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Marche du chrétien — Série A
Paul Fuzier
Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
Table des matières abrégée :
1 Des choses difficiles à expliquer. Causes de faiblesse : Ignorance
2 1 Thes. 4:13 à 5:11 - Fils de la lumière, fils du jour. Veiller. L’armure
3 Avec Christ, dans son sentier — 1 Pierre 1 à 4 + 3:8-18
4 Éli, Samuel, Anne — 1 Samuel 2 à 4
5 Différents types de croissance à rechercher, personnellement et collectivement
6 Faîtes tout pour la gloire de Dieu : l’exemple du Seigneur
7 Fidélité : Exemples tirés de l’Apocalypse
10 La joie dans l’Épître aux Philippiens
11 Pour la joie de nos âmes — Ps. 63
12 Connaître, vouloir et faire — Colossiens 1:9-10
13 1 Samuel 1 à 3. Éli et Anne. Fidélité et infidélité
Table des matières détaillée :
1 Des choses difficiles à expliquer. Causes de faiblesse : Ignorance
1.1 Contenu général de l’épître aux Hébreux
1.1.2 Sacrifices anciens. Une seule offrande
1.3 Paresse à écouter. Autres préoccupations
1.4 Croyants d’autrefois : Qualités et services
1.5 Apprécier le ministère écrit. Esprit attristé
1.7 Ignorance résultant de la négligence des études bibliques
1.8 Privilèges et responsabilités
1.9 Nourriture de petits enfants ou nourriture solide
1.10 Hommes faits exercés à discerner le bien et le mal
1.12 Beaucoup de choses glorieuses concernant Christ
1.13 Le Seigneur a beaucoup de choses à dire
2 1 Thes. 4:13 à 5:11 - Fils de la lumière, fils du jour. Veiller. L’armure
2.2 Bonheur de l’espérance du croyant
2.3 Les divers événements annoncés par la prophétie
2.4 Le jour du Seigneur : un temps de jugement
2.5 Séparation à l’égard du monde
2.6 Fils de la lumière, fils du jour. Veiller. L’armure
2.7 Exhortation, édification et consolation mutuelles
3 Avec Christ, dans son sentier — 1 Pierre 1 à 4 + 3:8-18
3.1 Suivre le sentier de Christ (2:12, 21-23 et 4:1-14)
3.2 Les souffrances de Christ (1:11 ; 2:21 ; 3:18)
3.3 L’attitude de Christ devant l’outrage et la souffrance (3:8)
3.4 Faire du bien et bénir (3:9-11)
3.5 Avoir horreur du mal à cause de la croix de Christ (3:11)
3.6 Différence entre « faire du bien » et « faire le bien »
3.7 Rechercher la paix et la poursuivre (3:11)
3.8 Les yeux du Seigneur sur les justes, Sa face contre ceux qui font le mal (3:12)
3.10 Souffrir pour la justice (3:14)
3.11 Prêts à répondre sur notre espérance. Bonne conscience, bonne conduite (3:15-16)
3.12 Souffrir en faisant le bien et non le mal (3:17)
4 Éli, Samuel, Anne — 1 Samuel 2 à 4
4.2 Exhortation aux parents : Éli un exemple à ne pas suivre
4.3 Discipline à ne pas négliger dans la maison de Dieu
4.4 Samuel. Certaines défaillances
4.5 Anne, une mère pieuse et fidèle
5 Différents types de croissance à rechercher, personnellement et collectivement
5.1 Vanité de l’accroissement des possessions terrestres
5.2 Quand on glisse vers la malhonnêteté
5.3 Croissance à rechercher par le chrétien
5.4 Croissance dans les jours de douleur
5.5 Croissance par la Parole de Dieu
6 Faîtes tout pour la gloire de Dieu : l’exemple du Seigneur
6.1 Faire tout pour la gloire de Dieu : principe et action
6.2.1 Psaume 40. L’obéissance de Christ
6.2.2 Le Seigneur comme parfait Serviteur. Évangile de Marc
6.2.3 Fils de Dieu rejeté par les Siens. Évangile de Jean
6.2.4 Jean 8 à 10. Rejeté, mais une autre histoire recommence
6.2.5 Jean 11:1-16. Maladie à la gloire de Dieu
6.2.6 Jean 11:17-44. Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu
6.2.7 Maintenant le Fils de l’homme est glorifié. Jean 12:27-28 et Gethsémané, Luc 22
6.2.8 Jean 14 : Prière en Son nom, afin que le Père soit glorifié
6.2.9 Jean 15 : En ceci mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit
6.2.10 Jean 17. Je t’ai glorifié (parole de Jésus adressée au Père)
7 Fidélité : Exemples tirés de l’Apocalypse
7.1 Besoin de fidélité dans les temps fâcheux ou derniers jours
7.3 Les deux témoins d’Apoc. 11
7.5 Le résidu de Juda d’Apoc. 14:1-5
7.5.2 Chantant un cantique nouveau — Achetés — Vierges
7.5.3 Suivre l’Agneau — Prémices — Pas de mensonge
8.1 Paix avec Dieu. Paix et sainteté
8.3 Paix et sainteté du point de vue collectif
8.3.2 Paix à poursuivre. Obstacle des manquements à la communion avec Dieu
8.3.3 Céder sur les intérêts personnels, mais non pas sur la sainteté et la gloire de Dieu
8.3.4 Restaurations artificielles
9.1 Raison d’être du chemin des Israélites à travers le désert
9.2 Soins de Dieu envers les Siens
9.4 Impossibilités, peur et foi
9.5 Foi passive et foi active — « Qu’ils marchent ! »
9.6 Quand il y a des choix à faire
10 La joie dans l’Épître aux Philippiens
10.1 Soumission aux circonstances que Dieu permet
10.2 Amour et prières pour l’assemblée et pour les saints
10.3 Attitude devant des prédications non conformes à la Parole
10.4 Ce qui était « plus nécessaire » : le ministère que Paul avait à exercer
10.5 Joie accomplie seulement s’il n’y a pas de dissentiments
10.6 Joie de « se sacrifier » pour Christ
10.9 Joie goûtée en rapport avec un don
10.10 Joie malgré des sujets de pleurs
11 Pour la joie de nos âmes — Ps. 63
11.1 Contraste entre Ps. 63 et 42
11.2 Ne pas se nourrir de nos tristesses
11.3 Ps. 63:1a — Toute satisfaction en Dieu — Phil. 4:11-13
11.4 Soif de ce qui désaltère. Les aspirations du nouvel homme
11.5 Dieu fait ressentir l’aridité du désert
11.6 Ps. 63:5 — L’âme rassasiée
11.7 Ps. 63:8 — Mon âme s’attache à Toi pour Te SUIVRE
11.8 Conclusion pour une nouvelle année
12 Connaître, vouloir et faire — Colossiens 1:9-10
12.1 Importance de connaître la volonté de Dieu
12.2 Marcher dans la communion au Seigneur, non pas selon une liste de règles
12.3 Pourquoi le chemin est-il souvent ni clair ni connu ?
12.4 Volonté de Dieu connue par la Parole, mais aussi par l’Esprit
12.5 Responsabilité : Ne pas obéir ou ne pas agir sont aussi péché
12.8 Modèles dans des exemples de croyants
12.9 Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites
13 1 Samuel 1 à 3. Éli et Anne. Fidélité et infidélité
13.1 Contraste entre Éli et Anne
13.2 Éli et sa maison. Ses fils se sont avilis et il ne les a pas retenus
13.3 Responsabilité des parents chrétiens
13.4 Perte du discernement spirituel
13.5 Applications à la responsabilité dans la vie de l’assemblée
13.6 La fidélité des fils de Lévi qui portaient l’arche
13.7 Relations de famille et droits du Seigneur
13.8 Dieu maintient un témoignage en tout temps. La fidélité de Anne
13.9 La faiblesse n’empêche pas la fidélité
14.1 Danger d’oublier notre responsabilité, au profit de nos bénédictions
14.2 Responsabilité quant au salut
14.3 Responsabilité quant à la marche — 1 Pierre 1:5
14.3.1 Pierre marchant sur les eaux
14.3.2 Pierre enfonçant dans l’eau
14.4 Impuissance du croyant, puissance de Dieu — Dépendance
14.5 Christ, chef et consommateur de la foi
[Titre original : Des choses difficiles à expliquer — Sujet : À propos de l’épître aux Hébreux. Causes de faiblesse. L’ignorance, ignorance de Christ, ignorance de la Parole, de l’enseignement et des vérités.]
ME 1951 p. 197-207
L’épître aux Hébreux nous ouvre le ciel pour nous y faire contempler la Personne excellente de Celui qui, venu ici-bas pour accomplir l’œuvre de notre rédemption, « a enduré la croix, ayant méprisé la honte » et est maintenant « assis à la droite du trône de Dieu » (Héb. 12:2). Jusque-là, « le chemin des lieux saints » n’avait « pas encore été manifesté », mais Christ s’étant « offert lui-même à Dieu sans tache », « est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle ». Il « n’est pas entré dans les lieux saints faits de main, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu » (Héb. 9:8, 12, 14 et 24).
Les sacrifices offerts selon la loi ne pouvaient jamais « rendre parfaits ceux qui s’approchent ». Christ, « par une seule offrande », nous a rendus « parfaits à perpétuité », de telle sorte que nous pouvons être exhortés maintenant à nous approcher « avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi, ayant les cœurs par aspersion purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’eau pure » (Héb. 10:1, 14 et 22). Cette exhortation nous est adressée parce que nous avons « une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints » et « un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu » (ibid. v. 19 et 21).
Qui est ce « grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu » ? C’est Celui dont parle l’apôtre dans le chapitre 5. — Les écrits de l’Ancien Testament nous présentent deux hommes établis dans l’office de la sacrificature : Aaron et Phinées (Lév. 8 et 9 ; Nomb. 25). Aaron fut appelé à exercer la sacrificature (Héb. 5:4), tandis que Phinées acquit le droit de l’exercer parce qu’il fit « propitiation pour les fils d’Israël » (Nomb. 25:10-13). Ce sont les deux côtés qui sont mis en évidence dans la sacrificature de Christ : « De même le Christ aussi ne s’est pas glorifié lui-même pour être fait souverain sacrificateur, mais celui-là l’a glorifié qui lui a dit : Tu es mon Fils, moi je t’ai aujourd’hui engendré ; comme il dit aussi dans un autre passage : Tu es sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec » (Héb. 5:5, 6) — et, par ailleurs : Il est « la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 2:2).
Mais quel chemin Il a dû suivre depuis qu’Il a quitté la gloire jusqu’au moment où Il a été « salué par Dieu souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec » ! Celui qui est le « grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu », c’est Celui « qui, durant les jours de sa chair, ayant offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, quoiqu’il fût Fils, a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes ; et ayant été consommé, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur du salut éternel, étant salué par Dieu souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec... » (Héb. 5:7-10).
Quel merveilleux sujet l’apôtre avait là devant lui ! Et comme il eût aimé pouvoir le développer, occupant ainsi les croyants hébreux d’un Christ glorifié après avoir souffert, d’un Christ céleste ! « Au sujet duquel », dit-il, « nous avons beaucoup de choses à dire » (ibid. v. 11).
Comme l’apôtre avait « beaucoup de choses à dire » au sujet de Celui qui a été « salué par Dieu souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec », Dieu a également beaucoup de choses à nous communiquer relativement à la Personne adorable de son Fils bien-aimé. N’avons-nous pas l’ardent désir de les entendre ? Cette Personne ne fait-elle pas brûler nos cœurs ? N’est-ce pas de Lui que nous voulons être occupés en chemin ? Ne souhaitons-nous pas croître « dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ » ? — Qui ne répondrait : oui ? Mais est-ce des lèvres seulement, ou du fond de nos cœurs ?
Hélas ! n’est-il pas trop vrai que, pour nous comme pour les croyants hébreux, ces choses sont « difficiles à expliquer » ? Et, sans doute aussi, pour une même raison : parce que nous sommes « devenus paresseux à écouter » !
Nous disons volontiers : il nous faut un ministère qui nourrisse nos âmes de Christ ; qui nous présente les gloires variées de sa Personne ; qui le place devant nos yeux comme le Fils de Dieu et le Fils de l’homme ; qui occupe nos cœurs de ce qu’Il est comme Sauveur, Seigneur, Berger, Souverain sacrificateur, Avocat ; qui exalte le Chef du Corps, l’Époux de l’Église. Et certes, c’est de Lui que le Saint Esprit veut nous occuper et Dieu a beaucoup de choses à dire à chacun de nous à l’égard de cette Personne glorieuse qui sera le seul Objet de nos cœurs pendant l’éternité. Mais, pour nous aussi, ces choses sont « difficiles à expliquer » parce qu’au fond, nous sommes occupés d’autres objets que Christ, et l’on n’est disposé à écouter vraiment et apte à saisir que lorsque le sujet présenté captive le cœur. Dans le cas contraire, on écoute d’une oreille distraite, incapable de faire le moindre effort pour en suivre les développements. Un sujet est facile à expliquer à un auditoire qu’il captive et qui désire entrer dans ce qui lui est présenté ; par contre, il est difficile à expliquer à ceux qui ont d’autres préoccupations et dont l’esprit est ailleurs...
Nos devanciers étaient beaucoup plus à l’aise que nous ne le sommes dans toutes les vérités concernant la Personne de Christ, c’est-à-dire dans l’ensemble des vérités chrétiennes. Ne nous est-il pas arrivé parfois de laisser de côté des écrits dont ils ont fait leur nourriture parce que nous étions arrêtés devant la profondeur de certaines pages ? — Les mêmes vérités que la plupart de ceux qui nous ont précédés saisissaient très vite par l’intelligence renouvelée — parce que, sans doute, ils les comprenaient plus vite encore par le cœur — sont souvent, pour nous, « difficiles à expliquer ». Nos pères prenaient de la « nourriture solide », celle des « hommes faits », qui ont compris leur position en Christ et sont occupés d’un Christ céleste ; c’est d’un niveau généralement trop élevé pour nous : il nous faut du « lait », la nourriture des petits enfants (Héb. 5:12-14 ; cf. 1 Cor. 3:1, 2).
Nous conservons le souvenir de bien des frères que le Seigneur a repris à Lui et qui ont été des serviteurs utiles pour l’Assemblée. Leur ministère a été en riche bénédiction pour beaucoup. Sans doute, leurs écrits nous restent, mais eux ne sont plus là pour nous enseigner, nous exhorter et nous encourager — pour nous aider de leurs conseils ou intervenir avec tout le poids de leur autorité morale. Que de fois avons-nous exprimé le regret de ne plus avoir aujourd’hui les dons remarquables du 19ème siècle et du début du 20ème ! Serait-il difficile à notre Dieu d’en susciter encore ? Certainement pas. Mais gardons-nous d’oublier que Dieu nous retire des bénédictions spirituelles comme autrefois Il privait Israël de bénédictions matérielles. Posons-nous donc la question : si nous n’avons plus — en dehors de leur ministère écrit — les dons qu’ont su apprécier nos devanciers, ne serait-ce pas parce que nous sommes « devenus paresseux à écouter » ?
Posons-nous également cette deuxième question : saurions-nous apprécier aujourd’hui le ministère de ceux que le Seigneur avait trouvé bon de susciter dans les jours du Réveil et dans les temps qui ont immédiatement suivi, alors que nous savons si peu profiter de leur ministère écrit ? — Ce ministère écrit est à notre disposition, Dieu en soit béni ! Mais il est attristant de voir combien est réduit le nombre de ceux qui désirent en bénéficier. Oui, nous sommes devenus paresseux à écouter ! Aussi les vérités qui devraient être l’aliment quotidien de nos âmes, celles qui concernent la Personne même de Christ, sont des vérités dans lesquelles nous entrons bien peu et dont nous ne jouissons que dans une faible mesure. Le Saint Esprit est occupé à autre chose qu’à développer devant nous les gloires de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ ; trop souvent contristé, il s’emploie à redresser chez nous ce qui l’empêche d’exercer le service qui est le sien par excellence, celui dont le Seigneur parlait à ses disciples lorsqu’Il leur disait : « Celui-là me glorifiera ; car il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (Jean 16:14).
Humilions-nous de notre paresse spirituelle — alors que nous sommes souvent très actifs, peut-être beaucoup trop, dans d’autres domaines ! Méditons sur la perte que nous faisons ainsi ! Dieu a beaucoup de choses à nous dire au sujet de Celui que nous connaissons si peu et que nous devrions brûler de mieux connaître. Elles sont « difficiles à expliquer » parce que nous sommes « devenus paresseux à écouter » !
On devient « paresseux à écouter » quand on se laisse gagner par le sommeil spirituel, quand la personne de Christ cesse d’avoir tout son prix pour le cœur. Les croyants hébreux n’avaient plus devant eux un Christ glorifié dans le ciel, c’est pourquoi l’apôtre leur écrit cette épître dans laquelle il leur présente Christ à la droite de Dieu, salué par Lui « souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec ». Mais, plaçant devant eux un Christ céleste, il lui était cependant difficile de leur expliquer les choses qu’il voulait leur dire, parce que leurs regards étaient tournés en bas au lieu d’être dirigés en haut !
Nous désirons rappeler ce qu’écrivait « aux jeunes frères », il y a vingt-huit ans, un de nos conducteurs appréciés, aujourd’hui dans le repos : (*) « Or la négligence de cette Parole est le grand danger que courent les jeunes frères de la génération présente. Je voudrais avant tout que les jeunes chrétiens ne se contentassent pas d’une lecture hâtive de leur Bible, comme pour se libérer d’un devoir, ce qui est autant que de ne pas la lire du tout. Mais, bien plus, je voudrais les voir étudier leur Bible avec prière et avec le désir ardent d’être enseignés par le Saint Esprit pour la comprendre ». — Au sujet des écrits qui sont à notre disposition, il ajoute : « Beaucoup de ces écrits ont une valeur incomparable pour vous édifier, et dites-vous bien que le Seigneur ne vous les a pas donnés pour que vous les ignoriez ou vous passiez de les lire. Ceux qui s’en passent demeurent généralement très ignorants des pensées de Dieu. Pour les uns il y a paresse coupable qui craint l’effort requis pour s’approprier ces écrits ; ils méprisent ainsi ces dons de Dieu, comme s’Il les avait envoyés pour rien. D’autres, plus orgueilleux, pensent pouvoir acquérir pour eux-mêmes et sans y être aidés, les connaissances que ces écrits leur apportent. J’ai souvent remarqué que cet orgueil reçoit sa punition judiciaire dans l’ignorance où ces chrétiens se trouvent de vérités élémentaires familières à de très jeunes enfants dans la foi.
(*) Nous ne saurions trop recommander aux jeunes frères la lecture de cette lettre qui a paru dans le Messager, 1923, page 5. Nous les engageons également à lire et à méditer l’appel « Aux jeunes », dans le Messager, 1927, page 5. Voir aussi : « Le sain enseignement », Messager, 1947, page 92.
Vos devanciers, chers jeunes frères, se sont nourris de ces écrits et ont été affermis par eux dans la connaissance des vérités que la Parole nous présente, car la Parole est la sauvegarde par excellence de ceux qui traversent les temps fâcheux actuels. Lisez, étudiez, méditez, pour vous en convaincre, toute la seconde épître à Timothée.
Chers jeunes frères, vous êtes-vous assez approprié les vérités capitales sans lesquelles le témoignage qui vous est confié n’existerait pas ? Avez-vous senti l’immense importance de ces vérités du commencement, que vous êtes responsables de maintenir vis-à-vis de toutes les sectes de la chrétienté professante qui vous entoure ? Le Seigneur vous a accordé le privilège de faire partie de son témoignage jusqu’à sa venue, car c’est maintenant le dernier témoignage et il n’y en aura pas d’autre ; mais c’est un fait solennel que, si vous n’y appartenez que d’une manière extérieure, vous en perdrez le bénéfice et la récompense. C’est, en effet, une immense bénédiction d’être lié à un témoignage suscité pour ces derniers temps, mais c’est, en même temps, une immense responsabilité. Si nous la traitons légèrement, elle peut entraîner, à la fin de notre carrière, la perte de toute récompense — une couronne perdue qui ne sera jamais retrouvée ! »
La fin du chapitre 5 de l’épître aux Hébreux (v. 12 à 14) nous montre quelles sont les conséquences — certaines d’entre elles tout au moins — de cette paresse spirituelle : notre développement est entravé et alors que, « vu le temps », nous devrions être capables d’enseigner les autres, nous en sommes réduits à prendre encore la nourriture des petits enfants. La nourriture solide est d’un niveau trop élevé pour nous ; elle ne convient qu’aux « hommes faits », c’est-à-dire à ceux qui ont compris et réalisé leur position en Christ dans les lieux célestes, qui entrés par la foi dans le ciel même y habitent et jouissent de Christ, le « grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu » ! À ceux-là, les choses concernant la Personne de Christ et les vérités qui découlent de la connaissance de Christ (en fait, ce sont toutes les vérités chrétiennes) ne sont pas difficiles à expliquer parce que Christ est l’Objet de leur cœur ! Ils ont faim et soif de Lui ; loin d’être « paresseux à écouter », ils ne se lasseraient pas d’entendre !
Les « hommes faits... ont les sens exercés à discerner le bien et le mal ». N’avons-nous pas à nous humilier de ce que nous avons si peu de discernement spirituel ? — Il est très difficile aujourd’hui de vivre le christianisme dans un monde qui mûrit pour le jugement et au milieu d’une chrétienté caractérisée par la tiédeur et l’indifférence, où l’on voit une forme de piété sans aucune puissance. De quel discernement nous avons besoin pour être fidèles, pour agir toujours selon la pensée de Dieu ! Hélas ! nous en avons si peu. Nous sommes si souvent incapables de dépouiller les apparences pour voir la réalité et nous appelons « bien » ce que pourtant nous rejetterions résolument si nous avions « les sens exercés à discerner le bien et le mal ». Ce manque de discernement est la conséquence de notre paresse spirituelle, ne nous le dissimulons pas !
Nos cœurs sont trop souvent occupés d’autres objets que Christ ; par suite, nous écoutons d’une oreille distraite les choses qui le concernent. Nous avons surtout considéré le ministère écrit, mais n’en est-il pas de même pour le ministère oral ? Ce que nous lisons dans le livre du prophète Ézéchiel ne pourrait-il pas s’appliquer aussi à nous ? « ... et ils parlent l’un avec l’autre, chacun avec son frère, disant : Venez donc, et écoutez quelle est la parole qui est sortie de la part de l’Éternel. Et ils viennent vers toi comme vient un peuple, et ils s’asseyent devant toi comme étant mon peuple ; et ils entendent tes paroles, mais ils ne les pratiquent pas ; ... Et voici, tu es pour eux comme un chant agréable, une belle voix, et quelqu’un qui joue bien ; et ils entendent tes paroles, mais ils ne les pratiquent nullement » (33:30-32). Celui qui est « paresseux à écouter » est un « auditeur oublieux », non pas un « faiseur d’œuvre » (cf. Jacques 1:25).
Dieu aurait beaucoup de choses à nous dire au sujet de son Fils — sa Parole en est remplie — mais ces choses sont « difficiles à expliquer à ceux qui sont « paresseux à écouter ». De sorte que nous n’entrons que bien faiblement dans la connaissance des choses glorieuses qui concernent Christ et nous ne réalisons que dans une petite mesure notre position en Lui et avec Lui. Nous en restons — au lieu de croître et nous développer — à la nourriture des petits enfants, aux vérités élémentaires du christianisme et, par suite, nous n’avons pas le discernement spirituel qui nous est nécessaire pour marcher fidèlement dans ce monde, soit individuellement, soit collectivement. Le ministère s’exerce « en vue de la perfection des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ ; jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ : afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer ; mais que, étant vrais dans l’amour, nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef, le Christ... » (Éph. 4:12 à 15).
Christ est « descendu dans les parties inférieures de la terre », mais « Celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux » et « étant monté en haut, il a emmené captive la captivité, et a donné des dons aux hommes » (Éph. 4:8-11). Ces dons nous sont présentés, dans d’autres passages, comme les dons de Dieu ou les dons de l’Esprit. Qu’ils soient considérés comme venant de Dieu (Rom. 12), donnés par Christ (Éph. 4) ou départis par l’Esprit (1 Cor. 12), ils manifestent toujours l’activité de l’Esprit, s’ils sont exercés dans la dépendance qui convient. C’est donc le Saint Esprit qui opère afin de produire les résultats dont parle l’apôtre dans le passage cité d’Éphésiens 4:12-15. Il veut nourrir nos âmes pour que nous puissions croître et devenir des « hommes faits » au lieu de rester de « petits enfants ».
Avant de les quitter, le Seigneur a annoncé à ses disciples la venue du Saint Esprit sur la terre comme Personne divine, cet « autre consolateur » qui devait venir pour demeurer avec eux et en eux (Jean 14:16 et 17 ; voir aussi : 14:25, 26 ; 15:26) ; Il leur a dit quelle serait son action vis-à-vis de ce monde et en faveur des saints (16:7-15). Et Il ajoute : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les supporter maintenant » (16:12). Le Saint Esprit n’était pas sur la terre, avec eux et en eux, pour les leur faire comprendre (cf. v. 13) ; le fait que le Seigneur ne pouvait leur présenter tout ce qu’Il avait à leur dire n’était donc pas la conséquence de leur état spirituel. Tandis que, lorsque l’apôtre écrivait aux croyants hébreux, le Saint Esprit était là pour les conduire « dans toute la vérité », pour prendre de ce qui est à Christ et le leur annoncer ; si donc l’apôtre qui avait beaucoup de choses à dire au sujet de Christ était arrêté par la difficulté qu’il éprouvait à les leur expliquer, c’était bien en raison de leur état spirituel : l’action du Saint Esprit en eux était entravée parce qu’ils étaient « devenus paresseux à écouter ».
Nous avons essayé de mettre en lumière l’une des principales causes de notre faiblesse, de notre peu de discernement spirituel et des manquements qui en sont la conséquence. Nous croyons parfois nous excuser en prétextant notre ignorance, mais nous oublions que c’est une ignorance coupable, par suite inexcusable ! — Que Dieu veuille lui-même opérer dans nos cœurs afin que Christ soit leur seul Objet ! Nos oreilles seront alors toujours ouvertes et nous ne serons jamais « paresseux à écouter » ; nous aurons ainsi le discernement spirituel nécessaire pour agir en toutes circonstances selon la pensée de Dieu, pour faire le bien et éviter le mal. Puissions-nous dire, nous aussi : « Donne donc à ton serviteur un cœur qui écoute... pour discerner entre le bien et le mal » (1 Rois 3:9).
Titre original : 1 Thes. 4:13 à 5:11.
ME 1964 p. 29-36
Tout est contraste dans les quelques versets qui terminent le ch. 4 de la première épître aux Thessaloniciens et ceux qui commencent le ch. 5. Contraste entre les croyants, les « frères » (4:13 ; 5:1, 4 — le terme est employé au début de chacun des trois paragraphes), et les inconvertis, « les autres » (4:13 ; 5:6) ; contraste entre l’espérance des premiers, leur part éternelle : « toujours avec le Seigneur » (4:17) et la « subite destruction » qui viendra sur les seconds (5:3) ; contraste enfin entre ce que doit être la marche des fidèles, « tous des fils de la lumière et des fils du jour », et ce qu’est la vie des hommes de ce monde, tous « de la nuit » et « des ténèbres » (5:5 à 8).
Par la grâce de Dieu, comme autrefois les Thessaloniciens, nous avons cru à l’Évangile, nous avons reçu et accepté « non la parole des hommes, mais (ainsi qu’elle l’est véritablement) la Parole de Dieu » (2:13), de sorte que nous sommes maintenant enfants de Dieu, frères et sœurs en Christ. La Parole de Dieu, qui nous a apporté la vie, est aussi la Parole qui nous enseigne. Dieu ne veut pas nous laisser dans l’ignorance, ni « à l’égard de ceux qui dorment », ni pour ce qui concerne notre avenir éternel et notre marche présente. Nous pouvons connaître l’affliction et le deuil mais, Dieu soit béni ! nous ne sommes pas affligés comme « les autres » et cela, parce que eux « n’ont pas d’espérance » tandis que nous avons une « bienheureuse espérance », « une bonne espérance par grâce » (Tite 2:13 ; 2 Thess. 2:16). Au delà des « premières choses », caractérisées par les deuils, les cris et les peines, nous entrevoyons par la foi le moment où « toutes choses » seront faites « nouvelles » (cf. Apoc. 21:4, 5). Le bonheur du croyant, c’est d’être parfaitement assuré qu’il sera « toujours avec le Seigneur » ; il attend le moment où une telle espérance sera réalisée. Les Thessaloniciens attendaient le Seigneur (cf. 1:9, 10) mais, convertis depuis peu de temps, ils ignoraient sans doute de quelle manière se déroulerait la résurrection des saints et se demandaient probablement si ceux des leurs qui étaient délogés ne seraient pas privés de la bénédiction apportée par le Seigneur au moment de sa venue. C’est pourquoi l’apôtre leur écrit les versets 13 à 18 du chapitre 4 de sa première épître, si souvent rappelés et qui devaient être pour eux, comme ils l’ont été aussi pour les générations de croyants qui ont suivi, une si précieuse consolation. « Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles » (4:18). Nous rappeler de telles paroles, surtout quand nous pleurons le départ de l’un de nos bien-aimés, est tellement consolant pour nous ! Avant de quitter les siens, le Seigneur leur a laissé la promesse de son retour et en des termes d’une telle simplicité et d’une telle clarté que le plus jeune croyant peut les comprendre et ainsi s’emparer de la promesse et en jouir : « Et si je m’en vais, et que je vous prépare une place, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14:3). Mais le Seigneur n’a pas donné Lui-même, à ce moment-là, de détails sur le déroulement des événements qui auront lieu à son retour ; Il a voulu le faire connaître par le moyen de l’apôtre Paul, qui peut ainsi écrire : « Car nous vous disons ceci par la parole du Seigneur... » (1 Thess. 4:15 à 17 — voir aussi 1 Corinthiens 15:51 et suivants). Telle est l’espérance qui est devant nous, elle ne comporte aucune incertitude. Elle sera bientôt réalisée et alors, « nous serons toujours avec le Seigneur », ce sera notre part éternelle. Puissions-nous jouir davantage d’une aussi précieuse espérance et, véritablement, la vivre !
Les Thessaloniciens étaient encore dans l’ignorance à l’égard de ceux qui étaient délogés ; par contre, ils savaient fort bien ce qui en était « des temps et des saisons », ils savaient « parfaitement » que « le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit » (1 Thess. 5:1, 2). Le « jour du Seigneur » — que l’on confond parfois avec le « jour de Dieu », jour de bénédiction (cf. 2 Pierre 3:12, 13) — est un jour de jugement (cf. 2 Pierre 3:10). Il commence lorsque le Seigneur sort du ciel avec ses armées (les saints glorifiés) pour « juger et combattre en justice » (Apoc. 19:11 et suivants). Le Seigneur, Fils de l’homme auquel le jugement a été donné (cf. Jean 5:22, 27), exécutera le jugement guerrier des vivants (Apoc. 19:19 à 21) comme aussi le jugement qui revêt un aspect judiciaire et dont Il parle Lui-même dans la parabole de Matthieu 25:31 à 46. Le jour du Seigneur se continue pendant le règne millénaire, qui est sans doute un règne de justice, de paix, de bénédiction, mais aussi une période durant laquelle « chaque matin » seront détruits « tous les méchants du pays » (Ps. 101:8). C’est d’une manière gouvernementale que le jugement s’exercera donc pendant ces mille ans. Enfin, le « jour du Seigneur » se clôt après le règne, par le jugement des morts devant le « grand trône blanc » (Apoc. 20:11). C’est alors qu’a lieu la deuxième résurrection, résurrection des morts, de tous ceux qui sont morts dans leurs péchés, ayant refusé ou négligé le grand salut qui est offert encore aujourd’hui à quiconque croit (cf. Apoc. 20:12 à 15). « Ensuite la fin » : Christ « remettra le royaume à Dieu le Père », après avoir « mis tous les ennemis sous ses pieds », le dernier d’entre eux, la mort, étant à jamais « aboli » ; et « le Fils aussi lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous » (cf. 1 Cor. 15:24 à 28). Ce sera dès lors le « jour de Dieu » (1 Cor. 15:28 ; 2 Pierre 3:12, 13 ; Apoc. 21:1 à 8) : il y aura « un nouveau ciel et une nouvelle terre » et désormais se trouvera établi l’état définitif, éternel.
« Le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit » (1 Thess. 5:2 — cf. 2 Pierre 3:10). Il ne « viendra » qu’après l’accomplissement de la première résurrection ; les événements annoncés dans les versets 15 à 17 du chapitre 4 de cette première épître aux Thessaloniciens seront passés ; nous croyants, nous serons « avec le Seigneur » et pour « toujours ». C’est après notre enlèvement que se dérouleront dans ce monde les jugements providentiels décrits dans le livre de l’Apocalypse (chapitres 6 à 11 en particulier), jugements qui précéderont le « jour du Seigneur ». Les deux « bêtes » — pouvoir politique et pouvoir religieux, chef de l’Empire romain rétabli et Antichrist, constituant avec le « dragon » (Satan) la trinité du mal — seront manifestées (Apoc. 13:1 à 10 et 11 à 18). Après une période d’anarchie révolutionnaire, car il n’y aura plus alors ici-bas ni « ce qui retient » ni « celui qui retient » (2 Thess. 2:6, 7), l’autorité de la « bête » aux « dix cornes et sept têtes » s’affirmera et « la terre tout entière » sera « dans l’admiration de la bête ». Les hommes, séduits et entièrement aveuglés, « rendront hommage au dragon » parce qu’il aura « donné le pouvoir à la bête », et ils « rendront hommage à la bête » également, en jetant ce défi : « Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle ? » (Apoc. 13) ; c’est sans doute à ce moment-là qu’ils diront : « Paix et sûreté » (1 Thess. 5:3), convaincus que la puissance de la bête apportera enfin paix et sécurité à ce monde. Hélas ! « une subite destruction viendra sur eux, comme les douleurs sur celle qui est enceinte, et ils n’échapperont point » (1 Thess. 5:3).
Ce monde va donc au devant d’un terrible jugement. Le jugement est d’ailleurs déjà prononcé : « Maintenant est le jugement de ce monde » (Jean 12:31) ; le rejet de Christ venu ici-bas, sa crucifixion constituent la culpabilité du monde, le motif de son jugement. Le monde est jugé, le jugement sera exécuté dans un jour à venir. Et c’est dans un tel monde que nous avons à cheminer, nous qui avons une espérance céleste, une part éternelle avec Christ ! Cela ne nous dit-il pas assez combien nous avons à en être séparés ? C’est cette séparation que l’apôtre établit dans les versets 4 et suivants du chapitre 5, soulignant le contraste entre « les autres », ceux qui sont « des ténèbres », « de la nuit » et nous qui, par grâce, sommes « tous des fils de la lumière et des fils du jour ».
Le « jour du Seigneur » ne surprendra que ceux qui sont « dans les ténèbres », il ne peut pas nous « surprendre », nous qui aurons déjà quitté la scène présente à la venue du Seigneur. « Nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres », tout au contraire nous sommes « tous des fils de la lumière et des fils du jour » (5:5). C’est la position dans laquelle la grâce de Dieu nous a placés, nous ses enfants ; tous, sans aucune distinction d’âge, de développement spirituel ou de fidélité dans la marche. Mais si nous sommes tous établis dans une telle position, nous avons à vivre d’une manière qui y corresponde. Le fait que « le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit », apportant avec lui la « subite destruction » à laquelle les hommes impies n’échapperont point, ce fait, s’il ne nous concerne pas, doit cependant parler à nos consciences et contribuer à nous séparer du monde, moralement et pratiquement. De là les exhortations des versets 6 à 8 : « les autres » dorment et s’enivrent la nuit, ne dormons pas comme eux, « mais veillons et soyons sobres ». Veillons pendant la nuit, comme les sentinelles qui attendent le matin ; soyons sobres, nous tenant éloignés de toutes les convoitises enivrantes de ce monde. Et revêtons l’armure, une armure qui, dans ce passage, ne se compose que de deux pièces : une cuirasse et un casque, une cuirasse pour protéger nos cœurs, préserver nos affections pour le Seigneur, un casque pour garder notre tête, siège de nos pensées.
Qu’est-ce qui nous met en danger de nous conformer à ce monde, de « dormir » ou même de nous « enivrer » ? L’orientation de nos cœurs. Si nos cœurs trouvent un objet ici-bas, nous poursuivrons les choses d’en-bas ; l’ennemi, habile et rusé, sait bien attirer ces cœurs vers la terre en leur proposant ce qui peut leur plaire dans ce monde. Comme il est nécessaire qu’ils revêtent la « cuirasse », une cuirasse qui est celle « de la foi et de l’amour » ! L’objet de notre foi, c’est Christ ; une foi vivante est nourrie de Christ, occupée de Lui, de sorte que son amour remplit alors notre cœur. « L’amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5:5). Le Saint Esprit se plaît à nous occuper de Christ (cf. Jean 16:14) et, d’autre part, il verse dans nos cœurs l’amour de Dieu. Que rien en nous n’entrave son activité diligente et bienfaisante, c’est la cuirasse qui protègera nos cœurs. Nos affections seront alors nourries de Christ et gardées pour Lui ; tous les autres objets deviendront pour nous sans valeur et sans attrait et nous pourrons marcher « ne tournant vers le monde d’autres regards que ceux du voyageur ». — Avec la « cuirasse », il faut aussi le « casque » pour que notre tête, nos pensées soient à l’abri des attaques d’un ennemi qui vient souvent nous troubler, faisant naître en nous des idées que nous cultivons parfois et qui nous amènent à raisonner, à douter peut-être... Avançons en paix, sans aucune crainte ; les choses vont de mal en pis dans ce monde, que cela ne nous surprenne pas, c’est la confirmation de ce que nous dit l’Écriture inspirée. Le jugement va bientôt être exécuté, le jour de la colère est là... Heureux sommes-nous de savoir que « Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre seigneur Jésus Christ » (1 Thess. 5:9). Il s’agit là du salut au terme de la course, aussi assuré que celui de notre âme, lequel est déjà notre partage. Cette « espérance du salut » est pour nous un « casque » qui protège notre tête : tous les raisonnements de l’ennemi, toutes ses subtilités viennent se briser là. Nous ne sommes pas du monde, nous avons une espérance qui ne confond point.
Christ est « mort pour nous » afin que, « soit que nous veillions » c’est-à-dire, que nous soyons présents dans le corps à sa venue, « soit que nous dormions », c’est-à-dire, que nous soyons déjà délogés à la venue du Seigneur, « nous vivions ensemble avec lui », en d’autres termes : nous soyons avec Lui pour toujours, dans les gloires de la résurrection.
« C’est pourquoi », ajoute l’apôtre, « exhortez-vous l’un l’autre et édifiez-vous l’un l’autre (1 Thess. 5:11). Nous pouvons bien nous exhorter, nous édifier l’un l’autre en nous rappelant ces enseignements de la Parole, si importants pour notre marche ici-bas. Nous pouvons aussi nous consoler l’un l’autre en nous rappelant les « paroles » de 1 Thessaloniciens 4:13 à 17. Exhortation, édification, consolation, c’est l’objet du ministère prophétique dans l’assemblée (1 Cor. 14:3), c’est aussi l’objet du service que nous pouvons remplir les uns à l’égard des autres. Les Thessaloniciens, qui connaissaient « les temps et les saisons », qui « savaient parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit », s’exhortaient déjà, s’édifiaient l’un l’autre ; aussi l’apôtre ajoute : « comme aussi vous le faites » (5:11). Ils le faisaient, qu’ils continuent à le faire sans défaillance ! Par contre, à la fin du chapitre 4, l’apôtre, qui écrit : « Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles », n’ajoute pas : « comme aussi vous le faites ». Ils n’avaient pas pu le faire jusqu’alors puisque précisément ils étaient « dans l’ignorance à l’égard de ceux qui dorment ». La Parole est précise et juste dans toutes ses expressions, cela n’est pas pour nous surprendre.
Puissions-nous nous exhorter, nous édifier, nous consoler l’un l’autre, afin que le Seigneur à sa venue nous trouve séparés du monde, dans le chemin de l’obéissance à la Parole, veillant et étant sobres ! « Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant. En vérité, je vous dis qu’il se ceindra et les fera mettre à table, et, s’avançant, il les servira » (Luc 12:37).
ME 1964 p. 253-263
Les croyants juifs auxquels l’apôtre Pierre adresse sa première épître avaient grand besoin d’encouragements. Ils possédaient bien une espérance céleste, mais ils traversaient un monde ennemi dans lequel la souffrance était leur partage : il en était qui médisaient d’eux comme de gens qui font le mal, leur bonne conduite en Christ était calomniée, ils étaient injuriés, insultés pour le nom de Christ (1 Pierre 2:12 ; 3:16 ; 4:4 et 14). Pour fortifier leur foi, ranimer leur énergie, l’apôtre leur présente Christ dans le chemin qui a été le sien ici-bas : Celui qui a « souffert pour nous dans la chair », leur dit-il, « a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces » (4:1 ; 2:21-23). Puisque tel avait été le sentier de Christ, il n’était pas surprenant qu’à leur tour ils eussent à connaître la souffrance, ils ne devaient pas trouver « étrange le feu ardent... venu sur eux pour leur épreuve » ; en cela même, ils avaient « part aux souffrances de Christ » et pouvaient s’en réjouir (4:12, 13). Combien cela était de nature à les encourager au travers de toutes leurs tribulations !
Les prophètes, dont le ministère revêtait une si grande importance aux yeux de ces croyants juifs, avaient déjà longtemps à l’avance rendu « témoignage des souffrances qui devaient être la part de Christ » (1:11). Christ a « souffert une fois pour les péchés », Lui, « le juste » a souffert « pour les injustes » ; seul Il pouvait endurer de telles souffrances et si l’apôtre en fait mention, ce n’est pas pour nous engager à y avoir part, c’est afin de montrer qu’elles étaient nécessaires pour « nous amener à Dieu », de telle manière que nous soyons ainsi à même de suivre Christ dans le sentier où Il est notre Modèle et où Il nous appelle à marcher sur ses traces (3:18 ; 2:21). En parcourant ce sentier, Christ a souffert pour la justice, c’est à de telles souffrances que nous sommes exhortés à avoir part ; Il a souffert en faisant le bien, nous pouvons aussi avoir à souffrir de cette manière.
L’apôtre nous dit que Christ, « lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (2:22, 23). C’est ce à quoi nous sommes appelés : « Enfin, soyez tous d’un même sentiment, sympathiques, fraternels, compatissants, humbles, ne rendant pas mal pour mal, ou outrage pour outrage, mais au contraire bénissant » (3:8, 9). Cette unité de sentiment est présentée ici en vue de suivre les traces de Christ ; elle nous conduit aussi : à une pleine communion les uns avec les autres dans nos circonstances diverses (Rom. 12:16) — à d’heureux rapports mutuels, fruit de cette communion (2 Cor. 13:11) — à l’humilité (Phil. 2:2) — enfin, à la louange dans l’assemblée (Rom. 15:5, 6).
« Soyez tous d’un même sentiment... ne rendant pas mal pour mal ». Le cœur naturel est si mauvais que l’on rend parfois le mal pour le bien. Christ, dans son sentier, l’a éprouvé, Lui qui a dû dire par l’Esprit prophétique : « Ils m’ont rendu le mal pour le bien : mon âme est dans l’abandon », et encore : « Et ceux qui me rendent le mal pour le bien sont mes adversaires, parce que je poursuis ce qui est bon » (Ps. 35:12 ; 38:20). En butte à la méchanceté des hommes, nous pouvons aussi avoir à en faire l’expérience ; nous avons alors communion avec Christ dans les souffrances qui furent ainsi sa part. Mais que Dieu nous garde, nous, de jamais rendre le mal pour le bien ! N’oublions pas que, en dehors de toute autre considération, le jugement est prononcé sur celui qui en serait coupable : « Le mal ne quittera point la maison de celui qui rend le mal pour le bien » (Prov. 17:13).
Il ne suffit pas de ne pas rendre le mal pour le bien, il ne suffit pas non plus de ne pas faire de mal à ceux qui ne nous en font pas, il faut aller plus loin : ne pas faire de mal à celui qui pourtant nous en a fait et même, davantage encore, lui faire du bien. Cela, c’est véritablement le sentier de Christ et c’est ce à quoi nous sommes invités dans des passages comme Matthieu 5:44 à 48 et Romains 12:16 à 21, par exemple. C’est ce que nous dit l’apôtre Pierre lorsque, après avoir présenté cette exhortation : « ne rendant pas mal pour mal, ou outrage pour outrage », il ajoute : « mais au contraire bénissant » (3:9).
Faire du bien à celui qui nous a outragés nous amènera à « hériter de la bénédiction » (3:9) ; nous pourrons avoir à souffrir l’injustice, mais en imitant notre divin Modèle, nous jouirons de la bénédiction d’en haut répandue sur nous. « Aimer la vie et voir d’heureux jours » (3:10), c’était pour les croyants juifs auxquels écrivait l’apôtre Pierre, jouir de la bénédiction de l’Éternel ; en Israël le fidèle était assuré de la prospérité matérielle, Dieu le bénissait de cette manière, de sorte qu’il pouvait connaître d’heureux jours ici-bas et, ainsi, « aimer la vie ». Le moyen de goûter la bénédiction, qu’il s’agisse d’une bénédiction matérielle pour Israël ou spirituelle pour nous, c’est de « se détourner du mal » et de « faire le bien » (3:10, 11). Pour réaliser pratiquement ces choses, il faut à l’homme un cœur renouvelé, il faut ensuite que ce cœur « renouvelé » soit constamment maintenu en bon état (cf. Matt. 15:19 ; Luc 6:45). Si la source est pure, les eaux seront claires et limpides ; elles ne le seront jamais si la source est impure.
« Se détourner du mal », puis « faire du bien », c’est ce à quoi nous sommes exhortés. Nous nous détournerons du mal si nous l’avons en horreur au lieu de chercher à l’excuser ou, même, à le justifier. La Parole nous le montre tel qu’il est et nous demande de le haïr : « Vous qui aimez l’Éternel, haïssez le mal ! » ; « Haïssez le mal, et aimez le bien » ; « Ayez en horreur le mal, tenez ferme au bien » (Ps. 97:10 ; Amos 5:14, 15 ; Rom. 12:9). Le principe du mal a été introduit dans le monde par la désobéissance du premier homme — c’est le péché avec tous ses fruits, les péchés — et ce qui lui donne son caractère d’extrême gravité c’est qu’il porte atteinte à la gloire de Dieu. Le mal est en nous, dans notre cœur naturel ; il est aussi tout autour de nous et le mal qui nous entoure trouve facilement, en trop de circonstances, le chemin de notre cœur. Certainement, Dieu a la puissance de nous garder, mais cette puissance s’exerce en réponse à notre foi, à une foi qui nous attache à Christ, et notre foi est généralement si faible qu’il y a bien des faux-pas sur notre route (cf. Jude 24 ; 1 Pierre 1:5). Pour être amenés à nous « détourner du mal », estimons le péché tel qu’il est au jugement de Dieu : pour l’ôter, il a fallu la mort de Christ ! C’est à la croix qu’a été vidée toute la question du bien et du mal : à l’heure suprême où Dieu a dû abandonner l’Homme Christ Jésus, Il a montré ce qu’est le mal, le péché à ses yeux !
Mais il ne suffit pas de se « détourner du mal », de s’abstenir « de toute forme de mal » (1 Thess. 5:22), il faut aussi « faire le bien ». C’est Dieu Lui-même qui est le principe, la source, l’auteur de tout vrai bien. Christ, notre Modèle parfait, a marché dans le sentier du bien : sa vie toute entière a été à la gloire de Dieu, vie de dépendance, d’obéissance, de confiance, et c’est là le bien.
La Parole emploie deux expressions à peu près semblables et qui pourtant donnent deux pensées différentes : « faire du bien » et « faire le bien ». Accomplir tel acte de charité — secours matériel apporté à celui qui est dans le besoin, visite à une personne dans l’épreuve, soins dispensés à un malade, etc. — c’est « faire du bien », c’est accomplir les « bonnes œuvres » dont il est question dans des passages comme Matthieu 5:16 ; Jean 10:32 ; 1 Timothée 5:25 et 6:18 ; Tite 2:7, 14 et 3:8, 14 ; Hébreux 10:24 ; 1 Pierre 2:12. — Manifester tous les sentiments qui découlent d’un cœur renouvelé et maintenu en bon état, aimer nos frères d’un vrai amour, témoigner de la sympathie à ceux qui souffrent, montrer du support envers tous, faire preuve de tact et de douceur, agir dans le respect des convenances, honorer ceux auxquels l’honneur est dû — cela, c’est « faire le bien », c’est accomplir les « bonnes œuvres » dont il est parlé dans des passages comme Éphésiens 2:10 ; Colossiens 1:10 ; 1 Timothée 2:10, 2 Timothée 2:21 et 3:17 ; Tite 1:16 et 3:1 ; Hébreux 13:21. De telle sorte que l’on peut parfois « faire du bien » sans pour autant « faire le bien » : quelqu’un, par exemple, remettra un don à une personne dans la nécessité, fera une visite à un malade, en cela il fait « du bien » ; cependant et quoi qu’il en pense, il n’aura pas « fait le bien » si la remise de ce don est susceptible d’encourager celui qui le reçoit à une vie de paresse ou à une existence marquée par le désordre, ou si, au cours de la visite il apporte tout autre chose que ce qui aurait dû être présenté pour l’édification ou l’exhortation du malade. Aider, encourager un frère qui n’a pas dans son service la communion de son assemblée locale, c’est peut-être « faire du bien », mais ce n’est pas « faire le bien ». Ajoutons, dans cet ordre d’idées, que l’exercice de la bienfaisance, tout particulièrement, demande beaucoup de sagesse, de spiritualité, de dépendance de Dieu, si l’on ne veut pas se borner à « faire du bien » et si l’on a vraiment à cœur de « faire le bien ». Puissions-nous toujours veiller à « faire le bien » chaque fois que nous cherchons à « faire du bien » !
Rechercher la paix, la poursuivre, c’est une heureuse activité, incluse dans l’expression « faire le bien ». La paix selon Dieu, toujours liée à l’amour, à la sainteté, à la vérité, la véritable paix est difficile à atteindre. Elle nécessite un effort constant et persévérant, c’est pourquoi nous sommes invités à la « poursuivre », comme quelque chose qui tend à nous échapper : « Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté... », « qu’il recherche la paix et qu’il la poursuive... » (Héb. 12:14 ; 1 Pierre 3:11). Le lien entre les deux pensées (« faire le bien » et « rechercher la paix ») nous permet de comprendre qu’en poursuivant la paix nous ne devons jamais sortir de l’étroit sentier du bien, le sentier de Christ.
Dans le verset 12, nous avons un double contraste : d’abord, entre deux classes de personnes et ensuite, dans leurs rapports avec Dieu. Entre deux classes de personnes : d’une part, les « justes » et, d’autre part, « ceux qui font le mal ». Tandis que le juste aime le bien et hait le mal, le méchant aime le mal et hait le bien (Éccl. 8:11 ; Michée 3:2 et 7:3). Dans leurs rapports avec Dieu : ici, le contraste est dépeint à l’aide d’une image tirée de cette faculté que l’homme possède de pouvoir exprimer quelque chose de ses sentiments par les traits du visage et, principalement, par le regard. « Les yeux du Seigneur sont sur les justes » : ce regard est tout empreint de l’amour du Seigneur, il se pose sur ceux qui sont à Lui, qui L’aiment et le Lui manifestent en marchant dans un sentier d’obéissance, gardant ses commandements. Ce regard qui embrasse le monde entier, car « les yeux de l’Éternel parcourent toute la terre, afin qu’il se montre fort en faveur de ceux qui sont d’un cœur parfait envers lui » (2 Chron. 16:9), c’est aussi le regard qui considère avec tendresse et bonté ceux qui marchent fidèlement dans le sentier de Christ. Tandis qu’au contraire, « la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal ». Ceux qui font le mal peuvent n’en avoir aucune conscience, ils peuvent prospérer dans ce monde et s’en réjouir, il n’en demeure pas moins que « la face du Seigneur est contre eux ». À moins qu’ils ne se repentent, le gouvernement de Dieu s’exercera envers eux et ce gouvernement peut aller jusqu’à la mort du corps, comme l’indique le Psaume cité dans ce passage de la première épître de Pierre : « La face de l’Éternel est contre ceux qui font le mal, pour retrancher de la terre leur mémoire » (Ps. 34:16). Et plus tard, « ceux qui ne connaissent pas Dieu » et « ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ », « subiront le châtiment d’une destruction éternelle » (2 Thess. 1:8, 9). Nous pouvons en dégager un enseignement très important pour nous croyants : si nous « pratiquons le péché », si nous « faisons le mal », la face du Seigneur est contre nous ! Nous nous préoccupons souvent du seul jugement de notre entourage et nous ne nous demandons pas, en tout premier lieu, si la face du Seigneur n’est pas contre nous ! — Non seulement les yeux du Seigneur sont sur les justes mais encore « ses oreilles sont tournées vers leurs supplications ». Cette promesse est bien de nature à encourager et à fortifier la foi. Ne vaut-il pas la peine de marcher dans le sentier de Christ et d’avoir ainsi l’assurance que ses yeux sont sur nous et ses oreilles tournées vers nos supplications ? Tandis que sa face est contre ceux qui font le mal. Remarquons qu’il n’est pas ajouté ici que ses oreilles ne sont pas tournées vers leurs supplications ; il n’est nul besoin de l’ajouter car, en effet, les méchants ne prient pas : « ils n’invoquent point Dieu » (Ps. 53:4).
« Et qui est-ce qui vous fera du mal, si vous êtes devenus les imitateurs de celui qui est bon ? » (v. 13). En faisant le bien, en marchant dans un sentier de justice pratique, nous suivons les traces de Christ, nous sommes « imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants », « marchant dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés » (Éph. 5:1, 2), nous sommes « imitateurs de celui qui est bon », car « nul n’est bon, sinon un seul, Dieu » (Marc 10:18). Une telle marche nous met à l’abri de bien des maux. Si nous « faisons le bien » nous éprouverons tout particulièrement le puissant secours de Dieu pour nous protéger, nous garder, nous délivrer.
Mais quoi qu’il en soit de la promesse contenue dans le verset 13, le croyant peut être amené, en certaines circonstances, à « souffrir pour la justice » (v. 14). De telles souffrances ne détruisent pas son bonheur, ne l’altèrent en rien ; au contraire, ils sont dits « bienheureux », ceux qui « souffrent pour la justice » (Matt. 5:10). Ces souffrances développent la vie intérieure, conduisent l’âme à rechercher le secours d’en-haut et la communion avec Christ. L’ennemi essaie de nous effrayer par la souffrance ; il voudrait nous amener à craindre les craintes du monde et tout ce qu’il cherche à susciter par le moyen de tant d’instruments pour entraver notre marche dans le sentier du bien. Mais l’Écriture est là qui nous dit : « Ne craignez pas leurs craintes, et ne soyez pas troublés, mais sanctifiez le Seigneur le Christ dans vos cœurs » (v. 14, 15). Avoir le sentiment de la présence de Dieu et de son approbation nous donne paix et tranquillité et nous permet de « sanctifier le Seigneur le Christ dans nos cœurs ». — Pour les Juifs, « sanctifier le sabbat », c’était le reconnaître saint, l’observer avec crainte. Le sens est ici le même : « sanctifier le Seigneur », c’est reconnaître sa seigneurie et soumettre tout notre cœur à son empire. Le sens est identique également dans des passages comme Lévitique 10:3 ; « Je serai sanctifié en ceux qui s’approchent de moi » et Matthieu 6:9 : « Que ton nom soit sanctifié ». Si nous craignons le Seigneur, nous ne craindrons pas les hommes ; mais inversement si nous ne vivons pas dans la crainte du Seigneur, nous serons remplis de craintes en présence de tout ce que les hommes placeront devant nous pour nous arrêter et nous effrayer.