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Encouragements et Exhortations — Série B
Paul Fuzier
Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
Table des matières abrégée :
1 Centenaire du périodique Messager Évangélique
2 Encouragements à la crainte de Dieu
3 Les trois enseignements principaux de Jacques 5
4 Si quelqu’un... dans Jean (besoin de communion)
5 Contre le laisser-aller et le laisser-faire (le fils de Jéroboam, 1 Rois 14)
7 Que votre cœur ne soit pas troublé — Jean 14:1 et 27
9 J’envoie un ange devant toi. Exode 23:20
Table des matières détaillée :
1 Centenaire du périodique Messager Évangélique
1.1 Anniversaire et venue du Seigneur
1.2 Eben-Ezer, L’Éternel nous a secourus jusqu’ici
1.3 Déclin. Niveau de la piété
1.4.3 Développement d’activité ?
1.4.4 « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit », Zach 4:6
1.4.6 Quand la puissance du Seigneur peut se déployer
2 Encouragements à la crainte de Dieu
2.1 Pas de crainte de Dieu naturellement. Besoin de nouvelle naissance
2.2 La crainte de Dieu générée par le pardon
2.3 En quoi consiste la crainte de Dieu
2.4 Crainte de Dieu au début des Actes, puis déclin
2.5 Crainte de Dieu dans le Résidu fidèle
2.5.1 Psaume 33:12-22. L’œil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent
2.5.2 Psaume 103:13-18. Bonté et compassion de l’Éternel envers ceux qui Le craignent
2.5.3 Psaume 145:18-19 et 25:14. Promesse d’exaucement et communications intimes
2.6 Ecclésiaste 8:11-13. La crainte de Dieu n’est pas vaine malgré les progrès du mal
2.7 Psaume 147:11. Pour le plaisir de l’Éternel
3 Les trois enseignements principaux de Jacques 5
3.1 Mise en garde au sujet des richesses
3.2.2 Exemple des prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur
3.4 Maladie et ressources — Jacques 5:14-16
4 Si quelqu’un... dans Jean (besoin de communion)
4.1 Besoin de communion avc le Seigneur
4.2 Si quelqu’un n’est né de nouveau — Jean 3:3, 5
4.3 Si quelqu’un ne demeure pas en moi — Jean 15:6
4.4 Si quelqu’un mange de ce pain — Jean 6:51
4.5 Si quelqu’un a soif — Jean 7:37
4.6 Si quelqu’un me sert — Jean 12:26
4.7 Si quelqu’un m’aime — Jean 14:23
5 Contre le laisser-aller et le laisser-faire (le fils de Jéroboam, 1 Rois 14)
5.2 Fidèle au milieu de l’infidélité
5.3 Se garder du laisser-aller
6.1 Besoin général de la grâce de Dieu
6.2 1 Pierre 1:2 et 2 Pierre 2:2
6.3 Jude 4. Danger de changer la grâce de Dieu en dissolution
6.4 La grâce selon Tite 2:11-13
6.5 Jean 1:17. La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ
6.6 2 Timothée 2:1. Se fortifier dans la grâce qui est dans le Christ Jésus
6.7 2 Cor. 12:9. Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité
6.8 Actes 20:32. Recommandés à Dieu et à la parole de sa grâce
6.9 1 Pierre 5:12. La vraie grâce de Dieu dans laquelle nous sommes
6.10 2 Pierre 3:18. Croissez dans la grâce
7 Que votre cœur ne soit pas troublé — Jean 14:1 et 27
7.2 Jean 14:27 — Le Consolateur
8.4 1 Thessaloniciens 5:23, 24
9 J’envoie un ange devant toi. Exode 23:20
9.1 Le peuple d’Israël sous la grâce
9.2 Le peuple se croit capable de plaire à Dieu. Le don de la loi
9.3 Miséricorde de Dieu qui envoie Son Ange devant le peuple
9.5 Besoin permanent de secours à cause de la faiblesse
9.6 Prendre garde à marcher d’une manière digne du Seigneur
9.6.1 Écouter. Ne pas provoquer le Seigneur
ME 1960 p. 3
Titre original : 1860-1960
« Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit ».
« Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d’amour, et de conseil ».
(Zacharie 4:6 — 2 Timothée 1:7).
1860 a vu paraître le premier numéro du Messager évangélique. Les serviteurs de Dieu qui entreprenaient ce service n’avaient certainement pas la pensée qu’il devrait être poursuivi pendant cent ans et au delà : ils attendaient le Seigneur et vivaient dans cette attente. Si même nous ne réalisons guère l’attente patiente de Sa venue qui a marqué d’un cachet particulier les jours du Réveil et ceux qui ont immédiatement suivi, nous savons pourtant que le Seigneur vient et que « maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru : la nuit est fort avancée, et le jour s’est approché » (Rom. 13:11, 12), aussi ce service est-il continué — en comptant pour cela sur la grâce du Seigneur et les prières des saints — avec la confiance que ce n’est que pour très-peu de temps, « car encore très-peu de temps, et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Hébr. 10:37). Puissions-nous être au nombre de ces bienheureux « que le maître, quand il viendra, trouvera veillant » et « faisant ainsi » (Luc 12:37 et 42, 43).
Si nous pouvons diriger nos yeux en avant et nous réjouir à la pensée que le Seigneur vient, tout en ne perdant pas de vue le caractère solennel de son apparition, il y a cependant quelque profit à tirer des expériences du chemin : arrivé au terme de sa carrière, l’apôtre exhorte Timothée, l’adjure même, le plaçant devant Celui dont il présente l’apparition, et, d’autre part, il met devant lui, pour son instruction et son encouragement, tout à la fois ce qu’il a éprouvé dans le chemin parcouru et ce qui lui est assuré comme part glorieuse « dans ce jour-là » à lui, Paul et « à tous ceux qui aiment son apparition » (2 Tim. 4:1 et 7, 8).
Regardant en arrière, comment ne pas rendre grâces à Dieu pour sa patience, son long support, comme aussi pour tout ce qu’Il a voulu dispenser si richement en vue de répondre aux besoins des siens ? Avec reconnaissance, nous dressons nous aussi notre Eben-Ezer, exaltant la grandeur et la grâce de Celui qui « nous a secourus jusqu’ici » (1 Sam. 7:12). Avec adoration, nous redisons : « Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! A lui soit la gloire éternellement ! Amen » (Rom. 11:36).
Mais si de son côté rien n’a manqué, qu’en a-t-il été du nôtre ? Nous avons sans aucun doute bien des motifs d’humiliation si nous considérons et l’état de la chrétienté et celui du témoignage aujourd’hui, nous souvenant que nous faisons partie de l’une aussi bien que de l’autre. Le chemin a été marqué d’un affaiblissement continu ; ce qui est plus grave c’est que, d’une manière générale, nous n’en avons guère conscience et, si même nous le sentons quelque peu, nous n’avons pas toujours le sain discernement des causes de ce déclin, de sorte que nous sommes en danger d’appliquer de mauvais remèdes dont l’effet n’est pas de guérir mais d’aggraver le mal. Mesurons-nous, par exemple, à quel point le niveau de la piété individuelle a baissé et en comprenons-nous le pourquoi ? Avons-nous assez le sentiment de la perte que nous faisons dans le rassemblement parce que notre vie intérieure est trop peu nourrie de Christ ? Certes, la grâce de Dieu demeure — qu’en serait-il de nous sans cela ? — mais c’est le côté de notre responsabilité qu’il convient de considérer ici et nous avons besoin de le faire afin d’être réveillés dans nos cœurs et dans nos consciences.
En raison même de cet indéniable relâchement dans les différents exercices de la vie chrétienne, la puissance spirituelle, dans une large mesure, a manqué. Trop de choses attristent le Saint Esprit et constituent une entrave à son activité en nous et dans l’assemblée. Ne l’avons-nous pas éprouvé ? Et peut-être la génération qui nous suit — parmi laquelle nous sommes heureux de trouver tant de cœurs qui aiment le Seigneur, désirent être fidèles et ne se satisfont ni de formes ni de routine — a-t-elle senti ce manque de puissance plus encore que nous-mêmes.
Où est le remède ?
Serait-il dans l’abandon d’une position de témoignage, le cœur se tournant vers ce qui a meilleure apparence ? Peut-être certains l’ont-ils pensé et d’autres seraient-ils portés à le croire. Mais ce serait dire que la position n’est pas selon Dieu parce que nous avons nous-mêmes, et à tant d’égards, failli à notre responsabilité ! Un tel raisonnement ne résiste pas à l’examen. Rendons grâces à Dieu, au contraire, de nous avoir fait connaître les vérités si précieuses concernant le témoignage confié à l’Assemblée et demandons-Lui de nous aider à les vivre.
N’en est-il pas qui estiment que le véritable remède est dans l’élargissement du chemin ? C’est une grave erreur. La Parole nous adresse, à ce sujet, une injonction : « Ne recule pas la borne ancienne que tes pères ont faite » et un sérieux avertissement : « Qui renverse une clôture, un serpent le mord » (Prov. 22:28. — Eccl. 10:8). Reculer la borne, renverser la clôture, c’est méconnaître et rejeter ce que Dieu a disposé pour notre bénédiction et notre sécurité ; bien loin de trouver là quelque puissance spirituelle, nous nous exposerions en le faisant à la puissance de l’ennemi, à la morsure du serpent — expérience déjà faite par nos premiers parents dans le jardin d’Éden et dont les conséquences sont encore sous nos yeux.
Le remède serait-il alors, comme on le croit parfois avec sincérité, dans le déploiement d’une intense activité en dehors de la vie propre de l’assemblée et de laquelle, assure-t-on, l’assemblée n’aurait pas à s’occuper ? Une activité extérieure peut sans aucun doute avoir sa place et être utile si elle est accomplie dans la dépendance du Seigneur, l’obéissance à la Parole et la communion des frères. Mais nous nous tromperions si nous pensions que, exercée dans des conditions différentes, elle pourra apporter, par ses répercussions, plus de vie et de puissance spirituelle dans le rassemblement. Elle ne peut être fructueuse que dans la mesure où elle demeure étroitement liée à la vie de l’assemblée. — Il est bien clair que chacun est personnellement responsable devant Dieu du service qui lui incombe — la Parole nous l’enseigne dans des passages comme Matt. 25:14 à 30, Marc 13:34, Luc 19:11 à 27, Rom. 14:12, 2 Cor. 5:10, cités parmi beaucoup d’autres, et il est toujours très sérieux de chercher à s’ingérer dans l’œuvre d’autrui. Mais ce n’est là qu’un des aspects de cette question. Il en est un autre tout aussi important : les services doivent être remplis sans jamais perdre de vue qu’il y a « diversité de services, et le même Seigneur » (1 Cor. 12:5). « Nous qui sommes plusieurs, sommes un seul corps en Christ, et chacun individuellement membres l’un de l’autre » (Rom. 12:5 — voir tout le passage, v. 1 à 8). C’est donc en vue de l’édification du corps que nous devons toujours œuvrer, ce qui implique l’interdépendance des membres entre eux et, par conséquent, la recherche de la communion fraternelle dans l’accomplissement de tout service pour le Seigneur. C’est tout l’opposé du « chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » qui caractérise le temps des Juges (Juges 17:6, 21, 25). Que dire d’une activité qui serait exercée dans cet esprit d’indépendance et qui aurait pour résultat de troubler la communion dans l’assemblée ? Déployée peut-être avec beaucoup de zèle et le désir de donner quelque puissance nouvelle au témoignage, elle n’aboutirait en pratique qu’à son affaiblissement.
« Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit... » (Zach 4:6) C’est à la source qu’il faut revenir. Il n’y a pas d’autre remède.
Si la puissance spirituelle nous fait défaut dans le témoignage individuel et dans le témoignage collectif, demandons tout d’abord au Seigneur de nous en faire discerner les véritables causes. « Ce que je ne vois pas, montre-le moi ; si j’ai commis l’iniquité, je ne le referai pas », que telle soit aussi notre prière comme Elihu aurait désiré que ce fût celle de Job (Job 34:32). « Recherchons nos voies, et scrutons-les, et retournons jusqu’à l’Éternel. Élevons nos cœurs avec nos mains vers Dieu dans les cieux » (Lam. de Jér. 3:40, 41). Qu’un attachement réel à notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ nous conduise à rejeter « tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si aisément » (Hébr. 12:1) et à vivre ici-bas dans une vraie séparation pour Lui, nourris de la Parole de Dieu, « fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur » (Éph. 3:16), jouissant d’une paisible communion avec le Seigneur et les uns avec les autres, communion qui ne peut être goûtée en dehors du chemin de l’obéissance.
Que Dieu nous garde de tout découragement comme aussi de l’emploi de tant de moyens, à l’apparence séduisante mais qui ne peuvent nous conduire au résultat que nous désirons tous ! Il y a des ressources dans nos maisons, dans l’assemblée et elles sont suffisantes si nous savons les utiliser avec crainte et dans la dépendance du Seigneur. La femme veuve de 2 Rois 4 se croyait dans l’incapacité de faire face à la situation dans laquelle elle se trouvait ; « à la maison » elle avait cependant « un pot d’huile » et il ne fallait pas autre chose. Cela suffisait pleinement, grâce à l’intervention d’Élisée vers lequel elle avait fait monter un cri de détresse. Celle de 1 Rois 17 n’envisageait que la mort pour elle et son fils ! « Une poignée de farine » et « un peu d’huile », cela pouvait-il lui permettre d’aller bien loin ? Et pourtant, grâce à l’intervention d’Élie à la parole duquel elle a obéi, « le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie » (1 Rois 17:16). Deux illustrations qui nous montrent que dans les jours les plus difficiles, nous avons toujours à notre disposition des ressources dont nous méconnaissons souvent la valeur, oubliant le « Ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit » de Zacharie 4 : la farine, type de Christ dans son humanité parfaite ; l’huile, symbolisant l’onction et la puissance du Saint Esprit. Malgré la ruine, réalisons pratiquement la présence du Seigneur dans le rassemblement, demeurons dans la dépendance de l’Esprit qui reste « un esprit... de puissance, et d’amour, et de conseil » (2 Tim. 1:7), goûtons la communion « avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » et la communion les uns avec les autres (1 Jean 1:3) — « la communion du Saint Esprit » (2 Cor. 13:13) — et nous verrons certainement quelque puissance spirituelle manifestée dans le témoignage. Sachons utiliser les ressources qui sont à notre disposition, en comptant sur Celui qui est notre vrai Élisée, auquel il nous faut sans cesse nous adresser par la prière, notre vrai Élie à la parole duquel il nous convient d’obéir.
Tel est le secret pour retrouver la puissance perdue. Alors l’assemblée sera pratiquement le domaine caractérisé par la vie et la fraîcheur, Jésus Lui-même étant le centre autour duquel les saints sont rassemblés, vers lequel les âmes sont attirées. Et il pourra être dit encore dans ces derniers jours de l’histoire de l’Assemblée sur la terre ce qui a été dit au commencement : « Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés » (Actes 2:47). Si le Seigneur ajoutait ainsi des âmes, c’est parce que l’assemblée se trouvait dans l’heureux état décrit dans les versets 42 à 47 de ce chapitre. Sur un tel état pouvait être mis le sceau de la bénédiction. En vérité, « la multitude de ceux qui avaient cru était un cœur et une âme » (Actes 4:32). Précieuse communion de l’assemblée qui permet à la puissance du Seigneur de se déployer ! Rien de ce qui trouble cette communion ne peut être selon la pensée de Celui qui nous dit : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble !... c’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction » (Ps. 133) . Que Dieu nous accorde la grâce de rechercher, dans un amour vrai, tout ce qui est de nature à resserrer les liens de la communion fraternelle et de goûter la saveur de « la communion du Saint Esprit » ! Et le Seigneur Lui-même manifestera les fruits à sa propre gloire.
« Or, à celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous, à lui gloire dans l’assemblée dans le christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles ! Amen » (Éph. 3:20, 21).
ME 1962 p. 197
« Il n’y a point de crainte de Dieu devant leurs yeux », tel est l’un des traits composant le portrait de l’homme inconverti — du juif aussi bien que du gentil — portrait tracé par l’apôtre inspiré dans le chapitre 3 de l’Épître aux Romains (v.18). L’homme, dans son état naturel, aime le mal et hait le bien ; or, « la crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal » (Prov. 8:13). Cet état de l’homme ne peut être amélioré, ainsi que le Seigneur l’enseigne à Nicodème : « Ce qui est né de la chair est chair » (Jean 3:6) ; un changement complet doit être opéré, c’est la nouvelle naissance. Cependant il peut y avoir chez celui dont, par grâce, la conscience a été réveillée un désir plus ou moins marqué de regarder vers Dieu, une certaine crainte de Lui, qui n’est pas encore la connaissance du salut mais peut y conduire : l’âme a, dans une certaine mesure au moins, le sentiment de sa condition misérable, la grâce de Dieu a opéré en elle un travail qui l’amène à reconnaître ses nombreux péchés ; elle en vient alors à considérer, non plus seulement ce qu’elle est, mais la sainteté d’un Dieu dont elle se juge indigne de s’approcher, vers lequel elle ose à peine lever les yeux. En présence de la sainteté divine, elle souffre de son propre état et en arrive à haïr le mal. En ce sens il y a chez elle, selon Proverbes 8:13 déjà cité, « la crainte de l’Éternel ». Mais haïr le mal ne suffit pas, il faut que le péché soit ôté de devant Dieu. Car qui pourrait, chargé de ses péchés, subsister en sa présence ? Personne, ainsi que le dit le psalmiste : « Si tu prends garde aux iniquités, Seigneur, qui subsistera ? » (Ps. 130:3).
Mais Dieu est un Dieu qui pardonne ; Il pardonne au pécheur repentant qui s’approche de Lui sous la parfaite efficace de l’œuvre expiatoire de Christ, lavé dans le sang précieux qui a coulé à la croix du côté percé du Sauveur. L’assurance du pardon produit dans l’âme le sentiment, plus profond encore qu’au début de ses expériences, que Dieu doit être craint : « Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint » (Ps. 130:4). Nous pouvons donc distinguer, selon l’enseignement de l’Écriture, la crainte produite dans une âme réveillée, avant même qu’elle ne parvienne à la connaissance du salut et, d’autre part, celle qui découle de la jouissance du pardon. Le sentiment de la grâce de Dieu pleinement manifestée en Jésus Christ, Sauveur parfait de tout pécheur repentant qui vient à Lui, doit produire dans l’âme une sainte et bienheureuse crainte. C’est de cette crainte-là que nous désirons nous occuper, c’est à cette crainte que nous désirons nous encourager les uns les autres.
Elle est faite tout à la fois de reconnaissance envers notre Dieu Sauveur, de respect et de déférence, de soumission et de dépendance, de confiance aussi. Elle témoigne de notre désir de ne déplaire à Dieu en rien. Cette crainte, nous la devons à notre Dieu et Père (1 Pierre 1:17) comme aussi à notre Seigneur Jésus Christ (2 Cor. 5:11 ; — voir, pour le témoignage collectif, Actes 9:31).
Reconnaître la souveraineté de Dieu, ses droits sur nous, l’autorité de sa Parole, c’est Le craindre. Toute position de subordination à une autorité établie par Lui implique une certaine crainte : c’est ainsi qu’une femme est exhortée à craindre son mari ; un enfant, son père ; un serviteur, son maître ; un homme, le magistrat. Sans doute, plusieurs de ces relations, en particulier les premières, sont également caractérisées par l’amour, mais l’amour et la crainte ne sont pas incompatibles. Bien au contraire, les deux sont souvent complémentaires : l’homme est aimé de Dieu, il est appelé à l’aimer aussi et à le craindre ; plus il y aura d’amour dans le cœur, plus il y aura de crainte manifestée dans la marche. Plus un croyant aime Dieu, plus il craint de Lui déplaire ; cette crainte, fruit de l’amour, est le vrai principe d’une sainte conduite : elle incite le fidèle à fuir les tentations, à se retirer du mal — « Le sage craint, et se retire du mal » (Prov. 14:16) — et cela, parce qu’elle lui inspire l’horreur du péché (Prov. 8:13 ; 9:10).
Au début de l’histoire de l’Église sur la terre, les premiers croyants montraient, dans le témoignage qu’ils rendaient, les fruits de la vie de Dieu en eux. Le tableau qui nous est donné de l’assemblée de Jérusalem, à la fin du chapitre 2 du Livre des Actes, est réjouissant et nous voudrions connaître encore aujourd’hui quelque chose de cette bienfaisante fraîcheur. Il nous est dit notamment : « Et toute âme avait de la crainte » (v.43). La crainte de Dieu ne caractérisait pas seulement tel ou tel croyant pris isolément mais tous ceux qui faisaient partie de cette assemblée de Dieu. Quelle puissance il y aurait dans le témoignage, dans un témoignage local, si « toute âme avait de la crainte » ! Hélas ! nous sommes parvenus à la fin de cette histoire et l’on a souvent remarqué l’analogie qu’il y a entre les derniers jours d’Israël, avant la première venue de Christ ici-bas, et les derniers jours de l’Église, avant sa seconde venue pour l’accomplissement de la promesse qu’Il a faite aux siens avant de les quitter. Ce qui caractérise aujourd’hui la profession chrétienne, c’est ce qui caractérisait Israël dans les jours où prophétisait Malachie. L’Éternel annonçait alors qu’Il allait s’approcher en jugement de son peuple, ainsi dépeint : ils « ne me craignent pas, dit l’Éternel des armées » (Mal. 3:5). L’état d’Israël dans ces jours-là est résumé d’un mot : il ne craint pas Dieu. De sorte que l’absence de crainte de Dieu caractérise tout aussi bien l’ensemble de la profession religieuse aux derniers jours que l’incrédulité affirmée.
Mais, Dieu soit béni ! au sein de cette profession dont le trait dominant est le manque de crainte de Dieu, il y a un résidu fidèle. Quels sont ceux qui en font partie ? « Ceux qui craignent l’Éternel » (Mal .3:16). Les trois caractères essentiels de ce résidu — ceux qui le composent « craignent l’Éternel », « pensent à son nom » et « ont parlé l’un à l’autre » — peuvent être mis en parallèle avec ceux de Philadelphie. Alors que nous voyons tout autour de nous, dans le monde, dans la chrétienté professante et peut-être aussi parmi ceux qui devraient porter les caractères philadelphiens, se manifester toujours davantage cette absence de crainte de Dieu, puissions-nous mettre en évidence les traits du résidu fidèle, être en vérité de « ceux qui craignent le Seigneur » et « pensent à son nom » ! Retenons bien qu’il ne peut y avoir de témoignage agréable au Seigneur en dehors d’une vie dans la crainte de son Nom : « Et l’Éternel a été attentif et a entendu, et un livre de souvenir a été écrit devant lui pour ceux qui craignent l’Éternel, et pour ceux qui pensent à son nom ».
Nous désirons nous arrêter — dans l’application que nous pouvons en faire à ce qui nous concerne — sur quelques portions des Écritures qui sont pour nous une parole d’exhortation et d’encouragement à la crainte de Dieu. Puissent-elles opérer dans nos cœurs et nos consciences, nous amenant à réaliser une marche plus fidèle dans la crainte qui est due à Celui qui a tous les droits sur nous !
D’abord dans le Psaume 33. Le verset 12 nous dit le bonheur du peuple — Israël autrefois, l’Église aujourd’hui — « qui a l’Éternel pour son Dieu », « le peuple qu’il a choisi pour son héritage ». Ce peuple est au milieu d’un monde ennemi, mais Dieu est au fait de tout, rien n’échappe à ses yeux : du haut des cieux, du lieu de sa demeure, « Il voit tous les fils des hommes », « Il considère tous les habitants de la terre... forme leur cœur à tous » et « prend connaissance de toutes leurs œuvres » (v.13 à 15). Que voit-Il ? Des hommes qui se glorifient de leur puissance, puissance qui cependant est vaine (v.16, 17). Mais s’Il voit tous les fils des hommes », « voici, l’œil de l’Éternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui s’attendent à sa bonté » (v.18). Il est dit ailleurs que « les yeux de l’Éternel parcourent toute la terre, afin qu’il se montre fort en faveur de ceux qui sont d’un cœur parfait envers lui » (2 Chr. 16:9 ; cf. Zach. 3:9 et 4:10). C’est donc bien de sa puissance qu’il est question ici ; elle s’exerce en faveur de « ceux qui le craignent », « qui sont d’un cœur parfait envers lui » ; Il ne les perd pas de vue un seul instant tandis qu’ils cheminent dans un monde hostile, qui se glorifie de sa force et ne craint pas Dieu, manifestant au contraire de manière toujours plus accusée son indépendance de Lui. Crainte de son Nom, confiance dans sa bonté assurent au fidèle l’intervention puissante de Dieu ; elle s’exerce pour « délivrer leur âme de la mort » — nous avons été arrachés à un terrible adversaire, celui qui a « le pouvoir de la mort » (Hébr. 2:14) et, bien qu’il soit présentement le « chef de ce monde » nous pouvons aller en paix, dans la crainte du Seigneur, comptant sur le secours ce Celui qui est le grand vainqueur de Satan ; — elle s’exerce aussi « pour les conserver en vie durant la famine », c’est-à-dire pour leur donner tout ce qui leur est nécessaire aussi bien pour la vie de l’âme que pour la vie du corps, même dans les jours les plus difficiles et sur une scène où il n’y a rien pour l’âme du racheté. Quelle confiance remplit ainsi le cœur de « ceux qui craignent l’Éternel » ! Ils s’attendent à Lui qui est leur secours — « notre aide » — et leur protection : « notre bouclier », de sorte que leur cœur est plein de joie, fruit de cette heureuse confiance produite elle-même par la crainte de l’Éternel (v.20, 21).
Le Psaume 103 nous dit que « l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent » (v.13). Il a compassion de ceux qui ont parfois à connaître de douloureux exercices en raison même de leur désir d’être fidèles. Si nous avons à cœur de vivre dans la crainte de Dieu, de tenir ferme, d’obéir à la Parole, nous serons tôt ou tard mis à l’épreuve : Dieu nous dispensera, soit dans notre propre vie, soit dans la vie de l’assemblée, des circonstances au travers desquelles nous aurons à montrer si véritablement nous faisons passer avant toute autre considération les droits du Seigneur, ses intérêts, sa gloire — si nous sommes fidèles non pas seulement en paroles mais aussi « en action et en vérité » (cf. 1 Jean 3:18). Cela entraîne parfois de très grandes souffrances qui brisent nos cœurs et minent nos corps ; il faut mettre à l’arrière-plan certaines choses auxquelles nous étions profondément attachés, interrompre telles relations, connaître l’incompréhension, le mépris peut-être... Et nous sommes si faibles pour livrer de tels combats, pour manifester pratiquement que nous craignons le Seigneur et désirons Lui être fidèles ! Mais Lui le sait, « Il sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière » (Ps. 103:14). Quelle grâce ! Le Seigneur comprend nos exercices, nos luttes, Il sait combien il nous est parfois difficile de les soutenir et Il a compassion de nous ! N’y a-t-il pas là un précieux encouragement ? Être assuré de la sympathie, des compassions du Seigneur dans tout ce que nous avons à endurer pour maintenir la sainte crainte qui doit nous caractériser ! Mais encore, « la bonté de l’Éternel » — l’amour de Dieu, dirait le Nouveau Testament — « est de tout temps et à toujours sur ceux qui le craignent » (Ps. 103:17). Quelle force nous communique la jouissance de l’amour de Dieu ! Cet amour nous entoure, nous enveloppe, il est en nous et sur nous, il pourvoira à tout jusqu’au terme du voyage. Tout cela est assuré à « ceux qui craignent l’Éternel », à ceux qui gardent son alliance, et qui se souviennent de ses préceptes pour les faire » (v.17, 18). La crainte du Seigneur nous conduit à garder sa parole et ses commandements, ou encore « ses préceptes » — en d’autres termes, elle nous conduit à mettre la Parole en pratique, à « faire » selon le sens de ce terme dans des passages comme Ps. 103:18 ou Jean 13:17. Il y a en cela même un véritable bonheur pour le croyant.
Sa puissance, ses compassions, son amour se déploient en faveur de « ceux qui le craignent ».
Mais il y a aussi pour eux d’autres promesses. Tandis que par fidélité au Seigneur ils peuvent être amenés à traverser des circonstances éprouvantes au plus haut point, Celui pour lequel ils ont à souffrir ne les laisse pas ; ils peuvent l’invoquer avec la certitude que son oreille est toujours ouverte et qu’Il se tient tout près d’eux : « L’Éternel est près de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent en vérité » (Ps. 145:18). Et la promesse de l’exaucement est faite à « ceux qui le craignent » ! Vivant dans la crainte du Seigneur, ils ont la connaissance de son « secret » — « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Ps. 25:14) et la note, en bas de page de nos Bibles, nous donne le sens du mot « secret » : communications intimes ; — par ailleurs, ils n’ont d’autre désir que de voir sa volonté accomplie, aussi ce qu’ils demandent est en plein accord avec ce que le Seigneur veut opérer et leur « souhait » est assuré d’un complet exaucement, c’est une prière selon 1 Jean 5:14, 15. « Il accomplit le souhait de ceux qui le craignent : il entend leur cri, et les sauve » (Ps. 145:19).
Le mal fait de rapides et effrayants progrès. « Parce que la sentence contre les mauvaises œuvres ne s’exécute pas immédiatement, à cause de cela le cœur des fils des hommes est au dedans d’eux plein d’envie de faire le mal » (Eccl. 8:11) . Ces progrès du mal sont visibles non seulement dans le monde mais aussi dans la chrétienté. Et l’état du témoignage, au sein même de cette chrétienté, n’est-il pas de nature à nous faire baisser la tête ? Tout cela pourrait nous décourager, nous troubler peut-être. À quoi bon être fidèle et vivre dans la crainte du Seigneur, vient nous murmurer l’ennemi, puisque ceux qui marchent mal ne sont pas frappés et même, bien souvent, prospèrent ? Nous serions ainsi conduits aux réflexions d’Asaph : « Et pour moi, il s’en est fallu de peu que mes pieds ne m’aient manqué, — d’un rien que mes pas n’aient glissé ; car j’ai porté envie aux arrogants, en voyant la prospérité des méchants » (Ps. 73:2, 3). Cela, alors qu’Asaph voyait « son châtiment revenir chaque matin » (v.14). Toute sa fidélité, sa sainteté pratique semblaient vaines : « Certainement c’est en vain que j’ai purifié mon cœur et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence » (v.13). Il y a bien de quoi être troublé, si l’on ne voit pas les choses à la lumière du sanctuaire (cf. v.17) ; mais, instruit par Dieu, le fidèle peut dire : « Bien que le pécheur fasse le mal cent fois et prolonge ses jours, je sais cependant que tout ira bien pour ceux qui craignent Dieu, parce qu’ils craignent sa face ; mais il n’y aura pas de bonheur pour le méchant, et il ne prolongera pas ses jours, comme l’ombre, parce qu’il ne craint pas la face de Dieu » (Eccl. 8:12, 13). Le méchant ne craint pas Dieu et, précisément à cause de cela, il n’y aura pas de bonheur pour lui, c’est le jugement qui l’atteindra à la fin. Mais « pour ceux qui craignent Dieu » et précisément à cause de cela, « tout ira bien »... De sorte que, quels que soient les progrès du mal autour de nous, ne soyons ni découragés ni troublés, veillons sur nous-mêmes et demeurons fondés et fermes, dans la crainte de Dieu, assurés que « tout ira bien ». Le mal pourrait être pire encore, les difficultés devenir véritablement inextricables, sans aucune issue possible à nos yeux, cette promesse demeure : « Qui craint Dieu sort de tout » (Eccl. 7:18). Cela n’est-il pas de nature à fortifier notre foi et à nous encourager à la crainte de Dieu ?
Mais il y a davantage encore. « Le plaisir de l’Éternel est en ceux qui le craignent, en ceux qui s’attendent à sa bonté » (Ps. 147:11). Des promesses sont faites à ceux qui craignent le Seigneur : sa puissance, ses compassions, son amour, l’exaucement à la prière, l’assurance que tout ira bien pour eux malgré le développement du mal. Mais, dans le Ps. 147, il ne s’agit plus de ce qui nous concerne directement et dont nous pourrions jouir égoïstement peut-être ; si nous sommes encouragés à la crainte du Seigneur, c’est pour Lui-même, pour sa propre joie. Son plaisir est en ceux qui le craignent ! Cela ne touche-t-il pas notre cœur ? Si nous aimons le Seigneur en vérité, ne voudrons-nous pas vivre dans sa crainte pour qu’Il puisse goûter une telle joie ? « Ceux qui le craignent » : c’est la dépendance, la soumission à sa volonté, l’obéissance à la Parole, tout ce qui témoigne d’une réelle crainte de déplaire à Dieu, à notre Sauveur et Seigneur Jésus Christ. « Ceux qui s’attendent à sa bonté » : c’est la confiance de la foi, liée à la crainte, une confiance qui le réjouit et l’honore.
Que nos cœurs soient saisis et qu’il nous soit accordé de réaliser une vie dans la crainte du Seigneur, non seulement pour la bénédiction qui en découlera certainement pour nous et nos maisons — « Il bénira ceux qui craignent l’Éternel, les petits avec les grands » (Ps. 115:13 à 15) — mais par dessus tout pour la satisfaction et la joie que nous pourrons ainsi procurer à Celui qui nous a tant aimés et dont l’amour ne change pas.
« Bienheureux l’homme qui craint continuellement » (Prov. 28:14)
« Le plaisir de l’Éternel est en ceux qui le craignent... » (Ps. 147:11).
ME 1963 p. 3-12
L’Epître de Jacques contient des enseignements d’un ordre très pratique. Elle est pour nous une exhortation pressante à maintenir en une constante et heureuse harmonie notre vie intérieure et notre marche extérieure, notre foi et nos œuvres. Nous désirons simplement arrêter notre attention sur les trois pensées principales que l’apôtre place devant nous en terminant son Épître.
Nous avons en premier lieu une parole adressée aux riches. Elle concerne directement les Juifs incrédules qui se confiaient en leurs richesses et en jouissaient égoïstement, n’ayant pas conscience des temps dans lesquels ils étaient et de l’imminence des jugements qui allaient les atteindre. Ils se livraient à diverses voluptés, vivaient dans les délices de la terre, s’opposant à ce que quiconque vienne les troubler dans la jouissance de leurs plaisirs. Mais si les premiers versets du chapitre 5 ne nous concernent pas directement, il n’en est pas moins vrai qu’ils contiennent un enseignement moral que nous aurions tort de négliger. Que Dieu nous accorde, au contraire, d’en tirer grand profit ! Nous sommes susceptibles en effet, nous aussi, de placer notre confiance dans les richesses d’ici-bas et d’en méconnaître les dangers : elles peuvent servir à satisfaire les désirs de notre cœur charnel et contribuer à nourrir et développer ses convoitises ; elles peuvent aussi nous éloigner d’un chemin de dépendance de Dieu et détacher nos affections de Christ. Combien Agur était sage, qui demandait à Dieu : « Ne me donne ni pauvreté ni richesse ; nourris-moi du pain qui m’est nécessaire » ! Il comprenait les dangers de l’une et de l’autre. De la richesse : « de peur que je ne sois rassasié, et que je ne te renie et ne dise : Qui est l’Éternel ? » ; de la pauvreté « de peur que je ne sois appauvri, et que je ne dérobe, et que je ne parjure le nom de mon Dieu » (Prov. 30:8, 9). Quelle défiance de soi-même et quelle connaissance de son propre cœur cela dénote ! Mais combien plus remarquable encore l’état moral et spirituel de l’apôtre qui pouvait dire : « ... j’ai appris à être content en moi-même dans les circonstances où je me trouve. Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance ; en toutes choses et à tous égards, je suis enseigné ; aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations. Je puis toutes choses en celui qui me fortifie » (Phil. 4:11 à 13). Enseignés à l’école de Dieu, nous pouvons le glorifier aussi bien dans l’abondance que dans la pauvreté ; mais nous avons affaire à un ennemi rusé qui cherche à nous éloigner du sentier de la dépendance et il sait bien se servir, entre autres choses, des richesses que nous pouvons posséder ou essayer d’acquérir pour atteindre son but. Prenons garde, n’oubliant pas que « c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi, et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs » et retenant l’injonction qui suit : « Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses » ( 1 Tim. 6:10, 11). — Ce qui caractérise, entre autres, les riches auxquels s’adresse l’apôtre, c’est qu’ils ont « amassé un trésor dans les derniers jours ». Le jugement allait fondre sur eux, il va fondre — et d’une manière bien plus terrible encore — sur ce monde. Et à la veille de ce jugement, nous amasserions un trésor dans le monde ? Sans doute, le Seigneur accomplira sa promesse et nous enlèvera à sa rencontre en l’air avant l’exécution des jugements apocalyptiques, mais cette bienheureuse espérance doit, tout autant et même plus encore que la pensée du jugement, détacher nos cœurs de ce qui est en bas et nous garder de chercher à « amasser un trésor dans les derniers jours ». Pour nous, les « derniers jours » sont ceux qui précédent la venue du Seigneur pour nous introduire là où sont nos vrais biens, nos richesses éternelles. Quel contraste entre ces richesses et celles d’ici-bas, desquelles l’apôtre dit : « Vos richesses sont pourries... » !
La première exhortation est donc une mise en garde au sujet des richesses ; la seconde, une invitation à la patience. Et ici, l’enseignement est directement pour nous : « Usez donc de patience, frères, jusqu’à la venue du Seigneur ». « La venue du Seigneur est proche » est-il ajouté plus loin ; si cela doit, d’une part, nous faire toucher du doigt la vanité des biens de ce monde dont nous n’emporterons rien et dont il ne restera rien (cf. 2 Pierre 3:7), cela doit aussi, d’autre part, nous amener à user de patience. Savoir attendre que tout soit manifesté à la gloire du Seigneur, que les souffrances du temps présent aient pris fin à jamais, c’est ce qui nous est demandé. Et pourtant, comme nous voudrions que le Seigneur accomplisse à l’instant même la promesse de sa venue !
Mais nous ne pouvons pas plus hâter ce moment que le laboureur ne peut avancer celui où il récoltera « le fruit précieux de la terre » ; il attend que Dieu donne les pluies, celles qui font germer et celles qui amènent le fruit à maturité. Qui dépend de Dieu comme lui ? Vivant dans cette dépendance, il attend avec patience. Dans le premier paragraphe du chapitre, nous avons vu l’apôtre s’adresser aux riches qui vivent dans l’indépendance de Dieu : ici, il présente, en contraste, la dépendance du laboureur, son attente patiente et confiante. Tel est l’exemple qui nous est proposé : « Vous aussi, usez de patience ; affermissez vos cœurs, car la venue du Seigneur est proche ». Les exhortations à la fermeté ne manquent pas dans l’Écriture ; ici, c’est en rapport avec les affections du cœur. Qu’à cet égard aussi il n’y ait aucune défaillance ! Que nos cœurs soient attachés à la personne de Celui qui vient, que nos affections soient nourries de Lui et que, sans cesse rafraîchies par Lui, elles nous lient toujours plus étroitement à Lui ! Cette fermeté dans les affections nous conduira à n’avoir devant nous d’autre objet que Christ, à avoir un œil « simple » suivant l’expression de Matthieu 6. Remarquons par parenthèse que ce passage de l’évangile selon Matthieu donne un enseignement que nous pouvons rapprocher de celui de Jacques 5 : Jacques reprend avec énergie les riches qui amassaient un trésor dans les derniers jours, et le Seigneur dit aux foules : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre... mais amassez-vous des trésors dans le ciel... car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » et plus loin : « Nul ne peut servir deux maîtres... vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Matt. 6:19 à 24). La fermeté dans les affections nous conduira non seulement à avoir l’œil « simple » (c’est-à-dire : qui n’a qu’un seul objet) mais encore à ne pas perdre de vue l’espérance du prochain retour du Seigneur, à réaliser par conséquent notre vocation d’étrangers célestes ici-bas ; enfin, elle nous donnera la patience nécessaire jusqu’au moment où ce qui est de la foi sera changé en vue.
D’autres exemples nous sont encore proposés. D’abord, celui des « prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur ». Leur témoignage a-t-il été reçu ? Hélas ! pas toujours. Ils ont dû endurer bien des souffrances dans un chemin de fidélité. Comme eux, nous aurons peut-être à souffrir, à connaître l’incompréhension, parfois le mépris. Il est possible aussi que le message que nous apporterons soit rejeté. Mais cela ne doit nous décourager en aucune manière. Servons avec patience et fidélité, prenant « pour exemple de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur ». Et si nous éprouvons quelque tristesse à la pensée qu’il n’y a guère de fruits manifestés, pensons à l’exhortation de l’apôtre : « Voici, le laboureur attend le fruit précieux de la terre, prenant patience à son égard... Vous aussi, usez de patience ».
C’est ensuite l’exemple de Job : « Vous avez oui parler de la patience de Job ». Mais dirons-nous, si nous lisons avec quelque attention le livre de Job, nous voyons chez le patriarche bien des mouvements d’impatience. Sans doute, mais Dieu ne retient que ce que sa grâce a produit en lui : la patience qu’il lui a été donné de manifester dans l’épreuve. Combien cet exemple est de nature à parler à nos cœurs ! Si l’apôtre avait placé devant nous le Modèle parfait, Celui dont jamais la patience n’a été entachée du moindre mouvement d’impatience, nous aurions peut-être dit : Oui, nous avons à l’imiter, mais c’est le « Modèle inimitable » ! Aussi l’apôtre nous donne l’exemple d’un « homme ayant les mêmes passions que nous » : ici Job, et plus loin, au sujet de la prière, Élie. Mais il y a là aussi un encouragement très précieux : si même Dieu dans sa grâce nous accorde de montrer quelque patience dans l’épreuve, est-ce une patience constante, sans défaillance ? N’y a-t-il pas, en raison de notre infirmité, bien des moments où l’impatience prend le dessus ? Comme cet exemple de Job est donc de nature à nous encourager et à fortifier notre foi chancelante ! Et cela d’autant plus que l’apôtre nous parle ensuite de « la fin du Seigneur ». Qu’a-t-Il manifesté alors chez son serviteur Job ? Les deux grands résultats qui devraient toujours être produits en nous par les épreuves du chemin : d’une part, le dépouillement de nous-mêmes, la confession droite et sincère de toute notre misère « J’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre », dira Job à la fin — et d’autre part, un réel enrichissement dans la connaissance du Seigneur : « Et Job répondit à l’Éternel et dit : Je sais que tu peux tout, et qu’aucun dessein n’est trop difficile pour toi... Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu » (Job 42:1 à 6). Oui, « le Seigneur est plein de compassion et miséricordieux » qui, tout à la fois, malgré ce que nous sommes (ne mériterions-nous pas si souvent d’être laissés de côté ?) et, d’autre part, en raison de ce que nous sommes, opère un tel travail en nous pour en manifester les fruits à sa gloire.
La troisième exhortation principale de ce dernier chapitre de l’Épître de Jacques est relative à la prière.
Les circonstances de notre vie peuvent être douloureuses ou, au contraire, réjouissantes pour nous. Ce que nos cœurs éprouvent peut, dans l’un et l’autre cas, se manifester d’une manière charnelle et il ne devrait jamais en être ainsi. « Quelqu’un parmi vous est-il maltraité... » : la chair, si elle n’est pas tenue pour morte, produit alors de l’irritation, peut-être même un désir de vengeance, tandis qu’un croyant spirituel et en bon état moral suivra l’exhortation de la Parole : « qu’il prie ». Il demandera à Dieu tout ce qui lui est nécessaire pour traverser l’épreuve : la force de l’endurer, la patience, la soumission, le privilège de glorifier le Seigneur dans un tel chemin. La prière est tout à la fois l’appel à Celui en qui sont toutes les ressources, et la manifestation d’une vie spirituelle nourrie de Christ. Le même verset de Jacques 5 nous parle de circonstances réjouissantes : « Quelqu’un est-il joyeux... ». Cette joie se témoignera-t-elle par des démonstrations plus ou moins semblables à celles dont les hommes de ce monde sont coutumiers ? Non. Elle se traduira dans une expression de reconnaissance envers Dieu, auteur de toute bénédiction, et le chant de cantiques exprime quelque chose de cette reconnaissance. La fin du verset 13 : « Quelqu’un est-il joyeux, qu’il chante des cantiques » nous dit comment doivent s’extérioriser les joies du racheté : d’une manière spirituelle. C’est pour nous une mise en garde et une exhortation à retenir, utile dans des circonstances où nous serions tentés d’agir comme les personnes du monde. Un seul exemple : un mariage est un moment de la vie qui dispose les cœurs à la joie ; dans le monde, cette joie ne va pas sans démonstrations exubérantes, c’est la chair dans ses explosions de joie bruyante ; tout au contraire, la joie des croyants est calme, elle n’en est que plus réelle et profonde ; elle dit ce qu’il y a dans le cœur de reconnaissance envers Dieu, souverain dispensateur de tout bien.
L’apôtre poursuit cette exhortation à la prière en nous présentant les deux ressources qui étaient au commencement de l’Église et dont seule la seconde demeure intégralement aujourd’hui. Ces deux ressources sont en faveur de ceux qui se trouvent frappés par une maladie envoyée par Dieu comme discipline ou châtiment à la suite d’un péché commis. La première : « les anciens de l’assemblée », appelés par le malade, priaient pour lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; ils avaient le discernement spirituel qui les assurait de la pleine restauration du malade, de sorte que la guérison était certaine : « la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné ». Cette ressource était sans doute pour les temps où il y avait des anciens officiellement établis par l’autorité apostolique — l’apôtre ou son délégué — et où nombre de croyants pratiquaient encore les coutumes juives, parmi lesquelles l’onction d’huile (même si des anciens, moralement reconnus, peuvent encore aujourd’hui — dans des cas très particuliers et sans doute fort rares — se rendre auprès d’un malade, l’onction d’huile n’a plus lieu d’être pratiquée). Demeure encore aujourd’hui, par contre, la deuxième ressource, celle indiquée au verset 16 : « Confessez donc vos fautes l’un à l’autre, et priez l’un pour l’autre, en sorte que vous soyez guéris : la fervente supplication du juste peut beaucoup ». Il est probable qu’en plusieurs cas, Dieu étendrait sa main en guérison et en bénédiction s’il y avait cette franche et droite confession des fautes, avec la prière fervente à laquelle Il répondrait certainement, la faute qui avait nécessité l’envoi de la maladie ayant été reconnue et confessée.
L’apôtre Jacques va nous donner un exemple à l’appui de cette exhortation à la prière, comme il l’a déjà fait pour son exhortation à la patience. C’est ici l’exemple d’Élie. « Homme ayant les mêmes passions que nous », qu’a-t-il fait que nous ne puissions donc faire aussi ? Le peuple était dans un mauvais état, il avait péché. Élie prie d’abord pour que Dieu envoie une famine, en retenant la pluie des cieux, ce qui correspond sans doute à la maladie des versets 14 à 16 ; dans ces trois versets, il s’agit d’un cas individuel tandis que dans les versets 17 et 18, c’est le peuple qui est « malade », puis « guéri » : Dieu peut être conduit à frapper un ensemble (une maison, une assemblée locale, les assemblées d’une région ou d’un pays, toutes les assemblées) aussi bien qu’un seul croyant. Ensuite Élie prie pour que Dieu mette un terme à l’épreuve, après que le peuple a été restauré. — Il nous est dit qu’il pria « avec instance » afin « qu’il ne plût pas ». Ce qu’il demandait à Dieu devait amener de la souffrance pour le peuple. Un temps plus ou moins long de sécheresse nous permet de comprendre un peu ce que durent être pour Israël trois ans et six mois sans pluie. Mais cette discipline était nécessaire pour le bien du peuple, afin de le ramener à l’Éternel qu’il avait abandonné. Élie, parce qu’il se tenait « devant l’Éternel », avait le discernement de ce qui convenait pour le vrai bien du peuple et pour la gloire de l’Éternel parmi le peuple. Chose importante à remarquer aussi : il s’oublie lui-même, faisant abstraction totale de ce qui le concerne personnellement. N’aura-t-il pas à souffrir, lui, pendant ces jours de famine ? Sans doute, mais cela ne l’arrête pas ; il traversera l’épreuve avec le peuple dont il fait partie, il y est prêt. Nous savons comment Dieu a pris soin de lui dans ces jours difficiles, Lui qui n’oublie jamais ceux qui le servent avec fidélité.
Quel enseignement, quelle exhortation pour nous ! Et quel encouragement à prier pour le peuple de Dieu aujourd’hui ! Que Dieu nous accorde de savoir le faire « avec instance » et avec l’intelligence spirituelle d’un Élie !
Que durant cette nouvelle année, si nous devons la vivre ici-bas, il nous soit donné de retenir les trois grands enseignements de ce chapitre 5 de l’Épître de Jacques : que Dieu nous garde de dépenser notre temps pour chercher à « amasser un trésor dans les derniers jours », qu’Il nous donne d’user de patience jusqu’à la venue du Seigneur et de mieux savoir, pratiquement, ce qu’est « la fervente supplication du juste », nous ferons l’expérience enrichissante qu’elle « peut beaucoup » !
ME 1963 p. 147
Si précieux que soient les privilèges du rassemblement des saints, dans la jouissance de la communion fraternelle découlant de la communion avec le Seigneur, il est bon de nous rappeler que la vie chrétienne est aussi — et même en tout premier lieu — une vie individuelle. Non pas certes qu’il faille considérer cet aspect individuel du christianisme comme une manifestation de repli sur soi-même car, tout au contraire, une vie personnelle alimentée à la véritable source, nourrie de Christ et enrichie par Lui, aura d’heureux et bienfaisants prolongements dans nos relations fraternelles et dans la vie de l’assemblée. Tandis qu’à l’opposé, nos relations les uns avec les autres, l’activité dans l’assemblée, souffriront toujours de défaillances dans la piété individuelle. C’est pour nous faire éprouver un plus grand désir d’une vie personnelle vécue dans la communion avec le Seigneur et pour nous exhorter les uns les autres à mieux réaliser cet aspect si important, nous dirons même fondamental, du christianisme, que nous avons été conduits à écrire ces lignes.
L’expression « Si quelqu’un » est employée à plusieurs reprises par l’apôtre Jean, principalement dans l’évangile qu’il a écrit sous la direction de l’Esprit Saint (nous limitons à dessein le sujet, car nous pourrions également nous arrêter sur les mots « quiconque » ou « celui » que nous retrouvons dans cet évangile plus fréquemment encore — exemples : Jean 3:15, 16, 18, 20, 21 ; 4:13, 14 etc...). Cette expression est bien en rapport avec le caractère du service rempli par le Seigneur ici-bas, tel qu’il a été donné à Jean de le retracer. Aussi la trouvons-nous plutôt dans la première partie de l’Évangile où nous voyons des âmes ayant à faire individuellement avec le Seigneur, que ce soit Nicodème, la femme samaritaine, le paralytique du réservoir de Béthesda, la femme adultère ou encore l’aveugle-né ; mais elle est aussi employée, au moins à deux reprises, dans les chapitres 13 à 16 qui nous rapportent les entretiens du Seigneur avec ses disciples, groupés autour de Lui comme membres d’une même famille et auxquels Il parle du Père, de son cœur, de sa maison...
Nous goûterons pleinement la communion des enfants de Dieu, réunis autour de Celui qui n’a pas honte de nous appeler ses frères, dans la mesure où nous vivrons individuellement près du Seigneur, faisant face à nos responsabilités personnelles.
« Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu... Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:3 et 5) .
C’est par la nouvelle naissance que commence la vie chrétienne.
Tandis que Jésus était à Jérusalem, pendant la fête de la Pâque, « plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait » (Jean 2:23). Mais la conviction de sa divinité, produite dans l’âme par la constatation des miracles accomplis, ne suffit pas pour établir qui que ce soit dans une relation vitale avec Lui. (Tel fut le cas, plus tard, de Simon le magicien considérant avec étonnement « les prodiges et les grands miracles qui se faisaient » sans que cela lui ait communiqué la vie divine — cf. Actes 8:9 et suivants). Nicodème était un docteur de la loi, reconnaissant la divinité de Jésus : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu », et cela parce qu’il avait vu de puissants miracles accomplis par Lui : « Personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jean 3:2) ; mais cela ne suffisait pas pour « voir le royaume de Dieu » ou pour y « entrer ». Aussi, Jésus enseigne à Nicodème la nécessité de la nouvelle naissance : « Il vous faut être nés de nouveau » (Jean 3:7), nouvelle naissance opérée par l’action de la Parole — dont l’eau est ici une figure — et de l’Esprit de Dieu. Tel est le point de départ de la vie chrétienne, l’introduction dans une condition toute nouvelle résultant de la réception du salut par la foi. Et cela doit être réalisé individuellement : ce n’est pas le fait d’être né de parents chrétiens ou d’appartenir à une communauté religieuse, si vivante soit-elle, qui peut nous permettre d’entrer dans le royaume de Dieu. Une œuvre divine doit être opérée en chacun car chacun entre pour soi. « Si quelqu’un... »
« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, et il sèche ; et on les amasse, et on les met au feu, et ils brûlent » (Jean 15:6).
Ici, c’est à ses disciples rassemblés autour de Lui que le Seigneur s’adresse. Il est, Lui, « le vrai cep », nous sommes « les sarments ». Quiconque professe le christianisme est un « sarment », mais il est deux sortes de sarments, dit le Seigneur : celui qui « demeure en moi » et celui qui « ne demeure pas en moi ». Et qu’est-ce qui donne la preuve qu’un sarment « demeure » dans le cep, sinon le fait qu’il porte du fruit ? (Jean 15:4). Porter du fruit pour Dieu témoigne donc de la possession de la vie divine, de la réalité de la nouvelle naissance.
Le sarment qui « porte du fruit » est « nettoyé », « afin qu’il porte plus de fruit » ; tandis que celui qui ne porte pas de fruit est « ôté », « jeté dehors » puis « mis au feu » et « brûlé » (Jean 15:2 et 6).
Tout cela fait appel à la responsabilité individuelle. Que chacun examine où il en est ! Chacun peut-il dire avec entière certitude qu’il est né de nouveau et cette vie nouvelle se manifeste-t-elle par des fruits ? Nul autre ne peut répondre pour nous et régler de telles questions à notre place ; c’est essentiellement personnel.
« Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement... » (Jean 6:51).
Le Seigneur s’adressant à la foule, se présente d’abord comme un Christ vivant, donnant la vie au monde et auquel il fallait venir (Jean 6:35 à 47). Mais ensuite, Il ne se sert plus de l’expression « venir à moi », Il emploie le terme « manger ». Il faut manger « le pain vivant qui est descendu du ciel », « manger la chair du fils de l’homme » et « boire son sang ». Or, on ne peut manger la chair d’un être vivant ; le Seigneur exprimait donc la nécessité pour chacun de s’approprier sa mort, c’est-à-dire d’en faire sa nourriture. Se nourrir d’un Christ mort, c’est comprendre la nécessité de cette mort et également tout ce qui en découle pour nous comme conséquences dans notre vie pratique.
Manger la chair du fils de l’homme et boire son sang est nécessaire pour avoir la vie nouvelle, nécessaire aussi pour que cette vie dans le croyant soit nourrie et puisse ainsi se développer.
Né de nouveau, démontrant la réalité de sa nouvelle naissance par le fruit porté, le croyant doit aussi — et c’est toujours une responsabilité individuelle — se nourrir de Christ, d’un Christ mort et ressuscité, entrer (dans une mesure au moins) dans ce qu’a été la mort pour Christ, saisir les conséquences de cette mort pour nous et de notre mort avec Christ (cf. Rom. 6).
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7:37).
Encore un aspect individuel de la vie chrétienne. Si nous avons saisi quelque peu les conséquences de la mort de Christ pour nous et de notre mort avec Lui, nous réaliserons une vraie séparation du monde et de ses principes, nous comprendrons toujours mieux que nous traversons « une terre aride et altérée, sans eau » (Psaume 63:1). Où trouver sur une telle scène le rafraîchissement dont nous avons besoin ? Nous contenterions-nous de regarder à tel ou tel autre pour recevoir de quoi étancher notre soif ? Écoutons l’invitation du Seigneur, elle s’adresse à quiconque a soif : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive ». Quelle ressource et quel rafraîchissement ! Puissions-nous chacun individuellement aller à Jésus et boire ! Ainsi désaltérés, nous pourrons ensuite en rafraîchir d’autres (Jean 7:38).
« Si quelqu’un me sert, qu’il me suive » (Jean 12:26).
Ayant fait face aux responsabilités individuelles que nous rappellent les passages que nous venons de considérer, nous pourrons alors penser au service. Jean7:38 introduit d’ailleurs cet élément de la vie chrétienne.
« Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ». On ne peut servir le Seigneur qu’en demeurant attaché à Lui et en le suivant fidèlement dans le sentier qu’Il a Lui-même tracé. D’autre part, Jean12:26 nous enseigne aussi que le service est essentiellement individuel, si même il convient de ne jamais perdre de vue que nous sommes un seul corps, ce qui implique dépendance des membres les uns à l’égard des autres et communion réalisée entre eux.
Le service est individuel (cf. Marc 13:34 ; 1 Cor. 12:7, 11, 18 et 27), bien qu’il soit vrai que deux, s’ils sont ainsi envoyés et pleinement d’accord, peuvent servir ensemble. Mais même dans ce cas, chacun a sa responsabilité propre, doit recevoir ses directions du Seigneur seul et non de son compagnon de route, aller selon la mesure de foi que Dieu lui a départie et non avec la foi de l’autre. Le danger des services collectifs est précisément d’entraîner un croyant dans un chemin et une activité qui dépassent sa mesure de foi et de l’amener à recevoir des directions d’un autre que du Seigneur Lui-même.
Cela n’est que trop vrai, dans le service nous nous laissons souvent guider par nos propres conceptions, nos sentiments personnels ou encore par ce que d’autres ont préparé, décidé ou organisé. Cela, ne peut guère aboutir qu’à l’activité religieuse de la chair ou, au mieux, à un mélange de ce qui est de l’Esprit et de ce qui est de la chair. Comme il est dangereux de se laisser diriger par autrui et d’agir au-delà de sa foi personnelle, de se laisser gagner par l’enthousiasme collectif ou bien de servir par esprit d’imitation ! Que de faux-pas l’on peut faire ainsi, ou faire faire, malgré les plus belles apparences !
Matthieu 16:24 à 26 nous enseigne qu’avant de pouvoir servir il faut « se renoncer soi-même » et « prendre sa croix » ; Luc 9:23 ajoute : « chaque jour ». C’est effectivement la réalisation pratique de notre mort avec Christ, de la fin du vieil homme. Ce même passage nous montre qu’il y a deux dangers auxquels nous devons veiller : vouloir « sauver sa vie » et chercher à amasser des richesses. Vouloir sauver sa vie, c’est vivre pour le monde, agir en vue de sa propre gloire et de ses intérêts, tout cela en prétendant servir le Seigneur. Vouloir devenir riche, c’est « tomber dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition ; car c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi, et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs ». L’homme de Dieu est exhorté à « fuir ces choses » (1 Tim. 6:9 à 11).
Enfin Matthieu 16:27 nous dit que le Seigneur, en son jour, « rendra à chacun selon sa conduite ». Quel avertissement pour nous tous qui sommes appelés à servir ! Lui ne se trompe pas, Il sait apprécier la qualité de notre service, Il sait s’il a été rempli pour Lui et dans l’obéissance à la Parole ou pour tout autre motif et « Il rendra à chacun selon sa conduite ». À chacun ! Là aussi, c’est individuel...
La communion individuelle avec le Seigneur est nécessaire pour que nous puissions le servir fidèlement. Si elle fait défaut, le service en portera la marque. Une activité intense ne peut en aucune manière remplacer la communion et comme il serait grave de dissimuler — ou, tout au moins, d’essayer de le faire — l’absence de communion sous une débordante activité !
« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole... » (Jean 14:23) .
Comme nous savons bien discerner chez ceux qui nous entourent l’oubli de la Parole, telle ou telle désobéissance à ses enseignements ! Nous sommes parfois extraordinairement vigilants dans cette observation de la conduite des autres et nous gémissons sur le caractère des temps auxquels nous sommes parvenus où, comme dans les jours de ruine d’Israël, chacun fait « ce qui est bon à ses yeux ». Certes, nous avons bien des motifs d’humiliation à cet égard... Mais au sein de la ruine qui nous a atteints, ne perdons pas de vue notre responsabilité individuelle et soyons surtout attentifs chacun à ses propres voies. « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole... » Manifestons pratiquement que nous aimons le Seigneur de la manière qui le prouve en vérité : lisons la Parole, méditons-la, retenons-la dans nos cœurs et mettons-la en pratique. Il ne s’agit pas des autres, il s’agit de nous-mêmes. Et quelle que puisse être la ruine, la faiblesse générale, les manquements des uns ou des autres, il n’en demeure pas moins que chacun de nous est personnellement responsable de « garder la parole ». De précieuses promesses sont faites à celui qui est fidèle en cela : « Mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui ». C’est la jouissance assurée de l’amour du Père, de la communion avec le Père et avec le Fils.
Garder sa parole c’est, plus particulièrement en rapport avec le sujet qui nous occupe, garder les différentes portions de cette Parole que nous avons été amenés à considérer et qui font appel à notre responsabilité individuelle. C’est aussi garder la Parole dans son entier, sans y rien ajouter mais sans en rien retrancher. Et nous avons bien là une responsabilité personnelle : « Si quelqu’un ajoute à ces choses, Dieu lui ajoutera les plaies écrites dans ce livre... si quelqu’un ôte quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu ôtera sa part de l’arbre de vie et de la sainte cité, qui sont écrits dans ce livre » (Apoc. 22:18, 19). Cela ne concerne pas seulement le livre de l’Apocalypse, le principe est général (cf. Deut. 12:32).
L’indifférence et la tiédeur laodicéennes sont hélas ! de nos jours d’attristantes réalités. Si nous avons vraiment le sentiment qu’elles nous enveloppent et peut-être même nous gagnent de plus en plus, où est le remède ? Il est d’abord dans la réponse à un appel individuel. N’oublions pas que c’est à Laodicée que le Seigneur adresse cette parole : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe : si quelqu’un entend ma voix et qu’il ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je souperai avec lui, et lui avec moi » (Apoc. 3:20). Si quelqu’un entend ma voix...
Dieu veuille nous exercer chacun et nous accorder la grâce de pouvoir faire face à nos responsabilités personnelles ! Quelle riche bénédiction nous en retirerons pour nous-mêmes, pour nos maisons et dans les assemblées !
Titre original : Abija, fils de Jéroboam
ME 1963 p. 263
Jéroboam régna sur Israël tandis que Roboam régnait sur Juda, après la division du royaume qui suivit le règne de Salomon. L’Éternel lui confia la royauté sur les dix tribus et le lui fit connaître par le moyen d’Akhija le prophète, promesse lui étant faite que Dieu serait avec lui et lui bâtirait une maison stable, s’il demeurait fidèle, écoutant l’Éternel, marchant dans ses voies et gardant ses commandements (1 Rois 11:29 à 38). Hélas ! L’un des premiers actes de son règne, tel que nous le rapporte 1’Écriture, fut d’ériger deux veaux d’or, l’un à Béthel, l’autre à Dan, tandis que, manifestant le peu de cas qu’il faisait des promesses divines, il déclarait au peuple : « C’est trop pour vous de monter à Jérusalem ; voici tes dieux, Israël ! qui t’ont fait monter du pays d’Égypte ». Indifférent au culte de l’Éternel, apportant des changements dans l’ordre de l’adoration, il fit ensuite une maison de hauts lieux, établit des sacrificateurs qui n’étaient pas des fils de Lévi, institua une fête le quinzième jour du huitième mois, « le mois qu’il avait imaginé dans son propre cœur », et alla jusqu’à offrir lui-même sur l’autel, faisant fumer l’encens (1 Rois 12:26 à 33). Nous savons comment l’Éternel intervint par le moyen de l’homme de Dieu venu de Juda et quelle fut alors l’attitude de Jéroboam, étendant sa main de dessus l’autel et ordonnant que l’on se saisisse de l’homme de Dieu. Mais, à l’instant, sa main sécha et l’autel se fendit, la cendre fut répandue de dessus l’autel, comme l’homme de Dieu l’avait annoncé. Jéroboam réclame alors le secours de l’Éternel qui, à la prière de l’homme de Dieu, délivre le roi impie. Mais, malgré ça, « Jéroboam ne revint pas de sa mauvaise voie ; et il établit encore, d’entre toutes les classes du peuple, des sacrificateurs des hauts lieux. Quiconque le désirait, il le consacrait, et il devenait sacrificateur des hauts lieux. Et par cela il y eut du péché sur la maison de Jéroboam, pour l’exterminer et pour la détruire de dessus la face de la terre » (1 Rois 13:1 à 10, 33, 34).
C’est dans une telle maison que grandissait Abija, fils de Jéroboam. Quel exemple d’impiété il avait sous les yeux, d’absence de crainte de l’Éternel, de mépris de ses avertissements ! Dieu permit qu’Abija fût atteint par la maladie. Jéroboam son père, qui agissait en toutes choses suivant l’imagination de son propre cœur (cf. 1 Rois 12:33), savait bien, par contre, demander à l’homme de Dieu d’implorer l’Éternel quand il était atteint dans son propre corps. De même, quand son fils est malade, il va chercher du secours auprès du prophète Akhija qui avait dit de lui qu’il serait roi sur Israël (1 Rois 14:1, 2 ; 11:29 à 32). Lorsque tout va bien, on ignore Dieu et l’on fait sa propre volonté ; que l’épreuve survienne, c’est vers Lui que l’on se tourne pour être délivré ! Mais Jéroboam ne va pas lui-même trouver le prophète de l’Éternel : il lui envoie sa femme ; encore doit-elle, d’une part, se déguiser afin qu’on ne puisse savoir qui elle est et, d’autre part, apporter un présent, « dix pains, et des gâteaux, et une cruche de miel ». Jéroboam pense donc, tout à la fois, que le prophète pourra dire « ce qui arrivera à l’enfant », mais qu’il sera incapable de savoir qui vient l’interroger et, par ailleurs, qu’il se laissera séduire par un présent ! Quelle ignorance de ce que Dieu est, de ce qu’est un serviteur fidèle ! Comment un homme peut-il cacher quelque chose à Dieu ? Comme Adam, Guéhazi, Ananias et Sapphira l’ont expérimenté, chacun en son temps, la femme de Jéroboam va se rendre compte que Dieu est au fait de tout, que « toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire » (Héb. 4:13). Avant qu’elle ne soit arrivée, l’Éternel avait prévenu son prophète ; de telle sorte que ce dernier, ne laissant même pas sa visiteuse prononcer un seul mot, la prie d’entrer, l’appelant par son nom : « Entre, femme de Jéroboam, pourquoi feins-tu d’être une autre ? » Le prophète lui annonce alors les jugements qui s’abattront sur le roi infidèle. Il ajoute : « Et toi, lève-toi, va-t’en dans ta maison : quand tes pieds entreront dans la ville, l’enfant mourra. » Était-ce un jugement sur cet enfant ? Non, mais sur son père et même sans doute sur ses parents conjointement, Jéroboam et sa femme. Car, de cet enfant, Abija, il pouvait être dit : « Et tout Israël mènera deuil sur lui et l’enterrera ; car celui-ci seul, de la maison de Jéroboam, entrera dans le sépulcre, parce qu’en lui seul, dans la maison de Jéroboam, a été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel, le Dieu d’Israël » (1 Rois 14:3 à 13) .
Quel beau témoignage lui est ainsi rendu ! Au milieu de l’infidélité générale, dans une maison comme celle de Jéroboam, lui seul a été fidèle, fidèle en peu de chose sans doute, mais fidèle dans ce qui était en son pouvoir. Et Dieu a apprécié cela ! En lui seul a été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel.
Comme dans tous les temps où l’ensemble a failli, la foi, la fidélité sont individuelles ; elles sont manifestées chez Abija aux jours de Jéroboam comme chez Élie aux jours d’Achab — encore, dans ces jours-là, y avait-il les sept mille, mais Élie ne les connaissait pas. Au temps du prophète Malachie, c’est « l’un à l’autre » qu’ont parlé « ceux qui craignent l’Éternel » (Malachie 3:16). Une lampe dans un lieu obscur, tel était Abija dans la maison de son père, roi d’Israël. Et cette fidélité était si précieuse aux yeux de l’Éternel qu’Il en rend témoignage ; puis, Il recueille auprès de Lui ce jeune enfant. En vérité, il est « recueilli de devant le mal » (cf. Es. 57:1, 2).
Quel enseignement pour nous ! Placés dans un mauvais milieu, nous finissons par nous comporter comme ceux qui le composent, manquant souvent de l’énergie nécessaire pour remonter le courant. Un croyant peut se trouver, du fait de ses occupations, entouré d’hommes impies, ou encore au sein d’une maison dans laquelle nul autre que lui n’est converti ; que l’exemple d’Abija demeure présent à son esprit afin que puisse être rendu de lui ce témoignage : « en lui seul... a été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel ». L’état d’une assemblée peut être très bas, la marche de la plupart des frères et sœurs laissant beaucoup à désirer, il peut y avoir bien des choses qui devraient étre jugées et qui ne le sont pas en raison d’une absence de discernement du mal, que dans cette assemblée, un croyant au moins soit exercé et considère ce que l’Écriture nous dit d’Abija ! Il est très difficile de remonter le courant ? Sans aucun doute. Il est beaucoup plus facile de « faire comme les autres », essayant d’apaiser sa conscience en comparant sa propre conduite à celle de son entourage au lieu de la juger à la lumière de la Parole. Pensons au fils de Jéroboam, seul dans cette maison... Qui était là pour l’enseigner et le guider dans la voie du bien, pour l’aider et l’encourager ? Personne. Il n’avait que de mauvais exemples sous les yeux et cependant, « en lui seul... a été trouvé quelque chose d’agréable à l’Éternel ». Plus tard, à Babylone, « Daniel arrêta dans son cœur qu’il ne se souillerait point par les mets délicats du roi et par le vin qu’il buvait » (Daniel 1:8) ; tout était pour l’inciter à le faire et il y avait les ordres du roi..., mais Daniel est resté fidèle ; cependant il n’était pas seul comme l’était Abija dans la maison de son père, il avait la compagnie d’Hanania, Mishaël et Azaria, ils pouvaient s’encourager l’un l’autre dans un chemin d’obéissance à la loi de l’Éternel. La piété, la fermeté du fils de Jéroboam rappellent également celles de Gédéon, démolissant l’autel de Baal qui était à son père et offrant le second taureau sur le nouvel autel qu’il avait bâti ; encore Gédéon avait-il avec lui « dix hommes d’entre ses serviteurs » (Juges 6:25 à 32).
Que l’exemple d’Abija nous encourage en tous temps et spécialement si nous sommes isolés, si nous sentons notre extrême faiblesse au sein d’un état de choses où font défaut la connaissance de la pensée de Dieu et l’obéissance à sa volonté. Puissions-nous manifester la même fidélité, la même fermeté, afin que Dieu trouve en nous « quelque chose d’agréable » pour Lui
ME 1969 p.3
« Sauvés par la grâce, par la foi », nous sommes exhortés à « espérer parfaitement dans la grâce qui nous sera apportée à la révélation de Jésus Christ » (Éph. 2:8 ; 1 Pierre 1:13) : c’est par grâce que nous avons été engagés dans le chemin que nous avons à suivre ici-bas et c’est par grâce que, arrivés à son terme, nous serons ravis dans les demeures célestes où nous serons à jamais des « monuments » de la grâce de Dieu. Mais encore, tout le long de ce chemin nous éprouvons les soins variés de la grâce divine qui seule nous permet de poursuivre la course et nous donne l’assurance d’arriver au but. Nous comprenons donc que, tout à la fin du Saint Livre, le Saint Esprit exprime ce souhait : « Que la grâce du seigneur Jésus Christ soit avec tous les saints » (Apoc. 22:21) ; cette grâce nous est nécessaire pour réaliser ce qui est placé devant nous dans la Parole inspirée, pour jouir des privilèges que Dieu nous confère tout autant que pour faire face aux responsabilités qui nous incombent. Nous comprenons aussi que dans la plupart des épîtres cette faveur soit invoquée sur les saints tout au début, tandis qu’à la fin le désir est formulé que la grâce accompagne celui, ou ceux auxquels l’épître est adressée. Il n’y a d’exceptions que dans l’épître aux Hébreux, l’épître de Jacques, les trois épîtres de Jean et l’épître de Jude — encore est-il fait mention de la grâce à la fin des Hébreux et au début de la deuxième épître de Jean.