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Étude biblique : 2 Corinthiens
Résumé-Notes d’études bibliques à Paris rédigé par Jean Muller.
Certaines parties de l’épître ne sont pas traitées (absence du rédacteur des notes)
Table des matières abrégée :
Table des matières détaillée :
25-02-1969
v. 1-2.
La deuxième épître a été écrite un an environ après la première — d’après le chapitre 9 —, lorsque l’apôtre Paul était en Macédoine. Il avait quitté la Troade où il travaillait pour l’évangile du Christ (2 Cor. 2:12), et était venu à la rencontre de Tite qui lui avait rapporté les nouvelles de l’heureux effet de la première épître sur l’état moral des Corinthiens. En même temps, l’apôtre était encore sous l’influence des consolations de Christ qu’il avait éprouvées lorsqu’il était dans la détresse en Asie et à Éphèse.
Les deux épîtres sont revêtues de l’autorité apostolique de Paul qui s’associe Sosthène dans la première et Timothée dans la deuxième.
Paul se présente comme :
· apôtre dans les deux épîtres aux Corinthiens, dans les épîtres aux Galates, aux Éphésiens, aux Colossiens et dans les deux épîtres à Timothée,
· esclave et apôtre dans les épîtres aux Romains et à Tite,
· esclave seulement, dans l’épître aux Philippiens,
· prisonnier de Jésus Christ dans l’épître à Philémon,
·
· dans les deux épîtres aux Thessaloniciens, l’apôtre se nomme sans aucune addition,
· et enfin l’épître aux Hébreux ne comporte aucune salutation et ne porte pas le nom de son auteur.
L’apôtre s’adresse à tous les saints de l’Achaïe et à l’assemblée de Corinthe, capitale de cette contrée. Il leur souhaite la grâce et la paix (la miséricorde n’est ajoutée qu’à l’adresse des individus).
v. 3
L’apôtre se place immédiatement dans la sphère des consolations divines qu’il avait éprouvées en bénissant le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation.
L’expression : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » se rencontre trois fois dans les épîtres :
· 1 Pierre 1:3 : l’apôtre bénit Dieu pour la régénération et la réception de la vie divine. Le chrétien n’a rien dans le monde : il a l’espérance d’un salut futur.
· Éphésiens 1:3 : le chrétien au contraire a tout en Christ dans le ciel.
· 2 Corinthiens 1:3 : enfin l’apôtre bénit Dieu pour les consolations dans son affliction, en tant qu’elles lui permettaient d’être le canal de la consolation et de la bénédiction pour les autres.
Les consolations éprouvées par l’apôtre étaient celles de Dieu (v. 4) et par le Christ (v. 5). Le Saint Esprit est aussi appelé le Consolateur en Jean 16:7 et les assemblées du début « croissaient par la consolation du Saint Esprit » (Actes 9:31).
« Or notre Seigneur Jésus Christ lui-même, et notre Dieu et Père, qui nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance par grâce, veuille consoler vos cœurs » (2 Thess. 2:16, 17).
La consolation, qui comprenait l’encouragement, est aussi produite par l’exercice de la prophétie dans l’assemblée (1 Cor. 14:3).
Les souffrances que l’apôtre endurait étaient celles du Christ ; c’était Le connaître Lui et la communion de ses souffrances (Phil. 3:10), à la différence de l’apôtre Pierre qui était « témoin des souffrances de Christ » (1 Pierre 5:1).
L’apôtre accomplissait dans la chair « ce qui reste encore à souffrir des afflictions du Christ pour son corps qui est l’assemblée » (Col. 1:24).
Les Corinthiens enduraient les mêmes souffrances, ils y avaient part (v. 6 et 7), de même qu’à la consolation. Ces souffrances montraient la réalité du christianisme des Corinthiens en dépit de leurs fautes ; l’apôtre était assuré que le mal serait jugé et que les Corinthiens jouiraient des consolations de Christ.
08-04-1969
L’apôtre n’avait pas frelaté la Parole de Dieu, comme certains docteurs judaïsants qui voulaient mêler la loi à l’évangile, et se recommandaient eux-mêmes.
Les Corinthiens, convertis par le moyen de l’apôtre, étaient la preuve vivante de son ministère et de sa doctrine ; maintenant que leur obéissance à la Parole de Dieu avait été manifestée, ils étaient la lettre de Christ, un témoignage public et bien connu.
Le début du chapitre présente donc l’usage et l’importance de la lettre de recommandation pour un croyant se rendant d’une assemblée de Dieu dans une autre, témoignage écrit signé par deux ou trois témoins (Deut. 19:15 et Jér. 32:10).
La lettre de Christ était écrite, par le moyen du ministère de l’apôtre qui était celui de la nouvelle alliance, sur les tables de chair du cœur des Corinthiens, en contraste avec le ministère de l’ancienne alliance qui avait donné lieu à des tables de pierre écrites du doigt de Dieu. Plus tard, la loi de Dieu sera écrite dans le cœur du résidu d’Israël lorsque la nouvelle alliance, celle de la grâce, aura remplacé l’ancienne, celle de la loi, selon la promesse de Jér. 31:31-34.
Paul ne se permettait pas de penser quelque chose par lui-même, mais il avait confiance par Christ envers Dieu, quant à son ministère, qu’il l’exerçait dans la puissance de l’Esprit.
Ce ministère de l’apôtre est présenté en contraste avec celui de la loi dans le chapitre 3, et en rapport avec les propres souffrances de l’apôtre et en rapport avec le vase dans le chapitre 4. La parenthèse des v. 7 à 16 développe ce contraste en prenant le touchant exemple de Moïse et en parlant du peuple Juif jusqu’à la fin. La fin du v. 6 « l’Esprit vivifie » se rattache à Christ (« le Seigneur est l’esprit », v. 17).
On remarque en passant que Dieu a conclu plusieurs alliances avec l’homme :
1) en Éden, avec Adam innocent, mentionnée en Osée 6 et Romains 5,
2) avec Noé et les hommes du monde actuel (Gen. 9),
3) avec Abraham, une alliance de promesse, assurée par l’œuvre de Christ,
4) l’alliance du Sinaï basée sur l’obéissance, ayant un caractère médiatorial après le veau d’or,
5) enfin la nouvelle alliance, fondée sur le sang de Christ.
Ces deux dernières sont considérées ici. L’alliance de Sinaï était un ministère de mort et de condamnation (v. 7 et 9), et la lettre tue (v. 6). La nouvelle alliance est un ministère de l’Esprit, qui vivifie (v. 6), c’est aussi un ministère de justice (v. 9). Le contraste est ainsi établi entre la lettre et l’Esprit — la mort et la vie — la condamnation et la justice.
Dans le paragraphe des v. 7 à 16, l’apôtre parle de la deuxième descente de Moïse de la montagne de Sinaï. La première fois, la peau du visage de Moïse ne rayonnait pas, et il brisa les tables de la loi en voyant le veau et les danses (Ex. 32:19). La deuxième fois, Dieu fit passer toute sa bonté devant Moïse, et son visage, à son insu, reflétait quelque chose de la gloire de Dieu. Mais Moïse, auparavant, était monté pour faire propitiation pour le peuple (Ex. 32:30), faible mais précieuse image de Christ, médiateur, qui a fait propitiation, puis est monté dans le ciel même, ayant obtenu une rédemption éternelle.
15-04-1969
Le paragraphe des v. 7 à 16 établit un parallèle et un contraste entre deux ministères :
· celui de l’ancienne alliance, la loi qui était un ministère de la lettre, de mort et de condamnation,
· celui de la nouvelle alliance, la grâce qui est le ministère de l’Esprit, de vie et de justice.
Tous deux ont été introduits avec gloire :
· le premier, une gloire partielle qui doit prendre fin, comme ce ministère lui-même,
· le deuxième, une gloire plus excellente qui l’emporte de beaucoup sur la première : ce qui demeure — c’est-à-dire l’objet de l’évangile qui est Christ, annoncé par le ministère de l’apôtre — ce qui subsiste en gloire.
Moïse, sur la montagne de Sinaï, avait demandé à Dieu de voir Sa gloire. Dieu avait répondu en faisant passer toute Sa bonté devant sa face, car l’homme ne pouvait voir Dieu et vivre (Ex. 33:19-23), bien que devant la tente d’assignation il ait été dit que « l’Éternel parlait à Moïse face à face, comme un homme parle avec son ami » (Ex. 33:11).
Lorsque Jésus est venu sur la terre, Sa gloire — comme d’un Fils unique de la part du Père — a été vue des Siens. « La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1:17).
Et c’est sur le pied de la grâce que les disciples, entrant dans la nuée sur la sainte montagne, ont pu voir Christ recevoir « de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique » (2 Pierre 1:17), et Moïse était là témoin de la gloire du royaume de Christ.
Mais la gloire du Seigneur n’est pleinement révélée que dans un Sauveur glorifié, l’homme Christ Jésus, assis dans le ciel, que les siens peuvent contempler par la foi.
La part du peuple d’Israël était tout autre : Moïse mettait un voile sur son visage afin que les fils d’Israël ne voient pas la gloire qui devait être cachée à ceux qui étaient sous la loi. Ce même voile demeure sur le cœur du peuple Juif d’aujourd’hui. C’est un endurcissement gouvernemental, à cause de la désobéissance du peuple décrite en Ésaïe 6:10 et rappelée par le Seigneur en Matthieu 13 : « Engraisse le cœur de ce peuple… bouche ses yeux », mais c’est « un endurcissement partiel » qualifié de mystère en Romains 11:25, qui prendra fin en Christ, lorsque le résidu repentant de la fin reconnaîtra son Messie, et « ils regarderont vers moi, celui qu’ils auront percé » (Zach. 12:10). C’est alors que s’accomplira la prophétie d’Ésaïe 29:18 : « Et en ce jour là les sourds entendront les paroles du livre, et les yeux des aveugles, délivrés de l’obscurité et des ténèbres verront ».
Le siècle de la loi — à la consommation du siècle — fera place ainsi à celui de la grâce (le siècle à venir ou millénium) pour le peuple terrestre de Dieu.
La part présente des chrétiens, est au contraire d’user d’une grande liberté. Leur ministère est celui de l’Esprit qui vivifie, et le Seigneur est l’Esprit. Leur ministère est aussi celui de la justice, une justice justifiante, la justice de Dieu « révélée sur le principe de la foi pour la foi » (Rom. 1:17), par laquelle règne la grâce. Par opposition aux fils d’Israël placés sous l’esclavage de la loi — comme les enfants de Agar, esclave d’Abraham — les chrétiens sont maintenant libres, enfants de la femme libre (Gal. 4:31), placés par Christ dans la liberté en étant affranchis. C’est dans cette glorieuse liberté des enfants de Dieu que nous pouvons contempler à face découverte la gloire du Seigneur. La contemplation de Jésus dans la gloire opère une transformation pratique progressive en la même image que Christ lui-même, par la puissance de l’Esprit qui nous permet de réaliser les choses excellentes et d’en jouir : c’est ainsi que se réalise le progrès dans la vie chrétienne : les saints individuellement et l’assemblée deviennent davantage comme la lettre de Christ.
22-04-1969
Dans le chapitre 3, l’apôtre avait présenté son ministère, celui de la nouvelle alliance, en contraste avec celui de la loi pour le peuple Juif. Ce ministère (ou : service) est maintenant présenté en relation avec les nations (« toute conscience d’homme devant Dieu »), mais aussi relativement aux propres souffrances de l’apôtre et au vase qui contenait le trésor que Dieu lui avait confié.
Au reste, le ministère ou service chrétien forme un des grands sujets de l’épître, présenté dans le chapitre 4 en rapport avec l’apôtre.
Paul était un objet de la miséricorde divine — « miséricorde m’a été faite » (1 Tim. 1:12) — et le Seigneur l’ayant estimé fidèle, l’avait établi dans le service, et lui avait confié « l’évangile de la gloire du Dieu bienheureux ». Il désirait user de hardiesse en Lui, comme il devait parler (Éph. 6:20), et il ne se lassait pas.
Sa marche était dans la lumière, il renonçait aux choses honteuses faites en secret (la corruption du monde, mais surtout les intrigues, les calculs et les ruses qui caractérisaient les faux docteurs judaïsants occupés à un travail clandestin).
L’apôtre présentait ainsi la doctrine dans toute sa pureté, et ne cachait rien de la gloire de Dieu manifestée dans la face de Christ. Il manifestait ainsi la vérité, à l’image du Seigneur Jésus : qui était Lui-même la vérité (Jean 14:6), qui l’apportait dans le monde, (car la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ, Jean 1:17), et qui avait fait à la fin de Sa vie la belle confession devant Ponce Pilate : « Moi, je suis né pour ceci, et c’est pour ceci que je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité » (Jean 18:37).
La manifestation de la vérité dans le ministère de l’apôtre le recommandait lui-même à toute conscience d’homme devant Dieu. C’est la réponse à la question du début du chapitre 3 : « Commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes ? » D’autres choses aussi recommandaient l’apôtre comme serviteur de Dieu : la grande patience, les tribulations… toute cette liste d’exercices moraux, d’épreuves et d’états d’âme donnée au chapitre 6.
À la différence de Moïse qui voilait sa face devant les fils d’Israël, l’apôtre ne voilait rien de l’évangile de la gloire du Christ devant les nations : « des nations vers lesquelles moi je t’envoie pour ouvrir leurs yeux, pour qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir de Satan à Dieu » (Actes 26:17). Mais Satan, le dieu de ce siècle, appelé ailleurs chef du monde (Jean 14:30) aveugle les pensées des incrédules : l’évangile est voilé pour eux et ne resplendit pas pour eux. La bonne odeur de Christ pour Dieu que l’apôtre apportait, était pour ceux qui périssent, une odeur de mort pour la mort (2 Cor. 2:16). Satan peut aussi aveugler les chrétiens s’ils ne sont pas vigilants, et, s’il ne peut rien contre le salut de leurs âmes, il cherche ainsi à leur faire perdre le salut de la course.
L’évangile est présenté ici comme celui de la gloire de Christ qui resplendit comme la lumière. Jésus ici-bas était la lumière du monde (Jean 8:12 et 9:5), et Christ dans la gloire est la source de la lumière : la gloire de Dieu illumine la cité céleste d’Apocalypse 21, et l’Agneau est sa lampe. Il est pour les Siens maintenant l’étoile brillante du matin, avant d’être le soleil de justice pour le monde.
29-04-1969
L’évangile de la grâce est appelé ici l’évangile de la gloire du Christ qui est l’image de Dieu. Il s’agit de la période de la grâce et de la dispensation chrétienne, plutôt que de l’évangile éternel mentionné en Apocalypse 14:6. Ce dernier est appelé éternel en contraste avec d’autres bonnes nouvelles d’ordre temporaire, telles que certaines promesses faites aux Juifs. L’évangile éternel touche à la pleine réalisation des promesses divines dans le Fils de l’homme par la rédemption, en rapport avec le royaume. Christ, semence de la femme, selon la promesse de Genèse 3:15, brisera la tête du serpent en établissant Son royaume, prenant en main son grand pouvoir et agissant comme roi : l’évangile de la grâce annonce, en contraste, la mort et la résurrection de Christ : un Christ qui est l’image de Dieu.
Adam a été créé par Dieu, à son image, et à sa ressemblance (Gen. 1:26). L’homme, dans la première création, est ainsi l’image et la gloire de Dieu (1 Cor. 11:7).
Christ est l’image de Dieu (2 Cor. 4:4), l’image du Dieu invisible (Col. 1:15). Il n’est pas l’image du Père, mais Il révèle le Père et conduit au Père : « Celui qui m’a vu, a vu le Père » (Jean 14:9).
Dans la nouvelle création, les croyants seront « conformes à l’image de son Fils » (Rom. 8:29), et « le nouvel homme… est renouvelé en connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé » (Col. 3:10).
Nous ne connaissons Dieu qu’en Christ, non par une analyse ou un effort de notre esprit mais par une opération divine.
L’apôtre avait vu la gloire du Christ sur le chemin de Damas et la lumière avait resplendi du fond des ténèbres de son âme. Il rendait témoignage de ce qu’il avait reçu, mais ce témoignage était intercepté, pour plusieurs, par Satan, le dieu de ce siècle : ainsi l’évangile était, et demeure encore voilé, pour ceux qui périssent.
Dans le ministère qu’il accomplissait, l’apôtre ne se présentait pas comme un docteur ou comme se prêchant lui-même. Il prêchait la seigneurie de Christ et se présentait comme l’esclave des Corinthiens et de ceux à qui il s’adressait, pour l’amour de Jésus ; le serviteur s’effaçait devant le maître, comme Jean le Baptiseur.
Le v. 6 nous rappelle les gloires de Dieu dans la création, et celles plus grandes dans la rédemption.
Dieu a appelé la lumière dans la création par une seule parole : « Que la lumière soit. Et la lumière fut » (Gen. 1:3). Par la rédemption, le travail de Dieu en grâce souveraine fait luire la lumière dans un cœur plein de ténèbres. Mais pour que cette opération intérieure puisse maintenant se réaliser dans les croyants, il a fallu l’œuvre de Christ et son sang versé.
Dieu fait luire ainsi la connaissance de sa gloire dans la face de Christ. L’évangile ne se borne donc pas à l’œuvre de la croix. — Satan essaie même d’arrêter les âmes avant la croix et tout est perdu. — Il conduit le croyant à contempler un Christ glorifié, resplendissant de la gloire de Dieu ; et cette gloire est constituée de l’ensemble de toutes les perfections divines.
La révélation de la gloire de Dieu en Christ est néanmoins déposée dans des vases de terre ; le paragraphe des v. 7 à 18 nous montre, comment, en prenant l’exemple de l’apôtre, la puissance était celle de Dieu et non pas celle du vase. En même temps, un état moral intérieur en rapport avec la lumière divine était constamment produit ; il ne peut y avoir aucune communion entre la lumière et les ténèbres (2 Cor. 6:14) ; et l’homme naturel, qui depuis Adam cherche à s’élever et à se glorifier lui-même disparaît. Dieu nous donne un objet dans lequel Il se manifeste lui-même, et c’est en Christ que nous est présentée la nature que nous avons à imiter, au milieu des circonstances que nous traversons.
06-05-1969
L’apôtre avait reçu le ministère de la nouvelle alliance, dont il développe les caractères en opposition à celui de l’ancienne au chapitre 3, et en rapport avec les nations au chapitre 4. Il en vient maintenant à parler de lui-même, non pas pour se glorifier, mais pour présenter ce vase préparé et gardé par Dieu pour y déposer le trésor de la révélation de la gloire de Dieu en Christ.
Dans les v. 7 à 9 nous avons les circonstances personnelles de l’apôtre, au v. 10 la réalisation morale dans le cœur de l’apôtre, par la foi, du principe divin que la puissance du ministère n’était pas de l’homme, faible instrument — et c’est une leçon que tous les chrétiens ont à apprendre toute leur vie. Enfin au v. 11 c’est l’opération divine dans l’apôtre pour concourir au même but.
On trouve donc à la fois la possession du trésor dans le vase, et l’effet du trésor sur le vase.
Le serviteur était comparé à un vase de terre — d’argile : non seulement un vase qui est dans la main du potier (comme autrefois Israël était dans la main de l’Éternel en Jérémie 18), mais aussi un vase que Dieu brisait pour manifester Sa puissance, à l’image de Gédéon et de ses compagnons qui devaient briser leurs cruches vides pour manifester la lumière des torches qu’elles contenaient (Juges 7:16). Moïse aussi a été formé à cette école pendant 40 ans au désert de Madian.
La faiblesse du vase était évidente :
· dans la tribulation de toute manière,
· dans la perplexité (donc sans moyen de sortir de la tribulation),
· persécuté,
· abattu.
Mais néanmoins l’homme :
· n’était pas réduit à l’étroit, car Dieu était avec lui,
· n’était pas sans ressources, car Dieu était son secours dans les détresses,
· il n’était pas abandonné, car le Père était avec lui,
· et n’était pas détruit non plus, car Dieu le gardait.
Dieu est tout. La Parole est de Dieu, comme le trésor et la puissance.
Mais si Paul avait été brisé sur le chemin de Damas, il contribuait lui-même maintenant au maintien de ce brisement, en portant toujours partout dans le corps la mort ou le mourir de Jésus. La mort de Jésus, c’est le caractère moral de Christ s’offrant lui-même à Dieu en obéissance parfaite. Pour l’apôtre c’était la réalisation pratique, dans l’homme intérieur, de la vérité présentée de manière absolue en Col. 3:3 : « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » et de l’appel à la responsabilité de tous les chrétiens : « tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6:11).
En même temps, Dieu lui-même lui faisait réaliser ces choses par les circonstances : « toujours livrés à la mort pour l’amour de Jésus » (2 Cor. 4:11), « je meurs chaque jour » (1 Cor. 15:31) — c'est-à-dire ce qui était de l’homme, et de sa vie naturelle, disparaissait pour que la vie de Christ se déploie en lui. L’apôtre était rendu conforme à la mort de Christ (Phil. 3:10), avant que le Seigneur transforme « le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3:21).
L’apôtre était un serviteur en vue, possédant beaucoup de dons, peut-être tous, auquel un service incomparable avait été confié, et Dieu veillait sur son cher serviteur pour qu’il ne soit pas emporté, notamment par l’orgueil (cf. 2 Cor. 12) ; appelé par Dieu, il était aussi gardé par Dieu et par Sa grâce.
13-05-1969
Nous sommes revenus sur les v. 10 et 11 si importants : « portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus, afin que la vie aussi de Jésus soit manifestée dans notre corps ».
L’apôtre donne l’exemple — en rapport ici plutôt avec son ministère, mais valable pour notre vie à tous — de la mortification de nos membres qui sont sur la terre, par la grâce et dans la conscience de cette grâce. Des moines sincères ont bien essayé de réaliser par la chair cette mortification de la chair ; le résultat n’en est qu’une profonde misère spirituelle, car pour mortifier il faut la vie et réaliser qu’on est mort avec et en Celui qui est mort pour nous.
C’est à Guilgal — le lieu de la mortification de notre propre chair — qu’on goûte la communion avec la mort de Jésus. En même temps, on ne reste pas dans le Jourdain — le fleuve de la mort — mais on se tient dans le pays pour que l’âme se nourrisse d’un Christ céleste et que Sa vie soit manifestée dans notre corps : c’est alors qu’on réalise la vie des saints sur la terre. Mais c’est là aussi que se trouve le secret de la force : aussi l’apôtre pouvait-il dire : « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil. 4:13).
Si l’apôtre connaissait cette mort vis-à-vis de l’homme intérieur (« portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus »), il la connaissait aussi quant aux circonstances extérieures (« toujours livrés à la mort pour l’amour de Jésus ») et Dieu permettait de telles circonstances. C’était la communion des souffrances de Christ, qui le rendait conforme à Sa mort (Phil. 3:10, 11). Il encourageait Timothée à faire de même et à prendre « sa part des souffrances » et d’« endurer les souffrances » (2 Tim. 2:3 et 4:5). Nos circonstances sont en apparence plus faciles. Mais la couronne de vie est promise non seulement à ceux qui sont fidèles jusqu’à la mort (Smyrne, Apocalypse 2:10), mais aussi à ceux qui le sont dans leur vie chrétienne (Jacques 1:12) et qui sont fidèles dans l’épreuve.
L’apôtre traversait toutes ces choses pour les Corinthiens, « la mort opère en nous, mais la vie en vous » (v. 12). Son ministère était béni parce qu’il réalisait la mort pour lui-même et il endurait toutes choses — des souffrances jusqu’à être lié de chaînes comme un malfaiteur — pour l’amour des élus (2 Tim. 2:10).
Dans une mesure infiniment plus élevée encore, la mort de Jésus a opéré la vie dans les siens. Le grain de blé devait tomber en terre et y mourir pour porter beaucoup de fruit. Toutefois, dans cet état, il est resté seul, car seul il pouvait souffrir pour le péché.
Paul était moralement semblable à Christ dans ses souffrances pour la justice, et la grâce de Christ passait par le cœur de Paul pour atteindre le cœur des autres, en dépit de la faiblesse manifeste du vase. L’esprit de foi qui était en Paul lui permettait de se servir des paroles de l’Esprit de Christ dans les Psaumes : « j’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé » (Ps. 116:10) ; alors il parlait de Christ, pour apporter Christ, seule réponse à tous les besoins de l’âme.
20-05-1969
L’Esprit de foi qui était en Paul lui permettait de se servir des paroles de l’Esprit de Christ dans les Psaumes : « J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ». L’apôtre croyait : « Je sais qui j’ai cru (c’est-à-dire Christ) » (2 Tim. 1:12), aussi n’avait-il pas de honte et il parlait de Christ.
Pierre et Jean, devant les Juifs de Jérusalem, « ne pouvaient pas ne pas parler des choses qu’ils avaient vues et entendues » (Actes 4:20).
Étienne, le premier martyr chrétien, a parlé devant ceux qui allaient le mettre à mort, à l’image du Seigneur Jésus, — le témoin fidèle et véritable (Apocalypse 1:5 et 3:14) — qui a fait la belle confession en rendant témoignage à la vérité.
Paul était « un vase d’élection pour porter le nom du Seigneur devant les nations, et les rois et les fils d’Israël » (Actes 9:15) ; et le message du Seigneur à Paul par Ananias, rapporté enActes 22:14, 15, à l’occasion du discours de Paul aux Juifs de Jérusalem était : « Le Dieu de nos pères t’a choisi d’avance pour connaître sa volonté, et pour voir le Juste, et entendre une voix de sa bouche ; car tu lui seras témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues ».
L’apôtre a rempli cette mission avec beaucoup de fidélité, bien qu’au travers de grandes souffrances. Il parlait de l’abondance du cœur, étreint par l’amour du Christ, sa vie et sa marche étant à la hauteur de ce qu’il disait.
L’enseignement de notre Dieu Sauveur était ainsi orné en toutes choses (Tite 2:10) par l’apôtre.
Dieu avait permis que l’apôtre soit délié de tous les liens ordinaires de la vie : loin de faire de lui-même son propre centre dans une telle solitude, il s’oubliait lui-même pour ne penser qu’aux autres. Paul sentait tout et même lorsque son cœur était blessé, il ne manifestait ni amertume ni esprit de vengeance ; à tous égards, il servait les saints, pour eux-mêmes et non pas pour lui. Quel était son secret ?: il tirait sa force de Christ, sa foi était trempée dans la connaissance personnelle de Lui, et il parlait de Quelqu’un qu’il avait appris à connaître comme Libérateur et comme Sauveur : c’est encore de nos jours le secret de tout ministère et de toute vie chrétienne bénie.
Nos devanciers ont imité l’apôtre dans une mesure précieuse. Le Seigneur a fait Son travail avec des serviteurs sans ressource, mais remplis de l’Esprit. Le témoignage philadelphien n’a pas recouvré la puissance extérieure du début, mais a été caractérisé néanmoins par une grande puissance intérieure morale.
L’apôtre parle ensuite de la résurrection. « Celui qui a ressuscité le seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi avec Jésus, et nous présentera avec vous » (v. 14). C’est la confiance et la foi au-delà de la mort qui donne de la fermeté aux témoins de Dieu. Nous sommes liés à un Christ vainqueur de la mort, ressuscité par la gloire du Père, et nous avons la promesse de la résurrection — une meilleure résurrection pour les saints de l’Ancien Testament selon Hébreux 11 — C’est pourquoi, l’apôtre, pour le temps présent, ne se lassait point.
27-05-1969
Toutes choses étaient pour les Corinthiens, comme elles étaient toutes à eux (monde, vie, mort, choses présentes et choses à venir) (1 Corinthiens 3:22, 23).
L’apôtre était prêt à affronter la mort même pour communiquer la vérité aux Corinthiens. La grâce, par le canal du ministère de l’apôtre, produisait en eux des actions de grâce ; de même au premier chapitre, le don de grâce accordé au serviteur en réponse aux supplications des Corinthiens, produisait des actions de grâce chez plusieurs d’entre eux. Ces actions de grâce étaient à la gloire de Dieu. L’évangile de la gloire du Christ ou du Dieu bienheureux produit à la fin des résultats à la gloire de Dieu. C’est l’effet de tout service fidèle, qui s’applique à chercher, non la gloire l’un de l’autre, mais la gloire qui vient de Dieu seul (Jean 5:44).
C’est pourquoi l’apôtre ne se lassait point, son homme extérieur dépérissait : c’était son corps naturel qui supportait une grande affliction, quoique passagère. Toutefois son homme intérieur était renouvelé de jour en jour : c’était le nouvel homme, c’est-à-dire Christ lui-même dans l’apôtre, qui était ainsi « renouvelé en connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé » (Col. 3:10).
La promesse d’Ésaïe 40:31 s’accomplissait ainsi : « ceux qui s’attendent à l’Éternel renouvelleront leur force », de même qu’autrefois Moïse et Caleb à travers le désert renouvelaient leurs forces, et David dans le désert de Juda réalisait que son âme était « rassasiée comme de moelle et de graisse » (Ps. 63:5) ; la nouvelle nature trouve alors ses propres délices en Dieu.
Moïse « tint ferme, comme voyant celui qui est invisible » (Héb. 11:27). L’apôtre qui avait vu Christ dans la gloire, fixait les yeux sur Jésus et les choses qui ne se voient pas. D’autres passages nous décrivent les afflictions et les tribulations qu’il traversait : « Nous avions en nous-mêmes, la sentence de mort » (2 Cor. 1:9), « dans les travaux surabondamment, sous les coups excessivement, dans les prisons surabondamment, dans les morts souvent… dans les périls… dans la faim, et la soif, dans les jeûnes souvent, dans le froid et la nudité » (2 Cor. 11:23-27). L’apôtre apprenait ainsi à réaliser la communion des souffrances du Christ, ne s’attendrissant pas sur son propre sort. Ces « choses exceptionnelles » n’étaient pour lui qu’une légère tribulation d’un moment, par opposition au poids éternel de gloire qui était opéré en mesure surabondante pour lui. On remarquera le contraste entre les expressions employées par la Parole : légère et poids, tribulation et gloire, d’un moment et éternel.
Dans la gloire, il y aura plein accord entre la condition extérieure et l’état intérieur des croyants. Maintenant la puissance et la gloire de Dieu se déploient dans le néant de l’homme. L’apôtre montre l’exemple de quelqu’un qui fixait les yeux sur les choses invisibles bien que réelles, alors que les choses visibles ne sont que l’apparence (« Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence », Ps. 39:6) et appartiennent à un monde dont la figure passe.
Pour cela il faut la foi — y joindre la vertu —, que les yeux de notre cœur soient éclairés (Éph. 1:18), et il faut être fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur (Éph. 3:16).
Le but est de tendre vers l’état des pères, de ceux qui connaissent Celui qui est dès le commencement.
03-06-1969
Les chapitres précédents ont présenté le sujet du ministère et du vase préparé pour celui-ci, et se terminent par le poids éternel de gloire, opéré en mesure surabondante pour l’apôtre.
Le chapitre 5 présente le dessein de Dieu quant au serviteur, et la gloire de Dieu par nous, vérités liées à notre responsabilité : le tribunal de Christ est donc introduit, puis l’amour du Christ qui étreignait l’apôtre. Le fondement de ces choses, c’est l’évangile de la mort de Christ, plus que celui de la gloire du Christ ou du Dieu bienheureux, bien que tous deux soient l’évangile de la grâce, basé sur les deux faits essentiels de l’incarnation et de la mort de Christ.
Les expressions rencontrées au début de ce chapitre : la maison terrestre, la tente, un édifice, une maison, un domicile sont toutes relatives au corps.
La maison terrestre peut être détruite pour un croyant : c’est le corps qui retourne à la poussière, selon les lois du gouvernement de Dieu suite à l’entrée du péché dans le monde ; mais pour le croyant ce qui est de beaucoup meilleur, c’est déloger et être avec Christ.
La mort n’est pas notre espérance ; celle-ci est plutôt la possession effective de la vie dans un corps glorifié semblable à Christ dans le ciel.
Ce domicile de la part de Dieu est non seulement le corps individuel glorifié du croyant, mais l’ensemble de la nouvelle condition de la création de Dieu dont Christ est le commencement.
Paul, par la grâce, attendait le retour du Seigneur, et en même temps il envisageait la mort (qu’il voyait de près dans ses circonstances) comme lui permettant d’être avec Christ. Dans la tente il n’était pas chez lui, son home c’était le ciel, un domicile qu’il désirait avec ardeur avoir revêtu.
Aux Romains il pouvait dire : « nous soupirons en nous-mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps » (Rom. 8:23) ; ce n’était pas par insatisfaction ou par manque de certitude dans son acceptation devant Dieu qu’il soupirait, mais c’était en pensant au ciel, qui était près de lui, et à Christ qui y habitait, car pour Paul, le corps était une entrave et la nature humaine terrestre, un fardeau.
Dans une moindre mesure, et dans le cadre des dispensations précédentes, plusieurs saints de l’Ancien Testament avaient fait de semblables expériences au milieu de leurs épreuves : Job pouvait dire : « Je verrai Dieu, moi, pour moi-même » (Job 19:27) ; le Psalmiste au Psaume 84:2, « Mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l’Éternel ».
Paul désirait donc avoir revêtu son domicile qui est du ciel, mais c’est du côté de la conscience que le sujet est présenté ici à notre attention ; aussi ajoute-t-il : « si toutefois, même en étant vêtus, nous ne sommes pas trouvés nus ». Ce passage s’applique essentiellement aux chrétiens, mais sa portée s’étend aussi à tous les hommes, comme du reste la manifestation devant le tribunal de Christ (v. 10). La nudité, c’est la condition d’Adam pécheur, avant que Dieu le revête de vêtements de peau. Devant le grand trône blanc, tous seront nus, quoique dans leur corps (c’est la résurrection des injustes) ; ils ne sont pas revêtus de Christ, et pour eux ce qui est mortel n’est pas absorbé par la vie, c’est au contraire la seconde mort.
Un chrétien pourra, s’il a négligé la grâce et le témoignage de l’Esprit, ne pas avoir porté les fruits qu’il aurait du produire. Son œuvre sur la terre sera détruite par le feu, et il sera lui-même sauvé comme à travers le feu.
Car la grâce d’une part, et la responsabilité et le gouvernement d’autre part, restent toujours distincts au point de vue des conseils de Dieu ; nous sommes sauvés par la grâce, mais du point de vue de son gouvernement, le salut de notre course est une conséquence de la marche.
10-06-1969
L’apôtre était chargé et gémissait dans cette enveloppe passagère qu’était son corps. Il ne désirait pas être dépouillé, mais plutôt être revêtu afin que ce qui était mortel en lui fût absorbé par la vie. C’est en un Christ glorifié (que Paul contemplait par la foi) qu’était cette puissance de vie qui pouvait opérer cela pour l’apôtre, sans même qu’il fût nécessaire de passer par la mort.
Dieu formait l’apôtre, et les chrétiens aussi, à cela même, car « nous sommes son ouvrage » (Éph. 2:10) ; et pour que nous puissions jouir de cette espérance avant d’être effectivement glorifiés, Dieu nous a donné les arrhes de l’Esprit.
Tout vrai croyant, ayant cru à l’évangile, est scellé du Saint Esprit de la promesse, qui est les arrhes de notre héritage (Éph. 1:13). C’est aussi l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts : Dieu a ressuscité Christ ; et si Son Esprit demeure en nous, Il ressuscitera nos corps mortels aussi : c’est la délivrance finale.
L’Esprit qui nous fait savoir que nous sommes enfants et héritiers de la gloire, nous fait aussi comprendre la misère de la première création déchue, à laquelle nos corps nous lient encore. Aussi, comme Paul, nous sommes formés à attendre la délivrance, la rédemption de notre corps (Rom. 8:11 et 23).
L’effet de ces choses, c’est de nous remplir de confiance dans cette alternative présentée devant les chrétiens :
1) Être présents dans le corps et absents du Seigneur : c’est notre vie ici-bas où nous sommes appelés à marcher par la foi, non par la vue, dans les choses excellentes qui ne se voient pas.
2) Être absents du corps, mais présents avec le Seigneur : c’est l’état de l’âme séparée du corps, une chose que l’apôtre préférait pour lui-même, car pour lui « déloger, et être avec Christ cela était de beaucoup meilleur » (Phil. 1:23).
L’apôtre était pressé des deux côtés et ne savait pas ce qu’il devait choisir (Phil. 1:22), mais il s’appliquait toujours à être agréable au Seigneur : c’est un état qui résume de manière très belle la vie chrétienne : nous appliquer avec ardeur à lui être agréable — soit que nous soyons trouvés absents de notre corps, — soit que nous soyons présents dans ce corps, lorsque Jésus viendra pour nous prendre à Lui (v. 9).
On remarque que le v. 8, « absents du corps, présents avec le Seigneur », est l’un des 4 passages de l’Écriture qui parlent de l’état de l’âme des croyants après la mort, dans cet état intermédiaire qui sépare le délogement des saints et le retour du Seigneur qui leur donnera des corps glorifiés. Ce n’est donc pas la gloire, mais la bénédiction d’être avec Christ lui-même, la source d’une joie ineffable. Ces 4 passages sont :
· Luc 23:43 : la promesse du Seigneur au brigand : « aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».
· Actes 7:59 : Étienne priant : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ».
· Philippiens 1:23 : « déloger et d’être avec Christ, car cela est de beaucoup meilleur ».
· 2 Corinthiens 5:8 : « absents du corps et être présents avec le Seigneur ».
D’autres passages établissent en outre l’immortalité de l’âme pour les hommes :
· Luc 20:38 : « Or il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour lui tous vivent ».
· Luc 16 : la parabole de Lazare et du riche : Lazare, après sa mort, « est porté par les anges dans le sein d’Abraham », le riche est, en hadès et dans les tourments.
09-09-1969
« Si nous sommes hors de nous-mêmes, c’est pour Dieu ; si nous sommes de sens rassis, c’est pour vous ».
L’apôtre en révélant des vérités divines, présente en même temps leurs effets pratiques sur son âme. Dans cet état intérieur, subjectif, l’Esprit nous présente deux moyens pour sortir de nous-mêmes, car l’apôtre était, soit absorbé en Dieu, soit occupé exclusivement des autres : il marchait ainsi constamment dans la puissance des choses qu’il enseignait.
Lorsqu’il était hors de lui-même, c’était pour Dieu : son esprit était libre de s’élever au-dessus du service journalier pour s’occuper de ce qu’il était en Christ : il était absorbé en Dieu et ainsi enlevé hors de lui-même, mais non pas sous l’influence d’une excitation produite par des pensées humaines. Sous sa forme la plus élevée, cette relation avec Dieu était une extase : Pierre en a connu une, à l’occasion de son ministère vis-à-vis de Corneille ; l’apôtre Paul, aussi, en Actes 22, avant sa captivité ; d’une manière moins exceptionnelle, une communion profonde avec Dieu, des rapports entretenus et continus avec Lui, élèvent le croyant au-dessus de lui-même.
S’il était de sens rassis, c’était pour les autres : le deuxième côté de la vérité touche aux rapports avec les autres — les saints en particulier. Il fallait faire face aux difficultés qui se présentaient, et, moralement, redescendre sur la scène d’ici-bas, pour juger avec sobriété et bon sens des choses qui étaient devant lui. Dieu, dans son amour, travaillait par lui et l’apôtre s’oubliait absolument lui-même pour ne penser qu’aux autres car l’amour du Christ l’étreignait.
On remarquera l’ordre moral invariable dans lequel les deux vérités sont présentées.
Les rapports vrais avec Dieu et la communion avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ, précédent toute activité extérieure et tout service.
Au reste, la Parole et l’Esprit agissent toujours dans le croyant et le serviteur, avant d’agir par son moyen.
Vivre d’abord, en-haut, avec le Seigneur, est le secret pour accomplir un service fidèle et béni à l’image du Maître, qui était venu pour servir et non pour être servi (Matthieu 20:28 et Marc 10:45), et qui était ici-bas au milieu des siens comme celui qui sert (Luc 22:27).
Gardé de l’égoïsme ou de l’exaltation de l’homme, le serviteur peut alors s’occuper des autres sans découragement ou fatigue, les sentiments les plus élevés s’associant en lui à une attention des détails qui n’oublie pas les réalités de la vie dans la première création. On ne cherche pas à acquérir de l’ascendant sur les autres, à dominer sur ses frères ou à les obliger pour les rendre redevables vis-à-vis de soi-même.
Un serviteur appelé et formé par son Maître, rend compte à Lui seul de son service et ne se place pas entre Christ et les âmes. Le motif du service c’est l’amour pour Christ, et l’amour pour les âmes, dans la pensée du tribunal du Christ et de la frayeur du Seigneur.
Paul réalisait ces choses à un très haut degré : à Festus qui prétendait qu’il était hors de sens, il pouvait répondre qu’il prononçait des paroles de vérité et de sens rassis.
Nous pouvons, dans notre faible mesure, nous aider les uns les autres, en priant les uns pour les autres et en encourageant à rechercher la communion avec le Seigneur — hors de nous-mêmes pour Dieu — pour servir le Seigneur et les saints fidèlement et avec intelligence spirituelle — de sens rassis pour les autres.
16-09-1969
Aux v. 14 et 15, l’apôtre présente les fondements du ministère qu’il exerçait devant le monde, le service de la prédication de l’évangile. C’était, non pas son amour pour Christ, mais l’amour du Christ qui étreignait l’apôtre. Ses relations avec Dieu imprimaient leur caractère sur sa marche et formaient la base de son service vis-à-vis des autres, car Paul vivait pratiquement comme mort et ressuscité avec Christ.
Si Christ était mort pour tous — c’est-à-dire que la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ est envers tous, tous ceux qui croient (Rom. 3:22) — c’était la preuve que tous les hommes, sans exception, sont morts, ou étaient morts, par nature, car les conséquences de la faute d’Adam furent envers tous les hommes en condamnation (Rom. 5:18).
Mais, grâces à Dieu, la justice de Dieu est sur tous ceux qui croient, appelés ici ceux qui vivent, car ils ont la vie divine, qui est Jésus lui-même.
La mort de Jésus a donc proclamé que tous les hommes étaient irrémédiablement perdus ; la période où l’homme a été mis à l’épreuve est terminée à la croix. Mais la vie de Jésus, et sa résurrection, ont commencé un nouvel ordre de choses, une nouvelle création dont Christ est le commencement et le chef.
Ceux qui vivent par Lui et en Lui doivent vivre aussi pour Lui ; les croyants appartiennent à Christ et doivent vivre, non pas pour eux-mêmes — l’égoïsme naturel est touché ici à la racine —, ni avant tout pour leur travail ou leur service. Mais nous vivons d’un Christ ressuscité, dans la gloire. Pour ce qui touche des relations avec le monde d’ici-bas, Christ est mort : le peuple a crucifié son Messie, et le monde a perdu son Sauveur. Christ selon la chair, c’était l’homme de douleurs, dont le visage était défait plus que celui d’aucun homme. Si le Seigneur conserve les marques de ses souffrances, néanmoins nous ne Le connaissons pas ainsi selon la chair. Christ, autrefois Messie vivant sur la terre, vase des promesses terrestres faites à des hommes vivant ici-bas, prend maintenant un caractère nouveau, entièrement céleste. Jérusalem, la ville bien-aimée, n’est plus maintenant le centre du monde ; nos espérances et notre héritage sont maintenant célestes. Par la grâce de Dieu, nous sommes conservés pour Son royaume céleste. Pierre, qui avait vu le Seigneur en témoin oculaire, peut dire : « Jésus Christ, lequel, quoique vous ne l’ayez pas vu, vous aimez ; et, croyant en lui, quoique maintenant vous ne le voyiez pas, vous vous réjouissez d’une joie ineffable et glorieuse » (1 Pierre 1:8).
Le Seigneur parle à Thomas de la béatitude de « ceux qui n’ont point vu et qui ont cru » (Jean 20:29).
23-09-1969
L’évangile comprend, non seulement la justification, le pardon et le salut de l’âme, mais aussi les vérités (moins souvent enseignées et réalisées) touchant l’introduction des croyants (appelés « ceux qui sont en Christ ») dans une nouvelle création, dont Christ est la source et le chef, en tant que premier-né d’entre les morts (Col. 1:18).
La première création est la scène où se meut l’homme responsable, assujetti aux choses vieilles, ou lié à l’ancienne alliance qui vieillissait et qui était près de disparaître.
Dans la nouvelle création, tout est de Dieu, et toutes choses sont faites nouvelles. C’est la sphère où sont appelés à vivre ceux qui sont en Christ. Le Seigneur dit à ses disciples en Jean 14:20 : « En ce jour-là, vous connaîtrez que moi je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous » : L’expression « les croyants en Christ » nous parle de notre position devant Dieu ; l’expression « Christ dans les croyants » nous parle de notre responsabilité actuelle de témoignage devant le monde.
« Christ est tout et en tous » (Col. 3:11) : tout comme objet, en tous comme puissance de vie.
L’apôtre, qui s’appelle lui-même « un homme en Christ » au chapitre 12, s’adresse aux Galates : « Vous êtes un dans le Christ Jésus… vous êtes de Christ » (3:28).
Jésus étant mort pour nos péchés, ressuscité pour notre justification, entré dans le ciel comme notre précurseur, nous sommes maintenant en Lui, ressuscités, assis dans les lieux célestes, glorifiés, bénis de toute bénédiction spirituelle.
La part du croyant dans la nouvelle création touche à la fois aux relations avec le Père et à la position en Christ devant Dieu. Nous sommes adoptés comme de bien-aimés enfants, l’Esprit rendant témoignage que Dieu est notre Père : c’est une nouvelle relation.
Nous sommes en Christ devant Dieu, agréables dans le Bien-aimé : c’est une position nouvelle.
Si notre état pratique correspond à ces choses, nous jouissons dès maintenant des privilèges de la nouvelle création, sans négliger les responsabilités qui se rattachent à la première, et nos devoirs liés aux relations courantes de la vie.
Nous puisons dans la nouvelle création les ressources répondant aux besoins de la nouvelle nature, les joies célestes qui sont le secret de notre force, la consolation qui porte nos regards vers le moment où les premières choses sont passées.
Collectivement, nous sommes nés de nouveau en Christ, et l’Assemblée possède ce qui demeure et qui subsistera en gloire (2 Cor. 3:8).
Si l’Assemblée a été infidèle, et que le témoignage responsable a manqué, Christ demeure le commencement de la création de Dieu, — chef sur toutes choses — et le témoin fidèle de cette création.
30-09-1969
Dans la nouvelle création, toutes choses sont faites nouvelles, et toutes sont de Dieu. L’œuvre parfaite de Dieu se déploie envers les rachetés, qu’Il a vivifiés ensemble avec le Christ, ressuscités ensemble, et fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Tout est de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui-même par Jésus Christ. Nous étions pécheurs, morts dans nos fautes et ennemis, et maintenant « nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » (Rom. 5:10).
Cette œuvre de la réconciliation est présentée ici dans ses conséquences présentes pour les croyants. Elle s’étendra aussi à la création et portera des effets universels, car en Christ, en qui toute la plénitude de la déité habite corporellement, toutes choses seront réconciliées avec elle-même (c’est-à-dire la plénitude) ; puis elle est offerte à tous les hommes, aussi Dieu avait-il confié à l’apôtre un ministère de réconciliation ; chaque croyant l’a reçu aussi, dans sa mesure et selon sa propre responsabilité.
Ce ministère était lié à la vérité que Dieu était en Christ : c’est ainsi que Dieu, qui avait vu autrefois l’affliction de son peuple qui était en Égypte, et était descendu, s’est approché maintenant de nous. En même temps, il fallait que Christ fût fait péché pour nous, œuvre parfaite de propitiation, sacrifice qui ôte le péché et base d’une nouvelle relation entre Dieu et l’homme fondée sur la grâce, et rendue efficace pour tous les croyants par l’action du Saint Esprit en eux.
La pensée de Dieu s’approchant de l’homme en grâce, présentée ici en rapport avec le ministère de l’apôtre, est liée à trois vérités :
1) Dieu était en Christ,
2) réconciliant le monde avec lui-même, et ne leur imputant pas leurs fautes,
3) mettant dans l’apôtre la parole de la réconciliation.
1) Non seulement Dieu était avec Christ comme homme (Actes 10:39), mais Dieu était en Christ : l’image du Dieu invisible, le Fils manifestant le Père, la Parole faite chair, qui venait parmi les siens qui ne l’ont pas voulu, dans un monde qui l’a rejeté. Aussi à la fin de Sa vie le Seigneur a dû dire : « Père juste ; — et le monde ne t’a pas connu », et plus encore : « ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père » (Jean 17:25 et 15:24).
2) Dieu, en Christ, a réconcilié le monde avec Lui-même et n’impute pas les fautes aux croyants qui sont en Christ : Dieu nous a pardonné toutes nos fautes, ayant effacé l’obligation qui était contre nous (Col. 2:14) ; Dieu, en Christ, nous a pardonné (Éph. 4:32).
3) Comme troisième résultat de l’incarnation — le mystère de la piété — l’apôtre prenait le caractère d’un ambassadeur pour Christ. Durant Son ministère sur la terre, le Seigneur avait accompli ce service et maintenant, le Maître étant absent, le service de la réconciliation était confié aux siens.
Les motifs qui poussaient l’apôtre à accomplir fidèlement ce service étaient :
· qu’il était manifesté à Dieu (v. 11),
· qu’il fallait que tous les hommes soient manifestés devant le tribunal de Christ et de Dieu (v. 10)
· l’amour du Christ qui l’étreignait (v. 14).
07-10-1969
La réconciliation est un mot d’une très grande portée : c’est la restauration sur un pied nouveau des relations de l’homme avec Dieu ; Dieu est révélé dans tout ce qu’il est, et l’homme est placé devant Lui selon cette révélation, toutes choses étant mises en ordre.
Dieu, par la mort de son Fils, réconcilie avec lui-même des créatures coupables et souillées, qui étaient des ennemis. Christ est venu, en grâce et non pas comme juge, « afin que le monde fût sauvé par lui », mais le ministère et le service de Jésus sur la terre ne pouvaient, à eux seuls, opérer l’œuvre de la réconciliation : il fallait l’œuvre de la rédemption, dans laquelle la propitiation constitue la base de la réconciliation. En Ésaïe 49 le Seigneur peut dire prophétiquement quant à son service qu’il a travaillé pour le néant et en vain ; mais en Ésaïe 53, lorsque Sa mort et Son sacrifice sont présentés, les résultats éternels de Son œuvre sont déployés. Toute la déité (les trois personnes divines) était engagée dans cette œuvre merveilleuse de la rédemption par laquelle toutes choses sont réconciliées avec la plénitude :
Les choses qui sont sur la terre : la création, sans être coupable, est maintenant souillée ; elle sera affranchie de la servitude de la corruption pendant la période millénaire dans l’accomplissement de la promesse de Daniel 9:24 : « faire propitiation pour l’iniquité, et introduire la justice des siècles ».
Les choses qui sont dans les cieux : les lieux célestes, dans lesquels sont actuellement Satan et la puissance spirituelle de méchanceté, seront purifiés selon la vertu du sang de Christ : il était nécessaire que les choses célestes elles-mêmes fussent purifiées par de meilleurs sacrifices (Héb. 9:23). Une image de ces choses nous est donnée par l’aspersion du sang sur le propitiatoire en faisant propitiation pour le lieu saint lors du grand jour des expiations (Lév. 16).
Mais les croyants, par nature coupables et souillés, sont maintenant réconciliés dans le corps de la chair de Christ, par sa mort (Col. 1:21), et deviennent des ambassadeurs pour Christ durant son absence pour prêcher la réconciliation. Dieu exhorte par le moyen des serviteurs qui supplient pour Christ ; Dieu lui-même ne supplie pas, car même quand il fait grâce Il ne se départit jamais de sa majesté souveraine.
Mais avant que Dieu pût faire grâce au pécheur et agir dans l’homme pour l’amener à Jésus pour son salut, il fallait que la question préalable de l’offense du péché soit réglée à la satisfaction de la gloire de Dieu. Aussi l’œuvre de Christ est-elle présentée ici de cette manière : « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous » ; c’est le péché dans sa nature, selon l’état qui produit des fruits qui sont les péchés. Le Seigneur a porté en son corps sur le bois les péchés des croyants.
Mais si Christ a été fait péché, c’est afin que nous devinssions justice de Dieu en Lui, expression qui a beaucoup embarrassé les croyants d’autrefois, surtout à la réformation. La justice de Dieu, est pour Lui, d’agir conformément aux droits immuables de Sa nature qui est amour et lumière.
Dieu, ayant été parfaitement glorifié en Christ et par Son œuvre, a ressuscité Jésus et l’a fait asseoir à Sa droite en le glorifiant. Selon cette même justice de Son Être, Dieu associe à Christ ceux qui croient en Lui : aussi la justice de Dieu se voit-elle maintenant dans les saints : Dieu donc est juste, et Il justifie celui qui est de la foi de Jésus (Rom. 3:26) ; Dieu le Père est juste (Jean 17:25), mais Jésus aussi est appelé le juste (le saint et le juste que les Juifs avaient renié) ; notre avocat devant le Père est Jésus Christ le Juste (1 Jean 2:1) ; « Si nous confessons nos péchés, il (Dieu) est fidèle et juste pour nous pardonner et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9).
14-10-1969
L’apôtre avait parlé des principes et de l’origine de son ministère. C’était le ministère de la justice et de l’Esprit (en contraste avec celui de la première alliance) — fondé sur un Christ glorifié, contemplé à face découverte (ch. 3), mais s’accomplissant au milieu de beaucoup de souffrances (ch. 4) — ayant sa source en Dieu lui-même, ce ministère prenant vis-à-vis du monde la forme du service de la réconciliation, l’apôtre exhortant les hommes (5:20).
Maintenant, poursuivant cette œuvre, il exhorte les nations et les Corinthiens en particulier, à n’avoir pas reçu la grâce de Dieu en vain ; puis, il rappelle la manière et l’esprit selon lesquels il avait exercé son propre ministère au travers des circonstances variées qu’il avait rencontrées.
Recevoir la grâce de Dieu en vain, c’est perdre tout le bénéfice de cette grâce. Une âme qui a reçu la grâce de Dieu en vain n’est pas régénérée ; c’est l’état de nudité du ch. 5:3.
En Hébreux 6:4-6, des hommes ont goûté la bonne parole de Dieu, et s’ils abandonnent le christianisme, il n’y a plus de salut pour eux, ainsi que l’enseigne la parabole du semeur ; il faut non seulement entendre la Parole, mais la recevoir et la croire.
Pour les vrais croyants, cette expression constitue aussi une solennelle exhortation à ne pas être sans fruit pour le Seigneur dans ce monde.
Paul cite ensuite la parole d’Ésaïe, s’adressant au Messie rejeté par les Juifs, devenant la lumière et le salut des nations et la source de la bénédiction pour les Gentils : « Ainsi dit l’Éternel : Au temps agréé je t’ai exaucé, et en un jour de salut je t’ai secouru » (Ésaïe 49:8). L’apôtre appliquait cette vérité aux Corinthiens qui étaient tirés d’entre les nations. Pour eux, comme pour nous, c’est maintenant « le temps agréable et le jour du salut » : c’est la période de la grâce.
Mais Paul, quant à lui, n’avait pas reçu la grâce de Dieu en vain : « sa grâce envers moi n’a pas été vaine » (1 Cor. 15:10). Il était ministre de Dieu et représentait Dieu dans son service. Il fallait d’abord qu’il soit en toutes choses sans reproche, afin d’orner l’enseignement de notre Dieu Sauveur ; ensuite, il devait maintenir les caractères pratiques d’un vrai service selon Dieu à travers toutes les difficultés. Et c’est en cela que se manifestait la puissance pratique des remarquables vérités exposées au chapitre précédent.
Paul, un vieillard, exhortait le jeune homme Timothée, cosignataire de la lettre aux Corinthiens, d’être « le modèle des fidèles, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Tim. 4:12). Il exhortait aussi Tite, son véritable enfant dans la foi, à se montrer « en toutes choses un modèle de bonnes œuvres » (Tite 2:7).
L’apôtre, vase de la révélation des pensées divines et des plus hautes manifestations de la grâce, veillait avant tout sur lui-même — mortifiant son corps et l’asservissant (1 Cor. 9:27) — attentif à écarter de sa conduite toute occasion de mériter un reproche ou de donner un scandale en quoi que ce fut afin que le service ne soit pas blâmé.
L’exhortation de ne donner scandale en rien (c’est-à-dire ne rien faire qui puisse être une occasion de chute) est donnée à la fois à des chrétiens et à une assemblée de Dieu.
C’était la préoccupation constante d’un chrétien fidèle et spirituel comme Paul qui réalisait en même temps à un très haut degré, sa position en Christ dans les lieux célestes. Pour nous, cette exhortation d’apparence élémentaire, est fondamentale à la fois dans notre marche individuelle et dans le témoignage collectif.
Nous devons veiller sur nos voies, sur nos paroles (le langage du monde n’est pas celui des chrétiens), sur notre attitude pour ne pas faire broncher nos frères ou éloigner des âmes encore inconverties. L’amour chrétien va plus loin encore. Selon l’enseignement de Romains 14 et 1 Corinthiens 8, nous devons aussi nous abstenir des choses qui n’étant pas mauvaises en elles-mêmes, pourraient être une occasion de chute pour notre frère, celui pour qui Christ est mort.
21-10-1969
Paul maintenait son caractère de ministre de Dieu, ainsi que l’exercice du service qui s’y rattachait, à travers toutes les circonstances, jalonnées par l’opposition des hommes et les ruses de Satan. Appelé et envoyé par Dieu, l’apôtre prouvait par son comportement l’authenticité de son appel, en représentant dignement Dieu lui-même au milieu de la persécution, de la contradiction et des circonstances exceptionnelles.
Les développements remarquables des v. 4 à 10 nous montrent successivement :
· [A] La patience de l’apôtre (v. 4),
· [B] 9 circonstances exceptionnelles qu’il rencontrait ou avait rencontré (v. 4 et 5),
· [C] 9 motifs ou ressources qui dirigeaient ou aidaient l’apôtre dans l’exercice de son ministère (v. 6 et 7),
· [D] 9 doubles caractères distinctifs présentés sous forme de contrastes, entre l’apparence extérieure et la réalité intérieure, marquant sa vie et son service (v. 8, 9 et 10).
[A] Paul ne se recommandait pas par des paroles — « ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, mais celui que le Seigneur recommande » (2 Cor. 10:18) — mais avant toutes choses par une grande patience. Au ch. 12:12 l’apôtre dira : « les signes d’un apôtre ont été opérés au milieu de vous avec toute patience ».
La patience n’est pas une vertu naturelle — au reste on peut penser que Paul, d’après ses paroles à Ananias dans le sanhédrin (Actes 23), ne possédait guère ce caractère dans son homme naturel.
La patience est un caractère de Dieu lui-même — « le Dieu de patience et de consolation » (Rom. 15:5). Pour les croyants la patience est liée à la souffrance (la tribulation produit la patience : Rom. 5:3) et aussi à la joie (« toute patience et constance, avec joie » : Col.1:11) et à l’espérance (« patience d’espérance » : 1 Thes. 1:3) dans l’attente du retour du Seigneur (Jacques 5:7).
Ici, la patience est présentée en rapport avec le service, comme une vertu brillante, montrant l’énergie intérieure du nouvel homme, dans le sentiment de la dépendance de Dieu et la réalisation de sa présence.
[B] L’apôtre pouvait ainsi dominer les circonstances qu’il traversait tout en étant gardé humble et abaissé. Mais ces circonstances sont ensuite présentées dans leurs caractères variés :
· [Ba] D’abord les nécessités, les tribulations et les détresses,
· [Bb] ensuite les coups, les prisons et les troubles,
· [Bc] enfin les travaux, les veilles et les jeûnes.