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Étude biblique : Luc 1 à 10, et 20 et 21
Résumé-Notes d’études bibliques à Paris rédigé par Jean Muller.
Une partie de l’évangile n’est pas traitée (absence du rédacteur des notes)
Table des matières abrégée :
5 Résumé du début de l’évangile de Luc
Table des matières détaillée :
5 Résumé du début de l’évangile de Luc
30-07-1968
Zacharie offrant le parfum dans le temple, et la multitude du peuple étant dehors, l’ange Gabriel lui était apparu pour lui annoncer de bonnes nouvelles ; ses supplications étaient exaucées et sa femme allait lui enfanter un fils, Jean (la faveur de l’Éternel).
L’ange Gabriel était le messager de Dieu envoyé auprès de Zacharie, et de Marie, la mère du Seigneur Jésus. Il est aussi nommé en Daniel 8 et 9, comme chargé de révélations à Daniel.
La Parole nous présente une multitude d’anges (les armées célestes), et nomme Gabriel. Elle ne parle que d’un seul archange : Michel, en Jude à propos du corps de Moïse, en Apoc. 12 à l’occasion du combat avec Satan dans le ciel, et en Daniel 10 et 12 sous le nom de Micaël, un des premiers chefs ou le grand chef.
La foi de Zacharie n’était toutefois pas à la hauteur de sa requête. Il ne manifeste pas, par son étonnement vis-à-vis de la déclaration de l’ange, la même foi qu’Abraham qui, « contre espérance, crut avec espérance » et « ne forma point de doute sur la promesse de Dieu par incrédulité » (Rom. 4:18, 20). Aussi Dieu châtie son serviteur pour son profit et pour l’instruction du peuple : Zacharie reste muet jusqu’à l’accomplissement de la promesse de Dieu. C’est une figure du peuple d’Israël dans sa condition actuelle : sa bouche est fermée jusqu’au moment où la louange pourra s’exprimer à l’apparition du Seigneur en gloire. Après la naissance de Jean, Zacharie prophétise sur son propre fils et rend louange à Dieu (Luc 1:64, 67-79). Le peuple était dehors, et s’étonnait de ce que Zacharie tardait. Au moment où ces choses se passaient, le chemin des lieux saints n’était pas manifesté. Seuls les sacrificateurs pénétraient dans le lieu saint, et le souverain sacrificateur, une fois par an (au jour des propitiations), entrait au-delà du voile, dans le lieu très saint, où était l’autel d’or (ou d’encens) et l’arche. Le peuple Juif ne pouvait entrer que dans le parvis, séparé du lieu où pouvaient s’approcher les Gentils par un mur. Après l’œuvre de Christ, le voile est déchiré (Héb. 10:19) et le mur mitoyen de clôture est aboli (Éph. 2:14).
Malgré la faiblesse et l’incrédulité de Zacharie, la Parole de Dieu s’accomplit en sa faveur. Élizabeth, visitée ainsi dans son opprobre qui est maintenant ôté par la grâce de Dieu, se cache aux yeux des hommes, avec une délicatesse de sentiments qui montre sa piété. Le sentiment de la grâce de Dieu maintient du reste constamment dans l’humilité. C’est dans cette retraite volontaire, qu’Élizabeth recevra la visite de Marie, la mère du Seigneur.
À partir du v. 26, la scène change et le Seigneur est introduit ; c’est le mystère de la piété : Dieu manifesté en chair (1 Tim. 3:16), l’incarnation, « la Parole devint chair, et habita au milieu de nous » (Jean 1:14). Dieu avait tout préparé à l’avance et ses conseils s’accomplissaient : « quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, né de femme, né sous la loi » (Gal. 4:4), « Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair » (Rom. 8:3). La prophétie d’Ésaïe se réalisait : « Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel » (És. 7:14). Les promesses de Dieu s’accomplissaient dans une bourgade méprisée. Nathanaël dira : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » (Jean 1:47). Dans ce lieu, la grâce souveraine de Dieu choisit une femme humble et effacée, comme vase élu pour porter le Fils de Dieu.
C’est ainsi que Dieu choisit les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes (1 Cor. 1:27). Marie, fiancée à un pauvre charpentier, ignoré, bien que de la maison et de la famille de David, avait trouvé grâce aux yeux de Dieu (Luc 1:30), mais Dieu la faisait « jouir de sa faveur » et elle était « bénie entre les femmes » (Luc 1:28).
Le désir des femmes pieuses en Israël était de devenir la mère du Messie, appelé en Daniel 11:37 « l’objet du désir des femmes », et cette faveur était maintenant accordée à Marie. Mais la présence de l’ange et sa salutation produisent du trouble et de la crainte chez Marie (Luc 1:29), comme chez Zacharie auparavant (v. 12). La réponse divine est dans les deux cas :
· « Ne crains pas, Zacharie ».
· « Ne crains pas, Marie ».
La présence de Dieu produit toujours des effets sur l’homme, faible créature : le prophète Daniel, l’apôtre Jean, présentent de semblables exemples, mais la grâce de Dieu fortifie ces vases de terre.
6-08-1968
Après la salutation de l’ange Gabriel à Marie, donnée aux v. 28 à 30, le Saint Esprit nous présente la naissance de Jésus dans ce monde. Le sujet présenté ici n’est pas essentiellement la nature divine de Jésus ni la relation éternelle du Fils avec le Père : ce côté de la vérité est présenté d’une part dans l’évangile de Jean, et d’autre part dans les épîtres aux Hébreux (le resplendissement de la gloire de Dieu et l’empreinte de sa substance, Héb. 1:3) et aux Colossiens, (« en lui, toute la plénitude s’est plu à habiter », « car en lui habite toute la plénitude de la déité corporellement », Col. 1:19 ; 2:9).
Nous avons ici les circonstances de la naissance de Jésus, de sa venue dans le monde. Nous avons successivement :
v. 31-33 : l’annonce de la naissance de Jésus, réellement et vraiment homme. Son nom serait Jésus : Jéhovah Sauveur. Il n’est pas présenté, ainsi qu’en Matthieu, comme le Christ (l’oint de Dieu), ni comme « devant sauver son peuple de leurs péchés », l’accomplissement des promesses faites aux pères n’étant pas en vue ici. Le titre divin du Seigneur reste caché sous la forme d’un nom personnel, car Luc nous présente le Fils de l’homme.
On notera toutefois que le premier chapitre se maintient dans les strictes limites d’Israël ; la scène change au ch. 2 pour s’élargir au-delà d’Israël, et s’étendre aux nations.
Jésus serait grand, appelé Fils du Très-haut ; Il aurait le trône de David, et son royaume n’aurait pas de fin. Les révélations faites à Daniel s’accomplissaient : « le Dieu des cieux établira un royaume qui ne sera jamais détruit » (Daniel 2:44), « quelqu’un comme un fils d’homme vint avec les nuées des cieux, et il avança jusqu’à l’Ancien des jours… son royaume, un royaume qui ne sera pas détruit » (Daniel 7:13, 14).
Marie pose alors à l’ange une question qui ne manifestait ni un manque de foi ni de l’incrédulité. En effet Élizabeth lui rend témoignage — étant remplie de l’Esprit Saint — : « bienheureuse est celle qui a cru » (v. 45). Marie interroge l’ange avec une sainte confiance, pour connaître la manière dont la chose qui lui était annoncée devait arriver.
L’ange révèle alors à Marie, pour notre instruction, ce que serait la conception miraculeuse de Jésus. « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu » (Luc 1:35).
Dieu est la source de la vie de l’enfant en dehors de toute volonté humaine, la puissance de Dieu agissant par l’Esprit Saint ; la sainte chose qui allait naître serait appelée Fils de Dieu. Ce titre est donné à Jésus en vertu même de Sa conception miraculeuse. Dans l’offrande de gâteau, l’offrande était pétrie à l’huile. Ces choses sont trop merveilleuses pour nous : « personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » (Matt. 11:27), mais produisent l’adoration dans le cœur des saints.
L’annonce de la naissance de Jean est alors aussitôt faite à Marie. Jean, le plus grand des prophètes, serait le précurseur de Jésus, son ministère précéderait celui du Seigneur ; il achèverait sa course pour que le Seigneur commence la sienne.
Marie, devant ces révélations, s’incline et prend une place de soumission (« l’esclave du Seigneur »). Marie rend alors visite à Élizabeth, pour reconnaître, dans l’humilité, les voies merveilleuses de Dieu.
Élizabeth, remplie de l’Esprit, reconnaît la place que Dieu donnait à Marie, et la piété personnelle de celle-ci ; elle parle de la « mère de mon Seigneur », reconnaissant ainsi par anticipation Jésus comme son Seigneur.
Marie se réjouira en « Dieu, son Sauveur ».
Ces scènes sont caractérisées par l’action de l’Esprit sur les personnes qui nous sont présentées et par la joie que cette présence produit : « le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais… joie dans l’Esprit Saint » (Rom. 14:17).
Jean serait un sujet de joie et d’allégresse et serait rempli de l’Esprit. En même temps, comme nazaréen, il s’abstiendrait de boire vin ou cervoise (Luc 1:14, 15). De même en Éph. 5:18, nous sommes exhortés à ne pas nous enivrer de vin, mais à être remplis de l’Esprit.
Le petit enfant tressaille de joie dans le ventre de la mère, et Élizabeth était remplie de l’Esprit Saint (Luc 1:41, 44).
Marie se réjouit en Dieu (Luc 1:47).
L’ange annonce un grand sujet de joie aux bergers (Luc 2:10).
Tout l’évangile souligne la joie du ciel, en particulier dans les trois paraboles du ch. 15, Zachée reçoit le Seigneur avec joie (Luc 19:6), les disciples se réjouissent à la montagne des Oliviers (Luc 19:37), puis de voir le Seigneur ressuscité (Luc 24:41).
Enfin Zacharie sera rempli de l’Esprit lorsqu’il prophétisera (Luc 1:67).
L’action de l’Esprit sur ces âmes fidèles se place toutefois à un moment où « l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean 7:39).
13-08-1968
Le cœur de Marie s’ouvre pour magnifier le Seigneur, et reconnaître en Dieu, son Sauveur.
Gardant sa place dans l’humilité (« Il a regardé l’humble état de son esclave »), elle reconnaît la grâce de Dieu qui la remplissait de joie.
Bien que Marie parlât sans aucun doute sous la puissance de l’Esprit Saint, il n’est pas dit, comme pour Élizabeth au v. 41 et Zacharie au v. 67, qu’elle en fût remplie.
Le cantique qu’elle exprime est plutôt l’expression de sa propre piété et de ses sentiments personnels. Au reste, ses paroles s’adressent à Dieu pour Le bénir et ne constituent pas une révélation de Sa part.
Marie demeure dans la sphère de sa propre piété : Israël, les promesses faites aux pères et les espérances qui en découlaient pour le peuple. Elle remonte ainsi aux promesses inconditionnelles faites à Abraham, rendues possibles par la venue de Christ dans ce monde, et accomplies par Lui et en Lui. Le cantique de Marie se rapproche de celui d’Anne en 1 Sam. 2 qui célèbre la grâce de Dieu répondant à la prière de la foi dans la naissance de Samuel, le prophète.
Dans les deux cas, la puissance de Dieu est reconnue comme s’exerçant au milieu de la faiblesse.
Marie reste trois mois auprès d’Élizabeth, puis se retire dans sa maison. Ces saintes femmes, inconnues du monde, se mouvaient dans une sphère de piété et d’humilité que la Parole se plaît à nous décrire. Nous y voyons plus loin, aussi, Siméon, homme juste et pieux qui attendait la consolation d’Israël ; Anne la prophétesse qui servait Dieu en jeûnes et en prières et tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance.
Les merveilles que Dieu accomplissait en secret dans cette sphère de ceux qui craignaient l’Éternel et parlaient l’un à l’autre, sont au temps ordonné, données à connaître aux hommes.
L’enfant que Dieu donnait à Zacharie et Élizabeth, naît au sein du peuple Juif, et y prend sa place selon le commandement de la loi.
Selon la Parole de l’ange, la langue de Zacharie est déliée. Aussitôt, il loue Dieu, la discipline produisant en lui « le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle » (Héb. 12:11).
Ces choses sont publiées par toutes les montagnes de Judée, mais sont un objet de crainte pour les voisins. Lorsque Dieu se manifeste, l’homme a peur et se cache. Alors Zacharie, rempli de l’Esprit Saint, prophétise à l’occasion de la naissance de son fils Jean, parlant d’abord de Christ, en qui s’accomplissaient les promesses, comme si celles-ci étaient déjà accomplies (v. 68-75). Il ne parle que plus tard de son fils : « Et toi, petit enfant » (v. 76 et 77).
« Car autant il y a de promesses de Dieu, en lui est le oui et en lui l’amen, à la gloire de Dieu par nous » (2 Cor. 1:20).
La sainteté et la délivrance sont liées, comme lorsque le peuple avait traversé la Mer Rouge.
Le bonheur annoncé pour la terre est ainsi lié à la présence de Jésus sur la terre.
On trouve l’alliance de Dieu avec le peuple et le serment fait à Abraham, qui avait vu par la foi son accomplissement, selon le témoignage de Jésus lui-même : « Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour ; et il l’a vu, et s’est réjoui » (Jean 8:56).
20-08-1968
Nous sommes revenus sur la prophétie remarquable de Zacharie qui présente l’accomplissement en Christ de l’espérance d’Israël, fondée sur la promesse, l’alliance et le serment de Dieu.
Le terrain sur lequel se place cette prophétie est celui de la grâce (la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ), et non pas celui de la loi qui prend fin en Christ (Rom. 9 et Gal. 3 et 4).
Les bénédictions sont rattachées ici à la présence de Jésus sur la terre, bien que son rejet ait reporté leur accomplissement effectif après le temps de sa seconde venue.
Dieu :
· visite son peuple,
· sauve son peuple,
· suscite une corne de délivrance des ennemis (la corne est l’emblème de la puissance royale),
· accomplit sa miséricorde en accordant au peuple de le servir sans crainte, en sainteté et en justice.
Jean allait précéder le Seigneur pour prêcher la repentance à Son peuple, que l’Orient d’en haut visitait ; la lumière luisait à ceux qui étaient dans les ténèbres et l’ombre de la mort.
Selon la prophétie d’És. 9:2 : « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre de la mort… la lumière a resplendi sur eux ! ». Pendant qu’Il était dans le monde, le Seigneur était la lumière du monde (Jean 9:5) ; le monde a mieux aimé les ténèbres que la lumière, et le Seigneur est maintenant « l’étoile du matin », mais pour les siens seulement, avant que ne se lève « le soleil de justice » (Mal. 4:2) et que la bénédiction des eaux qui sortent du sanctuaire vers l’Orient ne se déverse sur la terre (Éz. 47).
La prophétie de Zacharie se lie à celle d’Ésaïe 61 annonçant la venue du Messie et accomplie par le Seigneur au début de son ministère (Luc 4:18, 19) ; mais c’était l’année de la faveur de l’Éternel et non pas encore le jour de la vengeance.
Jean grandit ensuite à l’abri du monde, dans le désert ; sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage ; il avait un vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour de ses reins (Matt. 3:4 et Marc 1:6). La nourriture du monde n’est pas indispensable au développement du chrétien. Le vêtement de Jean était celui d’Élie, sa ceinture celle du service.
Le Seigneur a rendu témoignage de Jean : « Jean le baptiseur est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin » (son caractère de nazaréen avait été annoncé par l’ange à Zacharie). Il disait de Jean : « Qu’êtes vous allés voir au désert ?… il n’y a aucun prophète plus grand que Jean le baptiseur » (Luc 7:33 et 24, 28).
20-08-1968
Au ch. 2 la scène change et place Israël, au milieu duquel Christ venait, sous l’assujettissement des Gentils, du quatrième empire de Daniel. L’empereur romain César Auguste décrète un recensement de toute la terre habitée.
Suivant la prophétie de Michée 5, c’est de Bethléhem que sortirait celui qui doit dominer en Israël. Dieu conduisait les circonstances pour que Marie qui habitait Nazareth aille ainsi à Bethléhem, au moment où son enfant devait naître.
Le dessein de Dieu étant accompli, l’enregistrement lui-même n’a lieu que beaucoup plus tard.
Le Seigneur naît donc, au milieu des hommes, lui-même un enfant dans ce monde. Il n’y avait de place pour Lui que « dans la crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie » (Luc 2:7). Le monde était à son aise, mais ne réservait aucune place à Dieu ni au Fils de Dieu. Le Seigneur commence donc sa vie dans l’humilité profonde, loin de l’opulence d’un monde qui s’organise loin de Dieu depuis la chute de l’homme.
27 08-1968
Si la naissance de Jésus dans ce monde passait inaperçue aux yeux de celui-ci, néanmoins Dieu prenait soin de l’objet de Ses conseils ; de pauvres bergers des montagnes de Judée reçoivent la révélation de la présence du Seigneur sur la terre.
Dans les v. 9 à 12 nous avons l’apparition d’un ange du Seigneur avec eux.
Aux v. 13 et 14 la multitude de l’armée céleste se joint à l’ange.
Dans les v. 15 à 20, les bergers vont à Bethléhem voir le petit enfant dans la crèche et s’en retournent en glorifiant Dieu.
Dans l’évangile de Matthieu la révélation de l’apparition du Messie sur la terre est faite aux mages d’Orient ; dans l’évangile de Luc, celle du fils de l’homme est faite aux pauvres du troupeau d’Israël.
L’ange du Seigneur et la gloire du Seigneur leur sont révélés : c’est l’Éternel de l’Ancien Testament, présenté ici dans la gloire de sa grâce. Si la crainte remplit le cœur des bergers, l’ange leur communique cette réponse de grâce : « N’ayez point de peur », que le Seigneur donnera plus tard à ses disciples effrayés. Car la révélation de l’ange était un sujet de joie pour tout le peuple. Plus tard, lorsque les mages viennent à Jérusalem, Hérode et tout Jérusalem sont troublés par la naissance de Christ.
On note que les révélations faites aux bergers, comme celles faites par l’ange Gabriel à Marie, ou la prophétie de Zacharie, n’ont en vue que le peuple Juif. Pour que l’évangile parvienne aux nations, il fallait que le rejet du Seigneur soit consommé selon l’enseignement d’Ésaïe 49 et Romains 11:11 : « par leur chute, le salut parvient aux nations ».
L’ange présente Jésus aux bergers sous trois caractères : le Sauveur, Christ, le Seigneur.
Jésus c’est Jéhovah, Sauveur.
Dans l’Ancien Testament c’était autrefois Josué ou Joshua Éternel Sauveur, présenté dans Jérémie 23:6 et 33:16 comme sauvant Juda et appelé l’Éternel notre justice.
Les armées célestes se joignent alors à l’ange pour louer Dieu : « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes » (v. 14).
Jésus, venu en grâce, est la source de la joie et de la louange. Dieu, en amour, accomplissait ses conseils éternels, se manifestait en Christ : car « Dieu était en Christ » (2 Cor. 5:19).
La présence de Jésus apportait la paix sur la terre. Selon la prophétie d’Ésaïe 9:6, son nom serait « Prince de paix ». Vrai Melchisédech, il était roi de Salem, c’est-à-dire « roi de paix », il allait faire la paix par le sang de sa croix (Col. 1:20) — c’est Lui qui est notre paix (Éph. 2:14) — Il laissait la paix aux siens et leur donnait sa paix (Jean 14:27).
Jésus a été rejeté, aussi Son nom a été occasion de guerre : « Je suis venu jeter le feu sur la terre » (Luc 12:49) ; et à la fin de Son ministère, lorsque la multitude des disciples le salue à la descente de la montagne des Oliviers, la louange à Dieu est : « Paix au ciel et gloire dans les lieux très hauts ! » (Luc 19:38). La paix est alors pour le ciel seulement et non plus pour la terre pour un temps.
Enfin, le bon plaisir de Dieu était dans les hommes. Déjà dans l’éternité passée, les délices de la sagesse étaient dans les fils des hommes (Prov. 8:31). Et le Seigneur, prenant selon le Ps. 16, sa place parmi les pauvres — les excellents de la terre — pouvait dire : « En eux sont toutes mes délices » (Ps. 16:3).
Les bergers vont alors à Bethléhem voir la chose qui leur était révélée. Ils vont en hâte, ils voient, ils divulguent la parole, puis s’en retournent en glorifiant Dieu. La sobriété de ces récits contraste avec tout ce que l’homme a ajouté à la révélation de divine.
La Parole ne dit rien de la date de l’année à laquelle s’est placée la naissance du Sauveur. Il est très improbable que celle-ci se situe au mois de Décembre, en hiver, comme le prétend la chrétienté professante. D’après Esdras 10, Décembre, qui était le neuvième mois, était la saison des pluies. Le recensement aurait difficilement été fixé à cette saison, et les bergers ne sortent pas leurs troupeaux à cette époque. Le Seigneur exhortait ses disciples en Matt. 24:20 et Marc 13:18 à ce que leur « fuite n’ait pas lieu en hiver ».
En fait, l’origine de la fête de Noël dans la chrétienté, consacrée à la naissance du Seigneur et à Marie, sa mère, appelée improprement « mère de Dieu », remonte très loin dans les ténèbres de l’idolâtrie et du paganisme.
Salomon s’était détourné après Ashtoreth, c’est-à-dire Astarté (1 Rois 11:5), appelée reine des cieux, à laquelle plus tard le peuple de Juda descendu en Égypte au moment de la transportation, brûlait de l’encens (Jér. 44:17). La fête de Noël était célébrée par les Chaldéens en l’honneur de la naissance d’Astarté. Son fils, le dieu-mâle, compris dans le nom général de Baal, était Thammuz dans l’idolâtrie de Babylone. En Éz. 8, les femmes de Jérusalem pleuraient Thammuz et les hommes se prosternaient devant le soleil tout en adorant dans leur cabinet d’images.
Cette idolâtrie de la reine des cieux Astarté et du dieu-soleil symbolisé par Thammuz, s’est transmise aux anglo-saxons païens (la fête de Yule) et dans le paganisme romain : Les Saturnales (ou fêtes dédicacées à Saturne, dieu de l’agriculture et des semailles) étaient célébrées à la fin du mois de Décembre, au moment du solstice d’hiver, pour rappeler la « naissance du soleil invincible », au moment où les jours recommencent à croître. Cette fête, la pire des fêtes païennes, donnait lieu, au milieu d’orgies, à de grandes réjouissances, à des échanges de vœux et de cadeaux, et des sapins étaient utilisés comme symbole de ce dieu-soleil perpétuel.
Aux troisième et quatrième siècles du christianisme, cette fête païenne a été transposée dans le christianisme, en même temps que les temples d’idoles ont été transformés en églises chrétiennes. C’est ainsi que plusieurs pays d’Europe, d’Afrique et d’Asie mineure ont été christianisés.
Rappelons que peu de choses sont plus abominables aux yeux de Dieu que cette idolâtrie dans la sphère chrétienne. L’évangile est fondé sur des faits puissants et divins (la naissance de Christ en est un), par lesquels, par la folie de la prédication, Dieu dans la puissance de l’Esprit Saint agit sur des âmes pour leur salut et leur rassemblement autour de Christ. Le système ecclésiastique, en transformant ces faits en une série d’événements extérieurs, rappelés historiquement par des anniversaires, rejette l’action de Dieu sur les âmes.
Le seul souvenir que le Seigneur ait demandé de rappeler sur la terre est celui de Sa mort, chaque premier jour de la semaine.
Prenons garde, selon l’exhortation de 1 Cor. 10:7, à ne pas être idolâtres comme les fils d’Israël qui adoraient le serpent d’airain (détruit par Ézéchias), et comme la chrétienté qui adore un crucifix — le signe même de la croix de Jésus —, ou qui invente une fête comme Jéroboam, au quinzième jour du huitième mois, le mois qu’il avait imaginé dans son propre cœur (1 Rois 13:33).
v. 19 : « Marie gardait toutes ces choses par devers elle, les repassant dans son cœur » ; le même témoignage lui est rendu au v. 51 : elle « conservait toutes ces paroles dans son cœur ».
Les révélations faites à Marie étaient précieuses à son cœur ; la parole était reçue dans un cœur préparé, le « cœur honnête et bon », dernier terrain de la parabole du semeur de Luc 8:15. Dans le Ps. 1, nous sommes appelés à méditer la Parole jour et nuit ; autrefois, les animaux purs comprenaient ceux qui ruminaient, figure de ceux qui repassent les choses dans leur cœur.
En même temps, la présence du Seigneur était un sujet d’étonnement :
· Pour ceux qui ouïrent la parole de sa venue (v. 18).
· Pour son père et sa mère à l’occasion des choses qui étaient dites de Lui (v. 33).
· Pour tous ceux qui l’entendaient dans le temple (v. 47).
· Pour ses parents, frappés d’étonnement (v. 48).
· Plus tard, pendant son ministère, les disciples seront « excessivement frappés et étonnés en eux-mêmes » (Marc 6:51), « extrêmement étonnés » (Marc 7:37).
Ésaïe avait annoncé prophétiquement qu’Il ferait « tressaillir d’étonnement beaucoup de nations » (És. 52:15).
Au v. 20, les bergers s’en retournent, glorifiant et louant Dieu, à l’occasion de la venue de Jésus sur la terre ; à la fin de l’évangile, les disciples sont continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu, lorsque le Seigneur est élevé dans le ciel.
Au v. 21, le petit enfant est circoncis, et Son nom de Jésus lui est donné, comme auparavant Jean le Baptiseur l’avait été (Luc 1:59) et avait reçu son nom, donné par l’ange. La circoncision était le signe de la mise à part pour Dieu, d’un peuple appelé, élu, et objet des promesses. Elle avait été donnée à Abraham en Gen. 17 après son appel au ch. 12 ; c’était une condition indispensable pour participer à la Pâque (Ex. 12:48), puis pour prendre possession du pays (Josué 5:9) et pour que l’opprobre de l’Égypte soit ôtée de dessus eux. Dieu permet que Jésus soit ainsi soumis à cette ordonnance car s’Il était né de femme, Il était aussi né sous la loi (Gal. 4:4). Tout s’accomplissait ainsi selon la loi, en même temps que selon les conseils de Dieu.
v. 22-24 : c’est ainsi que Jésus est porté à Jérusalem, présenté au Seigneur, et qu’un sacrifice est offert pour Lui « selon ce qui est prescrit dans la loi ».
Depuis l’entrée du péché dans le monde, c’est-à-dire pour tous les hommes, tout enfant est conçu dans le péché et enfanté dans l’iniquité (Ps. 51:5) — seul Adam a été créé par Dieu, et Ève formée d’Adam avant la chute. C’est pourquoi sous la loi, si une femme concevait et enfantait un fils, elle était impure 7 jours et demeurait dans le sang de sa purification 33 jours, soit 40 jours au total. À l’issue de la première période l’enfant était circoncis, et à l’issue de la deuxième période, elle offrait pour elle un sacrifice pour le péché (Lév. 12).
Un autre commandement, donné avant la loi au peuple d’Israël sortant d’Égypte, concernait les fils premiers-nés, en rapport avec le jugement destructeur qui avait frappé les Égyptiens. Tout premier-né mâle des bêtes devait être sacrifié et tout premier-né des fils devait être racheté, car il appartenait à Dieu (Ex. 13:2 et 15). Cette ordonnance a été confirmée à Moïse après le veau d’or, lorsque les nouvelles tables de la loi ont été écrites par Dieu (Ex. 34:19).
La venue du Seigneur dans ce monde ne participait en aucune manière au péché : « en toutes choses comme nous, à part le péché ».
Aux Ps. 22:9, 10 et 71:6, le Seigneur par l’esprit prophétique peut dire à Dieu : « C’est toi qui m’as tiré du sein qui m’a porté… Tu es mon Dieu dès le ventre de ma mère ».
Pourtant, un sacrifice est offert pour la mère de Celui duquel tous les sacrifices étaient le type. La pauvreté des circonstances dans lesquelles Jésus était placé, se montre par le sacrifice offert : l’agneau pour l’holocauste et la tourterelle comme sacrifice pour le péché pouvaient être remplacés par deux tourterelles. C’est ce qui fût fait pour la naissance de Celui qui, « étant riche, a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8:9).
10-09-1968
Jésus est reconnu, sous l’action de l’Esprit Saint, par le faible résidu pieux que Dieu avait maintenu par Sa grâce au milieu d’Israël.
Le témoignage est rendu à ces quelques fidèles qui étaient demeurés justes et pieux au milieu de la ruine et de l’hypocrisie.
· Zacharie et Élisabeth « étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du Seigneur, sans reproche » (Luc 1:6).
· Siméon « était juste et pieux » (Luc 2:25).
· Plus loin, « Anne, une prophétesse, fille de Phanuel… servant Dieu en jeûnes et en prières, nuit et jour » (Luc 2:36, 37).
Les caractères de ces fidèles sont de tous les temps.
Noé, Daniel et Job, cités ensemble en Éz. 14, comme pouvant délivrer leurs âmes par leur justice, ont reçu séparément le témoignage :
· Noé, d’être un homme juste, parfait parmi ceux de son temps (Gen. 6:9), et un homme de foi (Héb. 11:7),
· Daniel, d’être un homme fidèle, aucun manquement, ni aucune faute ne se trouvant en lui (Dan. 6:4),
· Job, homme parfait et droit, craignant Dieu et se retirant du mal (Job 1:8).
Le résidu de Malachie 3, auquel l’Éternel est attentif, est formé par « ceux qui craignent l’Éternel, et… ceux qui pensent à son nom ». Ce sont ceux que Daniel 11:33 appelle « les sages du peuple » qui « enseigneront la multitude » et qui seront, à la fin, purifiés, blanchis et affinés.
Les caractères moraux des résidus sont donc :
· la justice pratique : absence de mal en honorant les relations dans lesquelles on est placé,
· la piété : la confiance exprimée en És.26 et la crainte de Dieu, signe de la vie divine.
Tous ces exemples sont donnés pour notre instruction dans les temps actuels. Nous sommes exhortés à vivre « dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ » (Tite 2:12, 13). Au reste, la piété, dans le croyant, donne l’intelligence des pensées de Dieu, et fortifie l’attente, l’espérance et aussi le but de la course de la foi.
Siméon attendait la consolation d’Israël. La promesse avait été faite par Dieu à Ésaïe : « Consolez, consolez mon peuple » (És. 40:1), « Comme quelqu’un que sa mère console, ainsi moi, je vous consolerai ; et vous serez consolés dans Jérusalem » (És. 66:13). L’Esprit Saint était sur lui (Siméon) et non pas en lui, et c’est par l’Esprit qu’il était averti qu’il verrait le Christ du Seigneur.
Jésus était le Christ, le Seigneur, ainsi que l’ange l’avait annoncé aux bergers (Luc 2:11). Il était l’Oint de Dieu, le Messie, le Christ, ces trois titres étant déclarés identiques en Jean 1:42.
Siméon est alors conduit par l’Esprit dans le temple pour y rencontrer le petit enfant Jésus.
Le Seigneur était donc reçu à Jérusalem dans le temple, par un homme pieux conduit par l’Esprit, mais non pas par un sacrificateur.
Le temple, construit par Hérode après celui de Salomon et de Zorobabel, n’était plus la demeure de la nuée de l’Éternel, mais reconnu encore toutefois par le Seigneur comme la maison de Son Père, lorsqu’Il revendique Sa gloire en chassant les vendeurs et renversant les tables des changeurs. Plus tard, cette maison devait leur être laissée déserte, jusqu’à ce que le peuple reconnaisse son Messie.
En même temps, la sacrificature n’était plus reconnue comme le lien entre Dieu et Son peuple, qui demeurait sans roi, ni sacrificateur, ni éphod, ni théraphim (Osée 3:4).
Si le temple était encore alors dans la pensée de Dieu Sa maison, nous devons, nous aussi, réaliser maintenant que quelle que soit l’infidélité du témoignage, le chrétien sait où aller, là où le Seigneur demeure. Cependant, le danger subsiste toujours de mettre sa confiance dans des paroles de mensonge, en disant, à l’image du peuple d’Israël : « C’est ici le temple de l’Éternel,le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel » (Jér. 7:4), et Dieu répondant à son peuple : « Cette maison qui est appelée de mon nom, est-elle une caverne de voleurs à vos yeux ? » (Jér. 7:11).
24-09-1968
Les scènes de ces deux premiers chapitres nous offrent un tableau très doux pour nos cœurs, mettant en contraste la première venue de Jésus dans ce monde, sans aucune pompe extérieure, à la dernière place, et la gloire morale du Fils de Dieu, présenté comme Fils de l’homme, au milieu d’un résidu fidèle qui L’attendait.
Si Dieu faisait à cette occasion mouvoir les astres (Matt. 2:2) et les anges (Luc 2:8), Il produit aussi par Son Esprit, l’unité de pensée et de sentiment chez ces âmes simples et pieuses.
Au milieu d’un peuple qui, passant de la misère à l’orgueil, mûrissait dans le mal, les circonstances extérieures étaient défavorables pour attendre et recevoir le Messie. Néanmoins, le climat moral et la place que chacun prend et garde dans ces scènes, nous sont en modèle, au moment où Jésus est près de revenir pour nous prendre. Nous chrétiens, qui avons l’Esprit, nous sommes appelés à avoir une même pensée, un même amour, à être d’un même sentiment et à penser à une seule et même chose (Phil. 2:2), et rien n’unit les cœurs comme l’amour pour Christ et la communion avec Lui. Parmi le résidu, se trouvait Siméon, qui, par l’Esprit vient dans le temple et discerne lui-même qui était le petit enfant premier-né que ses parents présentaient à l’Éternel. Il bénit Dieu (v. 28), puis Joseph et Marie (v. 34). Pour Siméon, Dieu était son Seigneur et son Maître, et lui-même prend la place d’esclave. Il y avait trois choses pour Siméon : la prophétie qui annonçait la venue de Christ (car Siméon prophétisait à ce moment), la possession de Christ et l’effet de Sa présence dans le monde. L’Esprit avait auparavant révélé à Marie, et par Zacharie, le sûr accomplissement des promesses de Dieu en Christ dans le sein du peuple d’Israël. Jean « irait devant la face du Seigneur pour préparer ses voies, pour donner la connaissance du salut à son peuple » (Luc 1:76, 77). La prophétie de Siméon relative à Christ, Fils de l’homme, dépasse les limites d’Israël : « mes yeux ont vu ton salut, lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples : une lumière pour la révélation des nations, et la gloire de ton peuple Israël » ; la révélation des nations est ainsi mentionnée avant la gloire d’Israël.
Le peuple a rejeté Christ ; aussi l’apôtre Paul dit aux Juifs : « Sachez donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux nations ; et eux écouteront » (Actes 28:28), « un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée » (Rom. 11:25). C’est après l’enlèvement de l’Église que la gloire d’Israël sera manifestée.
En présentant Jésus à Israël comme Messie, Dieu mettait ainsi à l’épreuve le cœur de l’homme : « en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées » (2:35). Dans la pratique de nos vies, c’est la place de Jésus dans le cœur qui compte : ou on aime Jésus, ou on le hait. C’est pourquoi, Christ était mis à la fois pour la chute et pour le relèvement de plusieurs en Israël.
En face de l’apostasie et de la méchanceté du peuple, Dieu présente Christ comme « une précieuse pierre de coin, un sûr fondement » (És. 28:16). En même temps, Il est « pour pierre d’achoppement et rocher de trébuchement aux deux maisons d’Israël » (És. 8:14). Ces deux passages, à rapprocher de Ps. 118:22, sont cités en Rom. 9, Rom. 10, 1 Pierre 2 et les trois évangiles, pour montrer ce double effet de la présence de Christ vis-à-vis des croyants et des apostats.
Enfin le Seigneur serait un signe que l’on contredirait.
Ésaïe avait annoncé que Dieu donnerait un signe (És. 7:14) : la venue d’Emmanuel, ce premier mystère de la rédemption qui est l’incarnation. Le Messie ne serait pas reçu, serait retranché et aurait à supporter la contradiction de la part des pécheurs contre Lui-même. C’est ainsi que tous les cœurs seraient mis à découvert ; c’est par-dessus tout à la croix du Seigneur Jésus que l’état de tous les hommes s’est manifesté, en même temps que les conseils de Dieu se révélaient en grâce.
5-08-1969
Jésus plein de l’Esprit, avait été conduit par l’Esprit dans le désert pour être tenté par le diable. Dans l’obéissance — et obéir c’était n’avoir pas d’autre volonté que celle de Dieu — et par l’emploi de la Parole dans la dépendance de Dieu, Jésus avait remporté la victoire.
Dans la même puissance du Saint Esprit, Il commence à accomplir l’œuvre que le Père lui donnait à faire. Il retourne en Galilée — la Galilée des nations de És. 9:1 — contrée méprisée par les Juifs. Nathanaël peut dire (Jean 1:47) : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? »
Reconnu à sa naissance par le résidu ignoré, s’identifiant avec les excellents de la terre au baptême de Jean, le Seigneur garde maintenant la place de l’humiliation.
Il était là la parfaite manifestation de la grâce au milieu de son peuple. Et après la croix, le Seigneur donnera aussi aux siens un rendez-vous en Galilée : « après que je serai ressuscité, j’irai devant vous en Galilée » (Marc 14:28). En Galilée, Jésus prêche dans les synagogues (v. 44) et Il enseigne. Actes 1:1 nous parle « sur toutes les choses que Jésus commença de faire et d’enseigner » ; et le Seigneur lui-même exhorte les siens, dans le sermon sur la montagne, à pratiquer et enseigner ses commandements.
Jésus vient d’abord à Nazareth — Il devait être appelé, et a été le vrai nazaréen — puis à Capernaüm, au bord du lac de Génésareth, appelée sa propre ville en Matthieu 9:1.
À Nazareth Il entre dans la synagogue pour enseigner, alors qu’à 12 ans Il était dans le temple, écoutant et interrogeant les docteurs (Luc 2:46). Jésus se présente comme rempli de l’Esprit, pour annoncer de bonnes nouvelles. Il n’annonçait pas des promesses, mais leur accomplissement en grâce par Dieu, en Lui-même. Les pauvres, les captifs, les aveugles, ceux qui sont foulés, étaient invités à discerner en Lui l’accomplissement de la prophétie d’Ésaïe.
En citant l’écriture, le Seigneur s’arrête à la vengeance des ennemis du peuple qui sera le moyen de la délivrance finale du résidu d’Israël par le jugement. Le témoignage de la prophétie est remarquable, car la promesse faite ainsi suivait la déclaration du péché du peuple. La bénédiction ne pouvait être opérée que par la venue de Christ, l’oint de Dieu. Et cet homme, le Fils de Dieu, était là maintenant parmi son peuple, qui ne distingue en Lui que le fils de Joseph.
On remarque l’importance de l’Écriture, lue et présentée par le Seigneur. « La loi de l’Éternel était au dedans de ses entrailles », aussi les Juifs étaient-ils contraints de lui rendre témoignage, s’étonnant de Ses paroles de grâce.
Dans les temps de la fin, comme Timothée, nous devons nous attacher à la lecture de la Parole, avoir un modèle des saines paroles et garder la Parole de la patience du Seigneur.
12-08-1969
Jésus a commencé son ministère en Galilée, après le baptême de Jean et après avoir lié l’homme fort au désert. Dans la puissance de l’Esprit, Il était envoyé de Dieu pour annoncer de bonnes nouvelles au peuple d’Israël.
La parole que « Dieu a envoyée aux fils d’Israël, annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ (Lui est Seigneur de tous), ce qui a été annoncé par toute la Judée, en commençant par la Galilée, après le baptême que Jean a prêché, — Jésus qui était de Nazareth, comment Dieu l’a oint de l’Esprit Saint et de puissance » (Actes 10:37, 38).
Jésus avait commencé ses miracles à Capernaüm, puis était descendu à Nazareth. Luc seul parle de Sa prédication dans la synagogue.
Des paroles de grâce sortaient de la bouche du Seigneur, car la grâce était répandue sur Ses lèvres (Ps. 45:2). Mais les Juifs ne reconnaissaient pas le Fils de Dieu et le Messie en Lui, mais seulement le fils de Joseph, le fils du charpentier (Matt. 13:55), charpentier lui-même (Marc 6:3). C’est l’histoire de Christ venant chez soi, et les siens ne l’ont pas reçu : la parfaite manifestation de la grâce, Il a été méconnu puis l’objet de la haine de l’homme.
Mais si le peuple d’Israël rejetait le Seigneur, il fallait que la grâce (que l’orgueil des Juifs ne leur permettait ni d’apprécier ni de recevoir) dépasse les limites d’Israël et touche les Gentils. Lorsque Israël infidèle était autrefois sous le jugement gouvernemental de Dieu, cette grâce avait déjà pénétré chez les Gentils : une femme veuve (dont le nom n’est pas révélé) avait eu le privilège de recevoir le prophète Élie pour le nourrir. Et Naaman, le Syrien, avait seul été guéri par Élisée. À plus forte raison, il allait en être de même si les Juifs rejetaient Jésus. Plus loin, au ch. 7, le Seigneur rendra témoignage au sujet du centurion dont l’esclave allait mourir : « Je n’ai pas trouvé, même en Israël, une si grande foi » (7:9). Au ch. 10, le sacrificateur et le lévite passent outre, de l’autre côté, et c’est un samaritain (un étranger), qui use de miséricorde envers l’homme blessé par les voleurs. Au ch. 17, le seul des 10 lépreux guéris qui soit revenu sur ses pas, pour rendre grâces à Jésus était un samaritain (un étranger).
Devant les paroles de vérité du Seigneur qui ne cachait pas son véritable état à son peuple, l’étonnement fait place à la colère, puis à des pensées de meurtre. Combien la présence de Jésus met à nu le fond du cœur de l’homme, mais l’heure du Seigneur n’était pas venue : Il passe au milieu d’eux et s’en va.
Toute l’histoire de Jésus au milieu de son peuple est ainsi tracée à l’avance dans cette scène.
19-08-1969
De Nazareth, Jésus est descendu à Capernaüm, sa propre ville, circonstance également rapportée en Marc 1. En Luc, la scène est présentée avant l’appel des disciples car l’œuvre glorieuse de Jésus, homme, devait auparavant être manifestée. Le Seigneur enseignait et présentait la Parole avec autorité, frappant d’étonnement ceux qui l’écoutaient. Dieu, autrefois, avait dit une parole pour créer les mondes, les soutenant par la parole de sa puissance. Maintenant, Jésus, la Parole faite chair, n’enseignait pas seulement, mais par une parole délivrait l’homme tombé sous la puissance de Satan. Un homme était là dans la synagogue avec un esprit de démon immonde. La présence de Christ n’empêchait pas celle de cet esprit, mais la puissance divine allait s’exercer en bonté pour délivrer celui qui était possédé du démon.
Les démons sont des anges déchus qui n’ont pas gardé leur origine, dont le chef est Satan, et qui sont réservés dans des liens éternels pour le jugement (Jude 6). Dieu n’a pas épargné les anges qui ont péché (2 Pierre 2:4), il n’y a pas de pardon pour eux et le feu éternel est préparé pour eux (Matt. 25). Aussi, si les démons croient, ils frissonnent aussi (Jacques 2:19). Ils connaissaient qui était Jésus, le Nazaréen, le Saint de Dieu et le Fils de Dieu. Mais le Seigneur ne voulait pas de leur témoignage sur la terre (v. 41). Plus tard « au nom de Jésus se ploiera tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux » (Phili. 2:9, 10), mais maintenant la présence, les paroles et les œuvres de Jésus étaient un témoignage suffisant à l’égard de l’homme. Mais il fallait plus que de l’étonnement devant la puissance et l’autorité de Jésus pour croire en Lui ; et aujourd’hui encore, la vraie conversion d’une âme qui vient à Jésus est le plus grand des miracles.
En sortant de la synagogue, Jésus entre dans la maison de Simon, qui serait l’apôtre Pierre, qui était marié et dont la belle-mère était malade, atteinte d’une ardente fièvre : une autre figure de l’homme naturel agité, sans repos, courant par toute la terre, et même au-delà. La paix en Jésus est le seul remède, et l’effet de la délivrance est de conduire le cœur à servir le Seigneur, dans le calme et la confiance.
Puis, comme le soleil se couche, Jésus guérit les infirmes et les malades qui lui sont amenés. C’était la puissance de bonté qui mettait de côté tous les effets du péché et de la domination de Satan. Le pardon gouvernemental était accordé — le pardon pour la paix de l’âme est présenté plus tard (Luc 7 : la femme pécheresse), selon la promesse du Ps. 103:3 : « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités ». En même temps, c’était en parfaite sympathie pour les hommes, qu’Il portait leurs misères sur Son cœur, et se chargeait des peines de leurs infirmités. C’est en les sentant qu’Il guérissait ces infirmités. Aussi, la même scène, rapportée en Matt. 8:16, 17, est-elle présentée comme l’accomplissement de la parole d’És. 53:4 : « Certainement, lui, a porté nos langueurs, et s’est chargé de nos douleurs ».
26-08-1969
Le Seigneur ne permettait pas aux démons et aux esprits immondes de rendre témoignage de Lui. Sa personne et Ses œuvres étaient un témoignage suffisant devant le monde, dans lequel Il était venu pour prêcher et annoncer le royaume de Dieu.
Toujours le Fils de Dieu dans le sein du Père, Christ était aussi le vrai Homme, recherchant la volonté de Son Dieu (parfait exemple pour nous) et le Serviteur en prière. Aussi, avant le jour, le Seigneur est présenté s’en allant en un lieu désert, seul avec Dieu ; et l’évangile de Marc nous le montre priant là. C’est aussi dans le secret que nous sommes exhortés à prier Dieu, pour éviter l’hypocrisie religieuse des pharisiens qui aimaient à prier en public.
Le Seigneur allait de ville en ville dans la Galilée pour prêcher et évangéliser c’est-à-dire annoncer la bonne nouvelle du royaume de Dieu Les hommes ne l’ont pas écouté ; aussi ces villes méritent-elles les sévères reproches et l’annonce des terribles jugements de Matthieu 11:21-23 : « Malheur à toi, Chorazin ! malheur à toi, Bethsaïda !… Et toi, Capernaüm ».
26-08-1969
La puissance de la bonté de Dieu se manifestait par les miracles que Jésus accomplissait, confirmant Son témoignage et délivrant de la puissance de Satan. Mais la puissance de Jésus mettait aussi les âmes en rapport avec Dieu : c’est l’objet du ch. 5. Le Seigneur sépare du monde ceux qu’Il appelle (v. 1-12), opère la purification des souillures en guérissant le lépreux (v. 13-16), et pardonne gouvernementalement les péchés en rétablissant le paralytique (v. 17-26). Mais si Jésus accomplissait lui-même l’œuvre de la grâce dont les caractères sont développés dans ce chapitre, Il désirait aussi, comme Homme, s’associer d’autres hommes pour l’accompagner dans cette œuvre glorieuse. Il appelle les disciples et en choisit ensuite 12 apôtres (6:12-16).
La foule qui se pressait autour du Seigneur, au bord du lac de Génésareth, avait de profonds besoins que le Seigneur sentait et auxquels Il voulait répondre. Nous appliquons-nous maintenant à faire comme notre Maître ? Mais, à ce moment, Il voulait parler à Simon Pierre. Pierre, était le frère d’André, tous deux de Bethsaïda de Galilée, comme Philippe (Jean 1 et Jean 12). André, et Pierre ensuite, avaient reconnu Jésus comme le Christ, mais n’étaient pas demeurés avec Lui, après la scène de Jean 1:40-43. Puis Pierre avait rencontré Christ dans sa maison, à travers les bénédictions qu’Il dispensait à sa belle-mère, en la guérissant et en la rendant propre à servir. Maintenant, Pierre est seul avec Jésus, éloigné un peu de la terre. Un miracle fait sentir à Pierre que Jésus disposait de tout et que l’homme était sans force (il avait travaillé toute la nuit et n’avait rien pris). Pierre, touché dans sa conscience et saisi de frayeur, confesse son état de péché ; mais la grâce de Jésus le relève et le rend propre à parler à d’autres, puis à quitter tout pour suivre Jésus qui devient, pour ceux qu’Il appelait, l’objet du cœur et des affections. Prophétiquement, cette parabole nous montre Jésus qui attirait, dans son filet, des âmes vers Lui ; mais le filet se rompait et les nacelles enfonçaient, car l’œuvre de Christ est liée aux instruments humains qu’Il daignait employer. Plus tard, par une seule prédication, la parole de Pierre sera le moyen de la conversion de 3000 âmes (Actes 2) ou 5000 hommes (Actes 4).
Le miracle rapporté en Luc 5 diffère de celui qui est présenté en Jean 21 qui touche, lui, d’une manière mystérieuse et symbolique à l’œuvre millénaire de Christ. Là, les filets ne se rompent pas, les nacelles ne s’enfoncent pas, et lorsque les disciples viennent avec les poissons qu’ils venaient de prendre, Jésus avait déjà du poisson mis sur la braise et du pain. Un résidu Juif sera préparé par Lui, sur la terre, à travers les tribulations de la fin, avant que la multitude, tirée de la mer des nations, ne soit rassemblée autour de Lui.
16-06-1970
Au milieu d’un peuple où tout était renversé — le monde dans lequel nous vivons est dans un désordre aussi complet — le Seigneur cherchait des hommes pour les attirer à Lui : Dans le premier paragraphe de ce ch. 5, Il avait appelé Simon Pierre, puis Jacques et Jean. Maintenant, Il appelle Lévi (appelé aussi Matthieu en Luc 6:15 et en Matt. 9:9).
Lévi était un publicain, classe de personnes méprisées et haïes des pharisiens, dont la présence parmi le peuple pour percevoir les impôts attestait l’assujettissement d’Israël aux Romains.
Le Seigneur pouvait seul et toujours dire : « Suis-moi », selon l’autorité qu’Il avait, et qui brillait, en puissance souveraine, dans sa simplicité.
Le véritable appel se mesure à ses effets. C’est le changement de position et l’introduction dans un ordre de choses nouveau, liés à une opération divine dans l’âme.
La certitude de l’appel est donnée par le Saint Esprit, qui produit aussi les fruits dans celui qui suit le Seigneur (l’appel est lié à la présence d’un seul Esprit dans le cercle intérieur de Éph. 4).
Lévi a tout quitté pour suivre Jésus. Si même nous ne sommes pas appelés à l’imiter à la lettre, l’état du cœur doit être le même : se renoncer à soi-même d’abord, porter sa croix et venir après Jésus pour être Son disciple (Luc 14:27), Lui, le Fils de l’homme qui n’avait pas où reposer Sa tête (Luc 9:58). D’autres n’ont pas obéi comme lui à l’appel du Seigneur, parce qu’ils voulaient ensevelir leur père, prendre congé de ceux qui étaient dans leur maison, ou regarder en arrière après avoir mis la main à la charrue (Luc 9:59-62).
En suivant Jésus, on peut le servir : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive » (Jean 12:26).
Pierre, pendant un moment de sa vie, a suivi Jésus de loin, puis lui a tourné le dos, tout sincère qu’il était dans ses affections. Après sa restauration, la dernière parole qu’il ait reçue du Seigneur était aussi : « Toi, suis-moi » (Jean 21:22).
L’appel du Seigneur peut aussi se répéter dans la vie d’un croyant si celui-ci s’est détourné et que le Seigneur parle à son âme.
Cet appel du Seigneur devrait marquer toute notre vie, en profonde ferveur pour Lui, mais de sens rassis pour l’accomplissement des devoirs de la vie.
Après avoir répondu, Lévi fait au Seigneur un grand festin dans sa maison, car il voulait l’honorer et rendre témoignage à Sa grâce. En Matt. 9 et Marc 2, le Seigneur nous est simplement présenté comme étant à table dans la maison. Il y avait des publicains et des pécheurs : quel que soit l’état extérieur des hommes, ils ont un égal besoin de la grâce qui apporte la paix et la vie.
23-06-1970
Le Seigneur était au milieu de Son peuple, dans la puissance de la grâce. Ne s’occupant pas des apparences — Sa présence les détruisait — Il rencontrait le monde tel qu’il était, présentant la grâce à tous. Le témoignage de cette grâce manifeste l’état des cœurs, celui des pharisiens (hommes religieux) ou des scribes (hommes sous la loi), tous deux murmurant contre les disciples, et méprisant profondément les publicains et les pécheurs. La propre justice des pharisiens et des scribes, jointe à l’orgueil, ne pouvait s’allier à la grâce qui était présentée à ceux qui se reconnaissaient pécheurs. Et pourtant, devant Dieu qui juge tout selon la nature, tous sont également malades et pécheurs.
Le Seigneur était en contact avec tous, ne pouvant toucher que des pécheurs. Il était à la fois le plus affable et le plus isolé des hommes, faisant rayonner autour de Lui la grâce et la vérité, toujours dans la dépendance et la communion de Son Père. À sa suite, le croyant peut accomplir un service utile, dans la mesure où la vie intérieure avec Christ est sauvegardée ; on peut alors s’occuper du mal, sans y tomber, mais pour le surmonter par le bien, bien que l’état du monde dans son ensemble ne soit pas changé, pas plus qu’il ne l’a été par la venue de Jésus.
Le Seigneur appelait donc des âmes, les invitant à la repentance.
En Matt. 9:13, Il leur dit, comme le prophète Osée 6:6 : « allez et apprenez ce que c’est que : « Je veux miséricorde et non pas sacrifice », pour leur montrer leur véritable état. Le travail de Dieu dans l’âme passe par la repentance. Toute l’expérience de Job se termine par ces mots : « Je me repens » (Job 42:6).
30-06-1970
La scène décrite dans les versets 30 et suivants, est donnée dans les trois évangiles synoptiques et nous montre les pharisiens et les scribes scandalisés de voir Jésus ou ses disciples manger avec les publicains et les pécheurs, et étonnés de ce que les disciples de Jésus ne jeûnaient pas comme les disciples de Jean et les pharisiens.
Le jeûne, souvent associé à la prière , est l’expression d’un état moral intérieur de jugement de soi-même, évidemment opposé à celui des pharisiens qui reflétaient fidèlement l’image de leurs pères mentionnés en És. 58 : cherchant leurs plaisirs, exigeant durement, contestant et querellant au jour de leurs jeûnes ; bien que les pharisiens aient paru jeûner, ils appartenaient à un monde qui se réjouirait lorsque le Seigneur quitterait les siens (Jean 16:20).
Les disciples de Jésus, par contre, avaient trouvé le Messie d’Israël, qui serait l’Époux de l’Église, et connaissaient maintenant la joie de Sa présence, avant d’être dans le deuil et de pleurer lorsqu’Il leur serait ôté (Marc 16 et Jean 16). Jean le Baptiseur aussi, l’ami de l’époux, goûtait une joie accomplie dans la présence de Jésus (Jean 3:29).
Les disciples de Jean appartenaient encore à la dispensation du judaïsme, usée par le péché, et sous laquelle Israël, par sa faute, était assujetti aux Gentils.
Le Seigneur montre alors, par deux paraboles, celles de l’habit et des outres, que le système légal des Juifs ne pouvait se mélanger à la grâce que Jésus apportait.
Le drap neuf ou l’habit neuf, c’était le christianisme, et le vieil habit, le judaïsme.
Le vin nouveau était la puissance vivifiante de la grâce, et les vieilles outres, le système des ordonnances légales. Il y avait donc là deux ordres de choses en présence, le nouveau apporté par Christ, et l’ancien, qui vieillissait et qui était près de disparaître (Héb. 8:13).
L’ancien comportait les formes dans lesquelles l’homme selon la chair cherchait sa religion ; le nouveau, c’était l’énergie de Dieu selon le Saint Esprit. Le Seigneur, qui pouvait appeler, guérir et pardonner, montre que le caractère nouveau de ce qu’Il révélait ne pouvait s’assujettir aux formes de l’ancien ordre de choses. Sinon l’habit neuf était gâté sans améliorer le vieil habit, et le vin nouveau se répandait en rompant les vieilles outres et tout était perdu.
La confusion de la loi et de la grâce a produit dans l’Église des formes et ordonnances qui ont amené sa ruine ; la loi n’a pas été gardée, et la grâce a simplement perdu sa force. Le salut est gratuit et fondé sur la justice de Dieu et pas celle de l’homme ; la grâce s’adresse à ceux qui se reconnaissent coupables et sans force ; elle délivre le pécheur et en fait un être nouveau ; néanmoins, le mouvement du cœur naturel, c’est de toujours revenir à l’ancien ordre de choses : « le vieux est meilleur » car l’homme n’accepte pas volontiers le nouveau principe de la grâce qui l’offense et l’humilie.
Les croyants aussi doivent se garder de tout esprit légal et du retour aux éléments du monde qui plaisent à la chair (Col. 2), ne rendant gloire qu’à Celui à qui elle est due : « Non point à nous, ô Éternel ! non point à nous, mais à ton nom donne gloire » (Ps. 115:1).
· Ch. 1 à 3 :
Au début de l’évangile selon Luc, Jésus est présenté au milieu du résidu, comme homme né du Saint Esprit, rempli du Saint Esprit ici bas, agréable à Dieu et objet de Son affection, Fils bien-aimé dans sa position de dépendance. Il est reconnu descendant du premier Adam, sans péché, et Fils de Dieu.
· Ch. 4:1-14 :
Homme vainqueur de Satan au désert, Il triomphe de toute tentation, remportant la victoire de l’obéissance par la Parole, en se confiant en Dieu et dans la puissance de l’Esprit Saint qui était sur Lui sans mesure.
· Ch. 4:14-30 :
Le Seigneur prend Sa place pour accomplir l’œuvre du second Adam. Il retourne en Galilée, dans la puissance de l’Esprit, pour y commencer Son ministère, réaliser l’accomplissement en grâce des promesses faites à Israël. Si le peuple n’en voulait pas, la grâce s’étendrait à d’autres, témoins les exemples de la veuve de Sarepta et de Naaman le Syrien.
· Ch. 4:31-44 :
Mais Jésus poursuivait Son œuvre, et Sa puissance triomphe de celle de l’ennemi : Il guérit, prêche le royaume, et annonce la bonté de Dieu aux pauvres.
· Ch. 5 :
Dans les trois premiers paragraphes du chapitre 5, la puissance du Seigneur met les hommes en rapport avec Dieu.
o premier paragraphe, v. 1-11 :
Le Seigneur veut s’associer d’autres hommes dans Son œuvre ; Il les retire du monde pour cela : Jacques, Jean et Pierre ; c’est la conversion de Simon Pierre.
o deuxième paragraphe, v. 12-15 :
Le Seigneur nettoie de la lèpre, signe du péché, mal incurable à moins d’une intervention directe de la part de Dieu : et Dieu était là en grâce, sans souillure, mais comme homme, touchant le lépreux pour le nettoyer.
La scène se place au milieu d’Israël, et l’autorité de la loi est maintenue : le lépreux devait offrir les deux oiseaux et recevoir l’onction d’huile (donnée aux lépreux, aux rois, et aux sacrificateurs seulement), et se montrer au sacrificateur pour que celui-ci constate l’intervention de Dieu.
o troisième paragraphe, v. 17-26 :
Si le Seigneur pouvait opérer le nettoiement des souillures, Il avait aussi le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés et de donner la force à celui qui en manquait. Il s’agit ici, comme au 4:40, du pardon gouvernemental annoncé par le Ps. 103 et Ex. 15:27, en contraste avec le pardon absolu touchant la paix et le salut de l’âme accordé à la femme pécheresse qui était chez Simon, le pharisien (ch. 7:47).
o quatrième paragraphe, v. 27-39 :
L’appel de Lévi et les paroles de Jésus montrent les caractères de la grâce et de la puissance divine. Mais ce qui était vieux, les formes et la religion de la chair, ne pouvait s’adapter et contenir l’énergie de Dieu selon le Saint Esprit.
11-08-1970
Dans les v. 20 à 49, le Seigneur s’adresse aux disciples, en distinguant de la masse du peuple un résidu par son attachement à Sa personne, ce résidu étant mis en relation avec Lui-même.
Plusieurs des paroles du Seigneur sont données aussi dans Matthieu, dans le discours sur la montagne ; mais en Matthieu le Seigneur s’adresse à tous pour exposer les caractères de ceux qui auraient part au royaume.
En Luc, nous trouvons d’une manière remarquable, le caractère de ceux qui sont bénis de Dieu, et le moyen qui leur est enseigné pour manifester les caractères de Dieu lui-même, dont ils sont les enfants.
Après les béatitudes des v. 20 à 27, sont donnés 4 malheurs pour ceux qui voulaient une part dans ce monde : or on ne peut avoir en même temps une part avec Christ dans le ciel. Le Seigneur s’adresse particulièrement aux riches, à ceux qui sont rassasiés, à ceux qui rient, et à ceux qui recherchent la faveur des hommes ; chacun de ces caractères étant en opposition avec celui de la fidélité du vrai croyant dans tous les temps. Rechercher l’estime des hommes, être sensible à la gloire qui vient de ceux-ci, est un piège pour les croyants, comme un déshonneur vis-à-vis de Dieu, car « ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu ».
Dans les v. 27 à 34, le Seigneur s’adresse de nouveau aux disciples, ceux qui écoutaient la Parole, et qui formaient la classe des bienheureux. Écouter la Parole, c’est, l’ayant entendue, la mettre en pratique et lui être soumis, c’est-à-dire obéir, car « écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers » (1 Samuel 15:22). C’est la condition préalable du service. De même que le Seigneur « a fait et enseigné » (Actes 1:1), nous sommes exhortés à « entendre et mettre en pratique » (Luc 6:47), puis à « pratiquer et enseigner » (Matt. 5:19). Au reste, les fruits — qui manifestent l’état du cœur — sont présentés avant le feuillage — la profession et le témoignage extérieurs.
Dans ces versets, le Seigneur, parfait modèle, présente les caractères de Dieu, le Père, dans la manifestation de Sa grâce en Christ. Nous sommes appelés à imiter ces caractères, comme étant ses enfants ; mais ceci suppose la nouvelle nature placée dans une sphère nouvelle où s’exerce la puissance du Saint Esprit, car toutes les exhortations données sont impossibles à réaliser par la chair : aimer ses ennemis, leur faire du bien, les bénir et prier pour eux. Dieu nous a aimés lorsque nous étions ennemis. Le Seigneur, après avoir guéri l’esclave du souverain sacrificateur qui était sorti avec la foule pour le prendre, a prié sur la croix pour ceux qui l’avaient suivi, livré et crucifié. Il intercédait pour les transgresseurs (És. 53:12 ; Luc 23:34). David, précieux type de Christ, ne s’est pas vengé de ceux qui, avec Saül, cherchaient sa vie ; Étienne, aussi, rempli du Saint Esprit, intercédait pour ceux qui le lapidaient.
Si l’on nous frappe et qu’on nous enlève ce qui nous appartient, il faut le supporter. Comment supporterons-nous d’être frappés ou même d’être insultés ? Le Seigneur « lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage » (1 Pierre 2:23), et a laissé les soldats romains, le dépouiller de ses vêtements et jeter le sort sur sa robe.
Les croyants Hébreux avaient accepté avec joie l’enlèvement de leurs biens.
Ces exhortations, simples et profondes, doivent nous sonder : toutes contraires à notre nature vindicative et orgueilleuse, elles ne se réalisent que par l’action de l’amour de Dieu, versé dans nos cœurs, qui les rend possible, mais aussi leur donne leur valeur aux yeux de Dieu (1 Cor. 13).
18-08-1970
Les v. 27 à 36 présentent les caractères de Dieu dans la manifestation de Sa grâce en Christ ; la conduite des disciples du Seigneur trouve son principe dans cette grâce, qui a sa source en Dieu le Père, et son modèle dans la vie de Jésus sur la terre.
Les v. 37 et 38 lient ces vérités au principe du gouvernement, et des récompenses de la part de Dieu, dans ses résultats présents ou futurs.
La source de tout bien est en Dieu qui est amour. Aussi l’apôtre exhorte-t-il les Éphésiens à marcher dans l’amour, et à être imitateurs de Dieu comme de biens-aimés enfants (Éph. 5:1), le modèle étant Christ, qui nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous.
Notre tendance est toujours d’agir envers les autres — croyants ou non — d’après ce qu’ils sont, ou d’après leur comportement à notre égard. Le v. 31 montre que l’esprit de l’évangile est opposé à cette conduite naturelle : « Comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même ». Et le passage correspondant de Matt. 7:12 ajoute : « car c’est là la loi et les prophètes ». Au reste, les deux premiers commandements de la loi touchaient l’amour envers Dieu, et l’amour envers son prochain, « l’amour donc est la somme de la loi » (Rom. 13:10 et Galates 5:14). La parabole du Bon samaritain montre la portée de cette vérité (Luc 10:29-37). Paul était prêt à dépenser et à se dépenser entièrement pour les Corinthiens, même s’il devait être moins aimé (2 Cor. 12:15). L’amour doit donc toujours être en exercice, bien qu’il se manifeste d’une manière adaptée à l’état de l’objet