre temps ; si quelqu’un est uni par le Seigneur à sa véritable Église, pourquoi se joindrait-il à une autre église puisqu’il appartient déjà à la seule Église que Dieu reconnaisse ?
Les croyants doivent avoir communion les uns avec les autres, adorer et servir le Seigneur ensemble ; ils doivent s’édifier l’un l’autre et prier l’un pour l’autre comme étant déjà unis ensemble dans le Seigneur, comme « membres l’un de l’autre » (Rom. 12:5) ; mais l’Écriture ne nous dit jamais de nous joindre à une église dont l’homme ait établi les statuts. Nous sommes exhortés en Éphésiens 4:3 à « garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix », unité déjà faite par l’Esprit, non pas une unité de vues ou de doctrine qu’il nous faudrait réaliser. Nous devons reconnaître l’unité des vrais croyants faite par Dieu et agir en conséquence ; et nous n’avons à reconnaître l’existence et l’autorité d’aucune autre ; ce sont là quelques-uns des principes pratiques découlant du fait que nous sommes ajoutés par le Seigneur à l’Assemblée du Dieu vivant.
L’Église est présentée dans l’Écriture sous les trois figures du corps, de l’épouse et de la maison. Nous avons déjà fait allusion rapidement à deux de ces figures, mais nous allons maintenant les considérer un peu plus en détail. Nous commencerons par l’Église en tant que corps.
C’est là un sujet qu’abordent plusieurs épîtres, mais nous regarderons d’abord ce qu’il en est dit en Éphésiens 1:22, 23 ; après avoir parlé de la résurrection de Christ d’entre les morts, de sa glorification et de son exaltation dans le ciel, « au-dessus... de tout nom qui se nomme », l’apôtre dit que Dieu « a assujetti toutes choses sous ses pieds, et l’a donné pour être chef sur toutes choses à l’assemblée, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous ».
La mort, la résurrection et la glorification de Christ dans le ciel sont le fondement de l’Assemblée. Avant que le corps de Christ puisse être formé sur la terre, il fallait que lui-même soit dans le ciel comme homme, comme tête du corps, après avoir accompli l’oeuvre de la rédemption en faveur des hommes pécheurs. Le Christ a d’abord été exalté dans le ciel comme tête au-dessus de tout ; ensuite son corps a été formé par l’Esprit Saint qu’il a envoyé du ciel.
L’Église est donc son corps sur la terre, son complément, la plénitude de l’homme mystique glorifié, de la même manière qu’Ève était nécessaire pour que se réalisent pleinement les pensées de Dieu envers le premier Adam. Comme membres du corps de Christ, les croyants sont unis à lui, leur tête, à la droite de Dieu et ils devraient revêtir un caractère céleste tout comme lui. C’est là une vérité très importante et seule la réalisation pratique de l’union avec un Christ monté au ciel pourra produire ce caractère céleste.
Écrivant aux Corinthiens, l’apôtre inspiré leur dit : « De même que le corps est un et qu’il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ. Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; et nous avons tous été abreuvés pour l’unité d’un seul Esprit » (1 Cor. 12:12, 13).
Ce passage et les versets qui suivent utilisent l’image du corps humain avec ses divers membres pour montrer que l’Assemblée est un seul corps, le corps de Christ. Tout en étant formé d’un grand nombre de parties diverses, le corps humain présente une merveilleuse unité. « Ainsi aussi est le Christ », dit l’apôtre. Remarquez ces mots « le Christ », qui signifient : Christ et son corps, l’Assemblée. Le corps humain avec son unité et cependant une diversité de membres, est ainsi une image de Christ et de son Assemblée, qui est son corps spirituel.
L’Église de Christ n’est qu’un seul corps, quoique ses membres soient une multitude, chacun différent des autres, dispersés par toute la terre. « Nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps en Christ, et chacun individuellement membres l’un de l’autre », écrit Paul aux Romains (Rom. 12:5). Il dit aux Corinthiens : « Nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps » (1 Cor. 10:17) ; « Nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Cor. 12:13) ; et aux Éphésiens : « Il y a un seul corps » (Éph. 4:4). Telle est la vérité divine concernant ceux qui composent l’Église de Jésus Christ. Quelle que soit leur nationalité ou leur race, ils sont maintenant « un seul corps en Christ ». Ceci était vrai aux jours des apôtres et c’est toujours vrai aujourd’hui. La Parole de Dieu ne dit pas : « il y avait un seul corps » ou « il y aura un seul corps », mais « il y a un seul corps ».
La chrétienté peut être grandement morcelée, pourtant Dieu voit ses enfants sur la terre, les vrais croyants, comme « un seul corps en Christ », quelles que soient les différentes organisations ecclésiastiques humaines auxquelles ils appartiennent, aussi divisés et dispersés soient-ils. Ces divisions sont pour leur honte parce que cette pluralité de systèmes et corps religieux distincts est contraire à la pensée et à la volonté de Dieu et n’est pas reconnue de lui. Ce que Dieu reconnaît sur la terre, c’est seulement le corps de Christ et cela seul lui est cher.
Cependant Dieu se plaît à reconnaître tous ses enfants possédant la vie divine au milieu de divers systèmes religieux où se trouvent mélangés croyants et incroyants et il les considère comme faisant partie du corps de Christ que son Esprit a formé.
Au temps des apôtres, les croyants formaient littéralement un seul corps visible sur la terre ; les hommes autour d’eux pouvaient voir leur unité ; il n’y avait pas de divisions au milieu d’eux ; tous les chrétiens d’une même localité se réunissaient en un même lieu et se trouvaient unis dans une heureuse communion. Cette communion s’étendait à tous les chrétiens et à tous les rassemblements chrétiens dans d’autres villes de la province et dans tous les autres pays, ainsi qu’en rendent témoignage les Actes et les Épîtres. Il était donc évident à tous que ces chrétiens formaient « un seul corps en Christ », organisme vivant fonctionnant sous la direction et par la puissance du Saint Esprit. C’était ce que Dieu désirait et avait ordonné et cela aurait dû continuer ainsi.
Hélas, cette heureuse unité visible fut bientôt altérée et détruite. Des inconvertis se faisant passer pour des croyants, et des hommes pervers se glissèrent parmi les fidèles (Jude 4) et l’Église sur la terre est devenue une grande maison avec des vases à honneur et des vases à déshonneur (2 Tim. 2:19-21). Plus tard, des divisions apparurent, amenées par la volonté propre et l’abandon de la Parole de Dieu ; l’unité du corps de Christ ne fut plus visible, et pourtant elle existait toujours. La ruine, les divisions, la confusion qui caractérisent la chrétienté aujourd’hui montrent combien nous nous sommes écartés de la pensée et de la volonté de Dieu qui déclare qu’il n’y a qu’un seul corps de croyants.
Quoique cette unité du corps de Christ ne soit pas visible de nos jours, elle existe néanmoins et sera vue de nouveau lorsque le Seigneur rassemblera son peuple auprès de lui ; et lorsque Christ viendra pour régner sur la terre, l’assemblée, qui est son corps, sera manifestée avec lui dans toute sa merveilleuse unité.
Quelqu’un a comparé fort justement l’unité du corps de Christ à une chaîne tendue en travers d’une rivière : on la voit des deux côtés mais elle plonge au milieu, donnant l’impression qu’elle est rompue en son centre ; ainsi en est-il de l’Église de Christ : elle a été vue dans son unité au commencement, elle le sera tout à l’heure ; elle est une aux yeux de Dieu aujourd’hui, même si cette unité n’est pas visible aux yeux des hommes (C.H. Mackintosh).
Mais bien que la chrétienté soit aujourd’hui tellement morcelée, nous ne sommes pas pour cela déchargés de la responsabilité de rendre témoignage, de façon visible, à l’unité de l’Église de Christ. Nous ne devons pas simplement maintenir la vérité théorique de l’unité du corps, mais nous sommes appelés à montrer cette vérité importante dans notre communion chrétienne, à rendre un témoignage pratique en face de tout ce qui la contredit.
Pour utiliser l’expression d’un autre : « Le premier pas pour confesser l’unité de l’Église de Dieu est de sortir des divisions de la chrétienté. Ne nous arrêtons pas pour nous demander ce que sera le second pas. Dieu ne donne jamais la lumière pour deux pas à la fois. Est-il vrai qu’il n’y a qu’un seul corps ? Sans aucun doute, puisque Dieu le dit. Eh bien alors, les divisions, les sectes, les systèmes de la chrétienté sont ouvertement opposés à la pensée, à la volonté de Dieu et à sa Parole. C’est exactement cela. Que devons-nous faire alors ? En sortir. C’est — nous pouvons en être assurés — le premier pas dans la bonne direction. Il est impossible de rendre un témoignage réel à l’unité de l’Église de Dieu tout en restant associés à ce qui la contredit dans la pratique. On peut en maintenir la vérité par l’intelligence tout en la démentant dans la réalité de la marche pratique. Mais si on veut rendre témoignage à la vérité de l’unité du corps, le tout premier pas — le tout premier devoir — est de se séparer résolument de tous les schismes et sectes de la chrétienté. Et ensuite ? Regarder à Jésus, et ceci jusqu’à la fin. Direz-vous que c’est former une nouvelle secte ou se joindre à quelque nouveau corps ? Pas du tout. C’est seulement fuir les ruines qui nous entourent pour trouver nos ressources dans la toute-suffisance du nom de Jésus, c’est garder les yeux fixés sur lui au milieu des flots tumultueux jusqu’au jour où nous atteindrons en paix le havre du repos et de la gloire éternelle » (C.H. Mackintosh).
Nous allons maintenant considérer les divers membres du corps de Christ et leurs fonctions, tels qu’ils sont présentés en 1 Corinthiens 12. Différentes parties du corps, comme le pied, la main, l’oreille ou l’oeil y sont mentionnées ainsi que leurs rôles divers et le besoin qu’ils ont l’un de l’autre. Puis au verset 28, l’apôtre dit : « Dieu a placé les uns dans l’assemblée : — d’abord des apôtres, en second lieu des prophètes, en troisième lieu des docteurs, ensuite des miracles, puis des dons de grâce de guérison, des aides, des gouvernements, diverses sortes de langues ». Ce sont là quelques-uns des divers dons ou membres spécifiques du corps, que l’on trouvait dans l’Église à ses débuts.
Éphésiens 4:8, 11 nous parle de Christ « monté en haut » et donnant « des dons aux hommes », « les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs ». Ceux-ci, sans aucun doute, sont les dons permanents trouvés dans l’Église par la suite, ceux qui demeurent jusqu’au retour de Christ, comme l’indique le verset 13.
Ces membres du corps — dons spéciaux du Seigneur — énumérés dans les passages ci-dessus, sont les membres les plus en vue, les plus éminents, pour ainsi dire, donnés « pour l’édification du corps de Christ ». Nous étudierons plus loin la nature et la fonction de ces dons lorsque nous aborderons le ministère dans l’Église.
Mais l’apôtre, en 1 Corinthiens 12, prend soin d’insister sur l’importance et l’utilité de membres du corps moins honorables. Aucun membre ne peut dire à un autre : « Je n’ai pas besoin de toi », « mais bien plutôt les membres du corps qui paraissent être les plus faibles, sont nécessaires », dit l’apôtre inspiré. « Mais Dieu a composé le corps en donnant un plus grand honneur à ce qui en manquait, afin qu’il n’y ait point de division dans le corps, mais que les membres aient un égal soin les uns des autres. Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (v. 24-26).
Ce sont là des considérations très pratiques qui découlent du fait que nous sommes membres du corps de Christ. Elles concernent notre vie quotidienne et nos relations les uns avec les autres dans les choses matérielles aussi bien que spirituelles et nous avons besoin de veiller journellement à les appliquer.
Nous lisons aussi en Éphésiens 4:15, 16 : « ... le chef, le Christ ; duquel tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure du fournissement, produit, selon l’opération de chaque partie dans sa mesure, l’accroissement du corps pour l’édification de lui-même en amour ». Ce verset nous rappelle que même un membre aussi petit qu’une jointure doit remplir sa fonction assignée par la tête, Christ, et que chaque partie doit travailler efficacement pour assurer le bon fonctionnement et l’accroissement du corps tout entier. C’est absolument vrai pour le corps humain et il en est de même pour le corps spirituel de Christ.
« Dieu a placé les membres, chacun d’eux, dans le corps, comme il l’a voulu » (1 Cor. 12:18). Nous trouvons ici la souveraineté de Dieu donnant leur place aux croyants dans le corps de Christ, une place et une fonction bien précises pour chaque membre, comme il lui plaît. Personne ne peut choisir sa place ou ce qu’il désire faire dans le corps de Christ. Chacun reçoit sa place de la main de Dieu et est qualifié par lui pour accomplir, comme membre du corps distinct des autres, le travail précis qui lui a été assigné.
« À chacun son ouvrage », telles sont les paroles du Seigneur en Marc 13:34.
Il s’ensuit donc qu’il est absolument contraire à l’enseignement de l’Écriture que ce soit l’homme qui nomme, l’homme qui aspire à telle fonction ou telle position dans l’assemblée de Dieu. Personne n’a un droit quelconque à choisir de prêcher ou d’enseigner, etc. ou à désigner quelqu’un d’autre pour le faire. Il doit être appelé par le Seigneur pour cela. Si tel est le cas, il sera qualifié et préparé par Dieu pour ce travail et cela sera évident pour l’assemblée. Il est responsable devant le Seigneur de l’accomplir dans la dépendance de Christ, la tête, qui l’a appelé.
Il appartient à chacun, frère ou soeur, d’apprendre du Seigneur, par une communion et un travail de coeur personnels, quelle est sa place dans le corps de Christ et quel est le travail qui lui est donné à accomplir à cette place. C’est la tête qui règle les mouvements et le fonctionnement du corps humain et, de même, c’est Christ, chef de l’Assemblée, tête du corps spirituel, qui doit régler les mouvements et le travail de ses divers membres.
Dans notre corps, le contrôle des membres par la tête se fait par le moyen du système nerveux qui relie la tête à chaque membre et chaque partie du corps. Dans le corps spirituel, ce contrôle et cette direction des membres par Christ, la tête, se font par le Saint Esprit qui habite en chacun d’eux et qui les unit ensemble et à la tête dans le ciel. Si l’Esprit n’est pas contristé en nous, il produira un travail dans notre coeur quant à un certain service pour le Seigneur et nous y conduira sous la direction de Christ, la tête du corps. Mais cela implique que nous devons nous soumettre au Saint Esprit et ne pas l’éteindre.
Si le lecteur se reporte à Actes 13:1-5, il y trouvera un exemple de la direction de la tête par le moyen de l’Esprit Saint. Alors que des prophètes et docteurs de l’assemblée d’Antioche servaient le Seigneur, « l’Esprit Saint dit : Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul pour l’oeuvre à laquelle je les ai appelés ». L’assemblée exprima alors sa communion avec eux. « Ayant jeûné et prié et leur ayant imposé les mains, ils les laissèrent aller ». Il est alors expressément dit : « Eux donc, ayant été envoyés par l’Esprit Saint, descendirent à Séleucie ». C’est dans cet ordre que les choses se sont passées à ce moment-là et c’est de cette manière que Dieu désire qu’elles se passent toujours pour nous.
Après ce qui vient d’être placé devant nous, il doit être évident que l’Assemblée de Dieu n’est pas une organisation mise en place par l’homme, mais un organisme vivant, composé de membres vivants, dans lesquels habite l’Esprit de vie, unis à la tête vivante dans le ciel, sous sa direction et son contrôle. Y a-t-il une différence entre ces deux choses : une organisation et un organisme ? Certainement : la première est une société formée par les hommes ; la seconde, un être vivant formé par Dieu.
Le livre des Actes nous montre le fonctionnement de cet organisme vivant, l’assemblée, à son début. Recevant énergie et direction de leur tête dans le ciel par le canal du Saint Esprit, les divers membres du corps sont allés et ont accompli l’oeuvre de Dieu en l’absence de tout chef ou de toute organisation sur la terre. Et tout se faisait dans l’harmonie, qui plus est dans l’unité, une unité telle que n’en produit jamais une organisation ou une entreprise collective humaine. Il y a en effet une « unité de l’Esprit » que nous sommes exhortés à garder. Ils firent aussi l’expérience qu’ils avaient une tête vivante dans la gloire et que Christ n’est pas dans le ciel sans intervenir ; au contraire il est une présence vivante et pleinement suffisante. Il a toujours suffi aux besoins de son Assemblée, dans toutes les circonstances difficiles et au cours de tous les événements, tout au long des siècles, et tel il sera jusqu’à la fin, si seulement nous comptons sur lui. Puissions-nous faire cette expérience, qu’il est notre chef glorifié dans le ciel, pleinement suffisant pour tout !
Si nous regardons autour de nous aujourd’hui dans la chrétienté, nous voyons pourtant que tout, pratiquement, présente un contraste saisissant avec ce que l’Église était au temps des Actes et des Épîtres, lorsqu’elle répondait à la pensée de Dieu. Au lieu du fonctionnement d’un organisme vivant, ce sont partout des organisations ecclésiastiques, chacune ayant son chef et une hiérarchie, etc. ayant autorité sur les autres membres. Christ et l’Esprit Saint sont pratiquement supplantés par les rouages humains de groupes religieux organisés selon les méthodes de l’homme. Et ceci ne se produit pas seulement chez des personnes n’ayant pas la vie de Dieu tout en ayant une apparence religieuse, mais aussi chez de vrais croyants, quoique peut-être à un degré moindre.
Bien-aimés, il ne devrait pas en être ainsi. « Que dit l’Écriture ? », voilà ce que nous devrions rechercher et « Ainsi dit le Seigneur », voilà ce qui devrait être notre règle pour toute question de marche et de doctrine. Tout ce qui n’est pas conforme à sa Parole est contraire à sa volonté et devrait être abandonné. Puisse le Seigneur, le chef de l’assemblée, conduire le lecteur et l’auteur de ces lignes à prendre à coeur ces vérités capitales concernant le corps de Christ et à marcher en elles dans la séparation de tout ce qui les contredit.
Dans l’Ancien Testament, Dieu habitait au milieu du peuple d’Israël, dans le lieu très-saint du tabernacle, sur le propitiatoire aspergé de sang, et plus tard dans le temple. Mais, comme Paul le déclare aux Athéniens, depuis la mort et la résurrection de Christ, Dieu « n’habite pas dans des temples faits de main » (Actes 17:24). Sa maison, son habitation sur la terre, est maintenant l’Assemblée (1 Tim. 3:15), et ceci nous amène à considérer la seconde image de l’assemblée, la maison de Dieu.
En Éphésiens 2:19-22, nous lisons : « Ainsi donc vous n’êtes plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu, ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin, en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur ; en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit ».
Chaque fois que quelqu’un est sauvé, c’est une pierre ajoutée à l’édifice spirituel, et celui-ci, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur. Sous cet aspect, l’Église est un édifice inachevé, qui sera terminé lorsque la dernière âme sera sauvée dans ce temps de l’Église ou temps de la grâce, et alors le Seigneur viendra chercher les siens.
Pierre aussi, dans sa première épître, nous parle un peu de la maison de Dieu : « Vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (ch. 2 v. 5). Ici les croyants sont présentés comme des pierres vivantes, posées sur Christ, la Pierre vivante, formant une maison spirituelle.
Nous avons précédemment remarqué que le Seigneur avait dit en Matthieu 16:18 : « Sur ce roc (c’est-à-dire : lui-même) je bâtirai mon assemblée, et les portes du hadès ne prévaudront pas contre elle ». Nous voyons donc comment Christ construit sa maison, l’Assemblée, depuis le jour de la Pentecôte jusqu’à aujourd’hui, et comment elle a subsisté en dépit des assauts livrés contre elle tout au long des siècles où Satan a essayé de l’anéantir par la violence et par la ruse.
Dans cet édifice spirituel vivant, composé de vrais croyants, Dieu habite par l’Esprit. Il est sa maison, son temple, son habitation depuis sa formation lors de la descente du Saint Esprit venant des cieux (Actes 2). Paul écrit aux croyants de Corinthe : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Cor. 3:16). Collectivement, les croyants à Corinthe étaient le temple et la maison de Dieu dans cette localité, et c’est vrai aussi des croyants partout aujourd’hui. Voilà ce qu’est la maison de Dieu. Ce n’est pas un édifice fait de pierres matérielles, etc. comme on le pense ou le dit souvent, mais un édifice spirituel fait de pierres vivantes, c’est-à-dire les croyants.
Ce sont là les points principaux concernant l’Église considérée comme maison de Dieu. Car Dieu « n’est pas un Dieu de désordre » (1 Cor. 14:33), et s’il habite dans sa maison, celle-ci doit être en ordre et selon sa pensée. Nous avons la responsabilité de garder cette habitation pure et sainte, car « la sainteté sied à ta maison, ô Éternel » (Ps. 93:5). Il doit donc y avoir discipline et ordre dans l’Église parce que c’est l’habitation du Dieu saint.
Paul écrivait sa première épître à Timothée pour que lui sache et que nous sachions « comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant » (1 Tim. 3:15). Ainsi nous voyons qu’il doit y avoir une conduite qui convient à la maison de Dieu et que ordre, sainteté et discipline sont liés au fait que nous sommes la maison et l’habitation de Dieu. Nous nous proposons de considérer ces sujets en détail lorsque nous aborderons l’aspect local de l’Église.
Disons encore en passant que la discipline est en relation avec l’assemblée en tant que maison de Dieu et non en tant que corps de Christ. La pensée principale en rapport avec le corps de Christ est la grâce, la position, l’union vitale avec Christ, la tête glorifiée. De ce corps, aucun pouvoir humain ne peut retrancher un membre ; aucun membre non plus n’y peut être ajouté par un pouvoir humain ; dans la maison de Dieu au contraire, quelqu’un peut être exclu de la communion par un acte de discipline. La sainteté de la maison de Dieu nécessite qu’une telle décision soit prise si quelqu’un en communion tolère un mal grave dans sa propre vie (voir 1 Cor. 5:13).
Dans les passages que nous avons considérés (Éph. 2 et 1 Pierre 2), nous avons un aspect de la maison de Dieu : c’est un édifice que Christ bâtit et dans lequel seuls entrent, comme des pierres vivantes, les véritables croyants. Christ est le bâtisseur et l’édifice est parfait. Sous cet aspect, la maison de Dieu et le corps de Christ sont confondus ; ils ne comprennent tous deux que les vrais croyants.
Mais en 1 Corinthiens 3, nous avons un autre aspect de la maison de Dieu, où l’homme est le bâtisseur, sa responsabilité et la faillite qui en découle y étant associées. Nous y lisons : « Nous sommes collaborateurs de Dieu ; vous êtes le labourage de Dieu, l’édifice de Dieu. Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, comme un sage architecte, j’ai posé le fondement, et un autre édifie dessus » (v. 9, 10). Ensuite, l’apôtre parle de ce qui s’édifie sur ce fondement : de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, et du feu qui éprouvera l’ouvrage de chacun, au jour du jugement où tout sera rendu manifeste et où celui dont l’ouvrage aura supporté l’épreuve du feu recevra une récompense.
Il est évident que le bois, le foin, le chaume ne la supporteront pas, ce sont de mauvais matériaux amenés dans l’édifice de Dieu par le travail de l’homme. Ainsi, sous cet aspect de la maison de Dieu sur la terre, où le travail de construction est confié à l’homme, il y a faillite, et des gens qui sont chrétiens de nom sans la foi personnelle, sont souvent mélangés avec les vrais croyants.
Au début, au temps des apôtres, la maison construite par l’homme se confondait avec le corps de Christ et la maison construite par Christ. Le Seigneur ajoutait à l’Assemblée ceux qui étaient sauvés et tous ceux qui étaient introduits dans la maison de Dieu sur la terre étaient de véritables croyants. Mais bientôt un homme, Simon le magicien, professa être sauvé, fut baptisé et introduit dans les privilèges de la maison de Dieu, de la compagnie chrétienne. Il s’avéra plus tard que cet homme n’était pas converti et n’était pas droit devant Dieu.
Ce fut peut-être la première faillite et le premier mauvais matériau, bois, foin, chaume, qui fut apporté dans l’édifice de Dieu par l’homme. Ce n’était pas une pierre vivante, il n’était donc pas membre du corps de Christ. Il y avait maintenant quelque chose de la maison qui n’appartenait pas au corps ; les deux n’étaient plus une seule et même chose : la maison devenait plus grande que le corps.
L’introduction de matériaux mélangés dans la maison de Dieu a continué depuis lors, si bien qu’il est maintenant de toute importance de faire la distinction entre ces deux aspects de la maison de Dieu : la maison bâtie par Christ de façon parfaite et la maison bâtie par l’homme, marquée par l’imperfection et la ruine, avec des matériaux mélangés.
Déjà à la fin de la vie de l’apôtre Paul, la maison de Dieu était devenue une « grande maison », avec des vases à honneur et des vases à déshonneur, des vases d’or et d’argent, des vases de bois et de terre, si bien que pour être « un vase à honneur, sanctifié, utile au maître », il était nécessaire de se séparer des vases à déshonneur de la grande maison (2 Tim. 2:20, 21). Telle est la maison construite par le moyen des hommes.
Disons pour terminer nos remarques sur ce sujet, que c’est le baptême d’eau, marque extérieure de la profession chrétienne, qui place quelqu’un dans la maison de Dieu à la construction de laquelle l’homme participe, alors que c’est le baptême de l’Esprit Saint qui introduit quelqu’un dans le corps de Christ, ainsi que nous l’avons vu plus haut.
Nous arrivons maintenant à la troisième image de l’Assemblée de Dieu dans l’Écriture. Nous la trouvons en Éphésiens 5:22-32 où Paul montre que l’Assemblée est l’épouse de Christ et que la nature de cette relation intime et bénie entre Christ et son Assemblée est le modèle des relations et de la conduite des maris et des femmes : « Maris, aimez vos propres femmes, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par la parole ; afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable. De même aussi, les maris doivent aimer leurs propres femmes comme leurs propres corps ; celui qui aime sa propre femme s’aime lui-même. Car personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le Christ l’assemblée : car nous sommes membres de son corps, de sa chair et de ses os. C’est pour cela que l’homme laissera son père et sa mère et sera joint à sa femme ; et les deux seront une seule chair. Ce mystère est grand ; mais moi je parle relativement à Christ et à l’assemblée » (Éph. 5:25-32).
Sous cette figure de l’épouse, nous trouvons l’Église présentée comme l’objet des affections les plus tendres et les plus intimes de Christ, l’objet de son amour et de ses soins, de même qu’un mari digne de ce nom aime sa femme et prend soin d’elle, quoique, ici, ce soit plutôt ce qui est céleste qui est un modèle pour ce qui est de la terre. Cette figure place aussi devant nous la relation la plus intime existant entre Christ et l’Assemblée, celle qui est caractérisée par la plus grande proximité possible, les liens doux et intimes qui unissent mari et femme. Cette étroite association future de Christ et de son Assemblée à l’heure prochaine de son règne et de sa gloire est aussi présentée par Ève associée à Adam dans sa position de dominateur sur toute la création. Nous verrons cela plus loin, à partir d’autres passages.
L’Assemblée du Dieu vivant est donc l’épouse de Christ, qu’il a aimée d’un amour infini et qu’il s’est acquise pour lui-même au prix de son propre sang, versé pour la racheter du péché et de la perdition. C’est ce qu’il a fait pour elle dans le passé, afin de l’avoir pour lui-même à toujours comme l’objet de ses profondes affections et afin de partager avec elle sa gloire et sa domination dans le jour à venir.
Présentement, dans son amour immuable, il prend soin d’elle sans cesse, la nourrissant, la chérissant, la sanctifiant et la purifiant par le lavage d’eau par la parole — l’application de la puissance purifiante de la Parole de Dieu par l’Esprit — afin qu’elle soit rendue propre moralement pour cette position d’intime association avec lui dans sa gloire et sa domination. Dans l’avenir, son amour pour l’Assemblée sera manifesté lorsqu’il se présentera son épouse à lui-même glorieuse, sans tache ni ride. Elle sera pour toujours avec lui, son Époux bien-aimé. Comme un autre l’a exprimé : « Il est celui qui peut se la présenter à lui-même, parce qu’il est l’auteur de son existence, de sa beauté, de cette perfection dans laquelle elle doit apparaître au ciel pour être digne d’un tel époux et de la gloire qui règne là ».
Telle est la part bénie de l’Église comme épouse de Christ, et tel est l’amour que devrait goûter maintenant chacun de ceux qui la composent, car l’amour dont nous jouirons dans la pure splendeur de l’éternité est le même que celui dont il nous aime maintenant dans la nuit ténébreuse de ce monde. Oh, que nos coeurs se reposent dans cet amour infini !
De même que nous trouvons notre joie dans l’amour qu’il a pour nous, son épouse, ainsi les affections de nos coeurs devraient se porter — et se porteront — en un ardent désir vers lui, notre Époux, et cela pendant son absence et sur la scène de son rejet, dans une consécration fidèle à sa personne. Rappelons-nous les paroles de Paul aux Corinthiens et comprenons qu’elles s’appliquent à chaque croyant : « Je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste » (2 Cor. 11:2).
Comme chrétiens, nous sommes fiancés à Jésus Christ et nous avons à lui être fidèles, nous conservant pour lui comme une vierge chaste, sans être souillés par le monde qui l’a crucifié, ne donnant pas notre amour et nos affections au présent siècle ennemi de notre bien-aimé, mais gardant pour lui tout notre amour et tout notre coeur, le servant fidèlement, vivant pour lui dans l’heureuse attente de sa venue pour nous chercher et de ce jour des noces. C’est là une responsabilité qui découle de cette relation si intime avec Christ.
De plus, notre passage d’Éphésiens 5 nous rappelle que cette relation bénie implique les notions d’autorité et de soumission, comme dans les relations conjugales : « Le Christ est le chef de l’assemblée, lui, le sauveur du corps. Mais comme l’assemblée est soumise au Christ, ainsi que les femmes le soient aussi à leurs maris en toutes choses » (v 23, 24). Ayant déjà parlé de Christ comme étant le chef de l’Assemblée, nous ne ferons qu’effleurer le sujet de la soumission de l’Église, épouse de Christ, à son chef.
Cette soumission à Christ est une autre responsabilité très importante découlant de ce privilège béni d’être l’épouse de Christ. Cela signifie que nous devons ici-bas obéir à sa Parole, ne pas faire notre propre volonté ou suivre nos propres désirs, mais plutôt les directions qu’il nous a données dans la Bible. Nous n’avons pas à faire ce qui nous paraît le plus convenable ou le meilleur, pour nous-mêmes personnellement ou pour l’Église collectivement, mais nous avons à rechercher dans les Écritures la pensée de Christ et à y conformer notre marche dans la soumission à lui, notre chef. Il s’ensuit que l’Église n’a jamais à enseigner ou à édicter des règles, des doctrines, etc. Sa place est d’être soumise aux enseignements donnés par Christ dans sa Parole. Le Seigneur enseigne et édifie par le moyen des dons qu’il a faits à l’Assemblée, sous la direction et avec la puissance de l’Esprit présentant la Parole.
Si l’Église n’avait pas oublié cela et perdu de vue son appel céleste comme épouse de Christ, combien tout serait différent aujourd’hui ; il n’y aurait pas toutes ces sectes et ces groupements chrétiens antagonistes, avec leurs règlements et doctrines diverses, etc. Si tous en effet étaient soumis à Christ, ils trouveraient dans sa Parole l’unité de pensée (sa pensée) et son chemin pour son Assemblée. L’Esprit enseignerait à chacun de nous la même chose et chaque croyant ainsi dépendant marcherait dans l’obéissance dans le seul chemin de sa volonté. Alors tous seraient ensemble dans l’unité bénie de l’Esprit, comme l’épouse soumise à Christ.
Combien ce serait beau et quel témoignage l’Église rendrait alors à Christ dans le monde ! Il en était ainsi au début de l’histoire de l’Église et il en serait ainsi maintenant si tous étaient soumis à Christ, la tête, et le connaissaient réellement comme Époux. Ainsi, la raison des divisions et de la confusion au milieu du peuple de Dieu aujourd’hui est que l’Église n’a pas été et n’est pas complètement soumise à Christ. La volonté de l’homme a été à l’oeuvre, et la ruine est arrivée.
Mais bien que l’Église ait manqué de soumission, il ne convient pas moins à chaque croyant d’être soumis à la volonté de Christ et à sa Parole. Dans les messages du Seigneur aux sept assemblées d’Asie, qui nous parlent prophétiquement de l’histoire de l’Assemblée et nous disent combien elle s’est écartée de sa Parole, l’exhortation qui termine chaque lettre s’adresse à chacun : « Que celui (chaque individu) qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (Apoc. 2:7, 11, 17, 29 ; Apoc. 3:6, 13, 22). Puisse chaque lecteur écouter, obéir et marcher dans la séparation de tout ce qui n’est pas selon sa Parole et dans la soumission à Christ !
Nous avons considéré ce qui est la part de l’Assemblée, épouse de Christ, composée de croyants nés de nouveau : aimée du Seigneur, introduite dans son intimité, associée à lui, appelée à être fidèle et soumise à son Époux ; nous pourrions maintenant nous étendre un peu sur son espérance et sa destinée. La nature même de la relation époux-épouse fait aisément saisir que ce qu’espère l’Église et qui comblera ses voeux, c’est d’être unie à lui et d’être pour toujours à son côté. Être unie à Christ et partager sa gloire, c’est la seule espérance et la seule destinée propres à l’Église.
Tout ceci est impliqué par les versets d’Éphésiens 5 que nous avons considérés plus haut, où il nous est dit que Christ se présentera l’Assemblée à lui-même sans tache ni ride. Cela sera accompli au jour des noces, au jour de l’union nuptiale qui devrait être l’attente et l’ardent désir de l’Assemblée fiancée à Christ.
Alors elle le verra tel qu’il est et elle lui sera semblable, sans tache et pure (1 Jean 3:2, 3). Rien d’autre ne peut satisfaire les vraies affections de l’épouse telles qu’elles devraient être trouvées dans l’Assemblée.
Cette espérance bénie de l’Église lui a été donnée par Jésus lui-même dans les versets bien connus et chers à nos coeurs de Jean 14:2-3. Il y annonce aux croyants qu’il va leur préparer une place dans la maison de son Père, qu’il reviendra et les prendra auprès de lui, afin que là où il est, ils soient aussi. C’est là la promesse faite par l’Époux à son épouse et l’assurance que le désir de son coeur, c’est que là où il est, elle soit aussi.
Le désir ardent de Christ d’avoir son épouse est aussi exprimé de façon touchante dans sa prière sacerdotale adressée au Père telle qu’elle nous est rapportée en Jean 17:24 : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire ». C’est ce qu’il s’est proposé pour son Assemblée, ce qu’il veut pour elle : l’introduire auprès de lui dans la gloire. Et tel devrait toujours être l’ardent désir, l’espérance de son épouse.
L’Église est céleste dans son origine, et unie à Christ, sa tête, dans la gloire. Elle devrait être céleste dans son caractère ici-bas car sa « vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3:3) et sa destinée